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Hockey Québec retire sa confiance à Hockey Canada

La fédération ontarienne avait déjà demandé à l'organisme national qu'il ne récupère pas les trois dollars de frais d'inscription de ses membres pour la saison 2022-2023

Le logo de Hockey Québec

Le logo de Hockey Québec

Photo : Radio-Canada

Hockey Québec a retiré sa confiance à l'endroit de Hockey Canada, aux prises avec divers scandales sexuels qui ont été mis au grand jour au cours des derniers mois.

Une motion a été adoptée mardi soir indiquant que Hockey Québec désavoue Hockey Canada. L'information a d'abord été rapportée par La Presse, puis confirmée par Radio-Canada.

Il s'agit de la première fédération provinciale à prendre cette position envers l'organisme national.

Nous n’avons pas confiance en la capacité de la fédération [canadienne] d’agir efficacement pour changer la culture du hockey avec la structure en place, a mentionné Hockey Québec, mercredi, dans un communiqué.

Hockey Québec a retiré sa confiance à l'endroit de Hockey Canada, aux prises avec divers scandales sexuels qui ont été mis au grand jour au cours des derniers mois. Les explications de Martin Leclerc.

Je pense que le mouvement pour réformer Hockey Canada est engagé avec la décision de Hockey Québec ce matin. Le message qui est envoyé aux dirigeants de Hockey Canada, qui s'accrochent à leur poste, c'est que Hockey Canada ne leur appartient pas. Ça appartient aussi à ses membres. Et tout le monde est d'accord en ce moment pour dire que ça prend un changement de la culture du côté du hockey, particulièrement en ce qui a trait à la violence sexuelle, a déclaré la ministre fédérale des Sports, Pascale St-Onge.

Hockey Québec suspend ainsi les contributions financières versées à Hockey Canada, qui continue de défendre ses dirigeants bec et ongles, malgré les fortes critiques à leur égard découlant d'une mauvaise gestion des scandales liés à des viols collectifs présumés.

La somme de trois dollars par frais d'adhésion, normalement envoyée à l'organisation nationale, sera désormais conservée dans les coffres de la fédération provinciale.

« Avant tout, je trouve cela effarant que Hockey Canada continue de tenir ferme. Les parents un peu partout perdent foi et les politiciens à Ottawa ont également perdu confiance envers Hockey Canada. Ce n'est pas surprenant que les organisations provinciales aient des doutes sur la continuité de la situation. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Je comprends entièrement le choix de Hockey Québec qui a perdu confiance en Hockey Canada, comme nous tous ici, à Ottawa, comme des parents d'un bout à l'autre de ce pays. Je ne peux pas comprendre à quel point Hockey Canada refuse d'accepter la réalité qu'il n'a plus la confiance des parents et des Canadiens, a-t-il enchaîné.

S'ils sont réellement préoccupés par les jeunes et par le hockey au Canada, ils devraient comprendre que ça prend une transformation absolue, parce que plus d'organisations que juste Hockey Québec vont décider que pour protéger nos jeunes, pour protéger ce sport qu'on adore tous au Canada, on a besoin de voir des changements profonds à Hockey Canada, a ajouté le premier ministre du Canada.

L'instance provinciale blâme vigoureusement l'organisation nationale, notamment en ce qui concerne le plan d'action instauré dans la foulée d'affaires d'agressions sexuelles présumées.

On a [envoyé] une série de questions à Hockey Canada, à laquelle certaines réponses ne sont pas revenues. On a demandé de faire des choses qui, selon nous, étaient justes et intelligentes. On n'est pas nécessairement satisfaits présentement de la manière dont il procède à la mise en place du plan d'action, a dit Claude Fortin, président du conseil d'administration de Hockey Québec, sur les ondes de Tout un matin.

On a demandé qu'à la suite de la maltraitance, et tout ce qui s'est passé, de faire participer des firmes externes et des experts dans le domaine pour pouvoir faire des consultations et aller chercher des outils, tant pour les victimes que pour les accusés, de sorte qu'on ait une bonne expertise, et non une expertise seulement à l'interne, a-t-il renchéri.

Une silhouette survole le logo de Hockey Canada incrusté dans la glace d'une patinoire.

Hockey Canada est éclaboussé par quelques histoires d'agressions sexuelles présumées.

Photo : Reuters / Jim Young

De son côté, la Fédération ontarienne de hockey, la plus importante parmi les 13 associations provinciales et territoriales, avait d'abord fait parvenir une requête à Hockey Canada, le 29 juillet, afin qu'il ne récupère pas les trois dollars de frais d'inscription de ses membres pour la saison 2022-2023, soit la portion que Hockey Québec a décidé de retenir.

L'information communiquée à l'ex-président du conseil d'administration Michael Brind’Amour, qui a démissionné de ses fonctions le 6 août, devait être relayée aux membres, selon le directeur général Phillip McKee.

Nous comprenons maintenant que cette demande n'a jamais été acheminée au conseil d'administration avant son départ, a expliqué McKee, en ajoutant que cette position était maintenue.

Le conseil d'administration de la fédération néo-écossaise se réunira pour sa part la semaine prochaine afin de passer en revue les prochaines étapes de cet épineux dossier.

Une comparution qui sème le mécontentement

Questionnés mardi après-midi par des membres siégeant au Comité permanent du patrimoine canadien, la présidente par intérim du conseil d’administration de Hockey Canada, Andrea Skinner, ainsi que son prédécesseur, Michael Brind’Amour, ont à tour de rôle offert leur soutien au président et chef de la direction, Scott Smith.

Mme Skinner et M. Brind’Amour ont fait honte à tous les bénévoles du Québec, du Canada, en se pensant indispensables, incontournables, excellents. Ce sont des gens imbus d'eux-mêmes. Je me suis couché fâché, a indiqué François Lemay, un entraîneur bénévole à Granby qui appelait en juillet à la mobilisation contre Hockey Canada.

« Je pense qu'à un moment donné, il faut arrêter de se dire qu'on va pouvoir changer de l'intérieur. Il faut faire table rase. »

— Une citation de  François Lemay, entraîneur bénévole à Granby

Au terme de leur comparution, la ministre St-Onge a demandé aux associations régionales de mettre de la pression sur la fédération canadienne. La résolution de Hockey Québec a été adoptée dans les heures qui ont suivi.

Au tout début de l'été, l'organisme national a vu plusieurs commanditaires importants – tels que la Banque Scotia, Canadian Tire et Telus dans un premier temps – retirer leur financement, avant que Tim Hortons et Imperial Oil ne leur emboîtent le pas.

Ces entreprises ont pris leurs distances après qu'il eut été révélé en mai que l'organisation avait réglé à l'amiable une poursuite avec une présumée victime qui alléguait avoir subi un viol collectif par huit joueurs de l'édition 2018 d'Équipe Canada junior lors d'un gala, à London, organisé par la fondation de Hockey Canada.

La formation nationale ayant participé au Championnat du monde junior de 2003, à Halifax, se retrouve également au cœur de la tourmente. Cette nouvelle affaire d'agression sexuelle présumée a fait surface en juillet.

Des enquêtes sont menées à l'heure actuelle par les corps policiers de London et de Halifax afin de faire la lumière sur ces différentes allégations.

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