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Le Cantona de l’UQAM

Un gardien de but de soccer, vêtu d'un survêtement bleu et d'une casquette verte, prend la pose devant un terrain.

Martin Cantona, gardien de but pour l'équipe de l'UQAM

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

Sur un terrain de soccer coincé entre le stade olympique de Montréal et le stade Saputo, Martin Cantona fait sa marque devant la cage des Citadins de l’UQAM.

Le gardien vient d’ailleurs d’être nommé athlète étudiant masculin du mois de septembre par le Réseau du sport étudiant du Québec.

Le Français de 20 ans baigne dans le monde du soccer depuis sa naissance. Il est le neveu du légendaire Éric Cantona, ex-attaquant vedette de Manchester United, et fils de Jean-Marie, ancien agent de joueurs, notamment du gardien français Fabien Barthez.

Son père l’a toujours suivi et conseillé.

C’est un nom agréable à porter et ça fait plaisir de le porter, explique Martin Cantona à Radio-Canada Sports. Quand j’étais petit, c’était un peu compliqué parce que le nom est beaucoup plus connu en France. Quand j’avais un problème avec quelqu’un, on me disait : "Ah, t’es le neveu d’Éric."

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Plusieurs personnes de dos, les mains en l'air, célèbrent un jeu de football à la télévision.

Je pouvais un peu moins vivre ma vie comme je le souhaitais, parce qu’il y avait toujours des gens pour me dire des choses du genre. Je suis fier de ma famille, de mes oncles, de mon père et de ma mère.

Eric Cantona est un monument du soccer français, mais surtout une légende mancunienne. Un attaquant d’exception, compétiteur, fougueux et doté d’une personnalité hors de l’ordinaire.

Arborant fièrement le collet de maillot relevé, il a marqué 82 buts en 182 matchs à Manchester United et en a ajouté 20 en 45 matchs avec l’équipe nationale française.

Au fil des années, il a aussi été abonné aux polémiques. Il a déjà attaqué un amateur de Crystal Palace en tribunes avec un coup de pied en 1995.

Une vingtaine d’années plus tard, il a accusé le sélectionneur français Didier Deschamps de racisme en avançant que Karim Benzema et Hatem Ben Arfa n’avaient pas été sélectionnés pour l’Euro 2016 en raison de leurs origines.

Cantona a toujours été franc et, surtout, a toujours assumé ses opinions, aussi tranchées soient-elles. Il y a quelques jours encore, il a critiqué David Beckham pour son association avec la Coupe du monde qui se tiendra au Qatar.

Un gardien de but au soccer, vêtu de bleu, plonge pour repousser un ballon.

Martin Cantona en match

Photo : Citadins de l'UQAM / Carl Rodrigue

Si Martin Cantona a un regard qui rappelle un peu celui de son oncle, il est plus discret que lui, mais il salue ses prises de parole.

J’ai des opinions, bien sûr, mais je n’aime pas créer des embrouilles avec les gens, explique le jeune homme. Je ne dis pas que mon oncle crée des embrouilles, mais il a des opinions assez fortes. Du coup, je suis plus dans mon coin, mais je suis très, très fier de lui.

Il a toujours dit ce qu’il pensait et c’est bien de boycotter cette Coupe du monde qui fait polémique. C’est comme les Jeux asiatiques d’hiver qui seront organisés en Arabie saoudite, c’est ridicule. Boycotter la Coupe du monde ne va peut-être pas changer grand-chose, mais il faut le faire parce qu’elle sera un désastre écologique et humain.

À Montréal pour la famille

Martin Cantona a grandi à Marseille, avant de suivre sa famille, qui voulait changer d’air, à Lisbonne, au Portugal. S’il est maintenant à Montréal, c’est parce qu’il y a rejoint son frère jumeau, Paul, étudiant à l'Université de Montréal.

Arrivé pour étudier en administration en septembre 2021, il est devenu gardien titulaire des Citadins seulement en 2022. En septembre, il a remporté quatre victoires et a maintenu une moyenne de buts accordés de 0,88 par match.

Sa nomination comme athlète du mois de septembre, tous sports confondus au Québec, valide ses efforts.

Ça fait super plaisir et c’est une belle récompense pour mes efforts, confie le gardien. J’ai des amis en dehors du foot qui sortent beaucoup. Je ne peux pas sortir avec eux parce que je me concentre sur mon sport. Parfois, c’est un peu frustrant. Une récompense comme celle-là, ce n’est pas anodin. J’aimerais remercier mes entraîneurs qui me font confiance et en particulier l’entraîneur des gardiens de l’UQAM, Alexandre Rouge.

Son brio contribue à la bonne saison des Citadins, qui luttent actuellement pour le 2e rang du RSEQ avec l’UQTR. L’an dernier, l’UQAM avait conclu la saison au tout dernier rang, sans aucune victoire en 12 matchs.

L’équipe est pourtant très semblable, à quelques éléments près.

Notre mental est bien meilleur cette année, explique Cantona. L’an passé, on se criait beaucoup dessus à l’entraînement et on ne se soulevait pas entre nous quand on avait la tête baissée. Il n’y en avait pas un qui allait lever la tête de l’autre. Cette année, c’est très différent. Déjà, on a eu un stage de préparation à Joliette où on a vachement rigolé. Notre vision est différente.

Cantona a trouvé très jeune sa vocation pour le poste de gardien, qu’il a occupé pour la première fois par hasard. Il a simplement levé la main quand il manquait un gardien aux cages lors d’un entraînement.

Un gardien de but de soccer botte le ballon lors d'un match.

Martin Cantona lors d'un match des Citadins de l'UQAM

Photo : Citadins de l'UQAM / Carl Rodrigue

Rapidement, j’ai arrêté un tir de pénalité et je n’ai plus jamais voulu quitter le poste, raconte l’Uqamien. Des fois, par contre, je joue à d’autres positions au cours des entraînements parce que j’aime trop jouer balle aux pieds. D’ailleurs, c’est l’une de mes forces dans les matchs. J’arrive à bien relancer en contre-attaque.

Tel Paul Robinson jadis, il a même marqué un but lors d’un match cet été avec l’équipe de Boucherville grâce à un coup franc tiré du centre du terrain.

C’était incroyable intérieurement et en plus ça nous a menés à une victoire de 1-0. C’était une belle expérience.

Des visées professionnelles

Reste que c’est dans les buts ou encore dans l’administration d’une équipe professionnelle de soccer qu’il aimerait un jour travailler. Il pourrait aussi devenir agent de joueurs, comme son père.

Son équipe s’entraîne parfois en même temps que le CF Montréal joue ses matchs, juste à côté. Entendre les rugissements de la foule le fait rêver, surtout que Wilfried Nancy, l’entraîneur du club professionnel, a joué pour l’équipe de l’UQAM il y a une quinzaine d’années.

Des fois, on rigole en se disant que ce sera peut-être notre tour un jour, raconte le gardien. C’est sûr que le fait que Wilfried ait joué à l’UQAM, ça met des sentiments dans les yeux. Ce n’est qu’un rêve, mais il faut travailler dur en tout cas. Pourquoi ne pas essayer?

D’ici là, il savoure l’expérience montréalaise. Il adore la ville, ses parcs, et il a même essayé le patin l’hiver dernier.

Il adore la gentillesse des gens de Montréal, plus chaleureux qu’en France, selon lui.

Et son plus grand choc culturel?

Les écureuils! Ça me fait beaucoup rire. En France, on n’en voit jamais alors qu’ici, c’est à chaque coin de rue.

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