•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réunion d’urgence des fédérations avec Hockey Canada

Un gilet de Hockey Canada.

Hockey Canada a perdu nombre de commanditaires majeurs dans les derniers jours.

Photo : Twitter / Hockey Canada

Radio-Canada

Une réunion d'urgence impliquant Hockey Canada et l'ensemble de ses fédérations provinciales et territoriales s'est déroulée jeudi soir, selon ce qu'a appris Radio-Canada. Les dirigeants de l'organisme national ont reçu comme consigne claire de lâcher prise et de renoncer à leurs postes.

Après avoir été désavoué par Hockey Québec à la suite d'une motion adoptée mardi, Hockey Canada a également perdu la confiance de Hockey Manitoba et de Hockey Nouvelle-Écosse jeudi.

Cela s'ajoute aux nombreuses entreprises ayant tout récemment retiré leur commandite à Hockey Canada, qui est au cœur de divers scandales d'affaires d'agressions sexuelles présumées depuis le printemps dernier.

Canadian Tire a largué l'organisation nationale, alors que la Banque Scotia, Chevrolet, Telus et Tim Hortons ont opté pour le prolongement de la suspension de leur financement.

Il y a deux choses qui affecteront Hockey Canada à court terme : la pression publique et politique, mais surtout la pression financière, affirme Ray Lalonde, analyste et expert en marketing sportif, sur le plateau de Zone économie.

« Au fil du temps, Hockey Canada est presque devenu un empire. C'est quasiment devenu une entreprise privée, alors que c'est une gouvernance nationale de notre sport national. C'est là que [ses dirigeants] ont un peu perdu le nord, si l'on veut, et sont devenus trop mercantiles, ce qui a causé beaucoup de réactions, à savoir est-ce qu'on protège l'argent, est-ce qu'on continue de générer des revenus de ce niveau-là? »

— Une citation de  Ray Lalonde, analyste et expert en marketing sportif

La classe politique dénonce en bloc les dirigeants de Hockey Canada, qui refusent catégoriquement de confier les rênes à un nouveau leadership malgré la tempête qui fragilise l'instance.

Le premier ministre Justin Trudeau a réitéré son propos jeudi, affirmant qu'il est temps qu’ils partent, et a également ouvert la porte à un éventuel remplacement de la structure organisationnelle : À un moment donné, il faudra se dire qu'on va créer Canada Hockey à la place, et c'est cet organisme qui s'occupera de nos jeunes.

De son côté, le Comité olympique canadien, auquel est rattaché Hockey Canada, considère que la situation est irréparable puisque le lien de confiance envers l'état-major a été brisé.

Il existerait au sein de l'instance non pas un, mais deux fonds secrets pour compenser les victimes d’agressions sexuelles de la part de ses membres, d'après une enquête menée par le Globe and Mail.

Selon Bernard Motulsky, professeur au Département de communication sociale et publique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), la fédération nationale devra tout d'abord reconnaître et nommer le problème, ce qui n'a toujours pas été fait.

« Deuxièmement, il faudra avoir des mesures symboliques et faciles à comprendre, pas juste un plan en 15 points avec beaucoup de choses qui peuvent être faites. On a du mal à voir des gestes qui signifient qu'on comprend ce qui se passe, qu'on s'excuse, qu'on regarde comment on peut faire les choses différemment et retravailler de façon plus efficace, plus en lien avec les attentes de notre époque. »

— Une citation de  Bernard Motulsky, professeur au Département de communication sociale et publique à l'UQAM

L'enseignant estime que ce scandale n'a pas complètement terni l'image de Hockey Canada dans l'œil de la population.

Je ne pense pas que le public est interpellé parce qu'il n'est pas en contact direct avec Hockey Canada. Je ne pense pas que ça change la relation qu'on a avec le sport, avec nos jeunes qui jouent au hockey. Ça ne changera pas à court terme, c'est vraiment dans notre ADN national, soutient Bernard Motulsky.

Rappelons qu'il est prévu que le prochain Championnat du monde de hockey junior soit disputé à Halifax et à Moncton.

Les premiers ministres de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ont cependant exigé jeudi que des changements soient apportés à l'organisation avant l'entame du tournoi qui se tiendra du 26 décembre 2022 au 5 janvier 2023 dans les Maritimes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !