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Hockey Canada prône la stabilité au sein de sa haute direction

Un document avec un logo de Hockey Canada.

Les représentants de Hockey Canada refusent de dire qu'un renouvellement de la direction s'impose en raison des scandales qui secouent l'organisation.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Hockey Canada a continué de défendre ses dirigeants bec et ongles, mardi, devant le Comité permanent du patrimoine canadien, où les parlementaires ont maintes fois déploré l’incapacité de l’organisation à prendre ses responsabilités.

L’actuelle présidente par intérim du conseil d’administration de Hockey Canada, Andrea Skinner, et l’ancien président du conseil, Michael Brind’Amour, ont tous deux donné leur appui au président et chef de la direction, Scott Smith, malgré les nombreux appels au changement dans la foulée du scandale d’agressions sexuelles qui secoue l’organisation depuis plusieurs mois.

Mme Skinner, lorsque le député libéral Anthony Housefather lui a demandé quelle note son travail à la tête de l’organisation vaudrait à Smith, a affirmé qu’elle lui accorderait un A dans ces circonstances extraordinaires et difficiles.

M. Brind’Amour, sommé de répondre par oui ou par non à savoir s’il avait confiance en Smith pour diriger Hockey Canada, a répondu par l’affirmative.

Le gouvernement Trudeau lance un appel aux fédérations de hockey du pays, afin de faire le ménage chez Hockey Canada. En témoignage à Ottawa, leurs dirigeants ont continué à défendre l’utilisation de fonds secrets pour payer les victimes d’agressions sexuelles qui dénoncent des joueurs de hockey.

Si elle a soutenu qu’elle n’avait pas peur du changement, Mme Skinner a plusieurs fois indiqué que la stabilité était nécessaire au sein de la direction de Hockey Canada à quelques semaines des élections au conseil d’administration. Jusqu’ici, le seul membre du conseil à avoir quitté son poste est M. Brind’Amour, qui a esquivé de nombreuses questions sur ses motivations.

Je crois que l’organisation courrait un grand risque si l’ensemble du conseil démissionnait et si l’ensemble de la haute direction n’y était plus, a affirmé Mme Skinner. Je crois que cela aurait de très mauvaises répercussions sur les garçons et les filles qui jouent au hockey. Est-ce que les lumières demeureraient allumées à l’aréna? Je l’ignore.

« Notre conseil ne croit sincèrement pas que la haute direction devrait être remplacée en raison de ce que nous voyons comme de la désinformation considérable ainsi que des attaques excessivement cyniques. »

— Une citation de  Andrea Skinner, présidente par intérim du conseil d'administration, Hockey Canada

Cette audience est tenue au lendemain de la publication d’une enquête du Globe and Mail qui révélait que Hockey Canada dispose non pas d’un, mais de deux fonds secrets servant à indemniser les victimes d’agressions sexuelles de la part de ses membres.

La fédération nationale a cependant nié l’utilisation de ce deuxième fonds, nommé fonds en fiducie pour l’héritage des participants, pour régler des affaires d’agressions. Mme Skinner en a rajouté en soulignant qu’elle était fondamentalement en désaccord avec la façon dont le fonds en fiducie a été décrit dans les médias.

Les membres du Comité en ont profité pour relever le manque de transparence au sein de Hockey Canada. Pour le député libéral Tim Louis, la diffusion d’information par l’organisation et le résultat des précédentes audiences auxquelles étaient conviées des intervenants du milieu du hockey donnent la perception qu’il faut tirer les vers du nez aux dirigeants de Hockey Canada.

Le message envoyé, c’est qu’il nous incombe de continuer à creuser pour obtenir la vérité, a indiqué M. Louis. Comment pouvons-nous retourner dans nos communautés et dire aux parents qu’il est sécuritaire de permettre à leurs enfants de jouer au hockey et que l’argent qu’ils paient ne va pas servir à payer des réclamations?

Je pense qu’il y a des messages dans notre site web, dont ceux que j’ai rédigés moi-même, pour rassurer les parents en leur disant que certains renseignements qui circulent, ce n’est peut-être pas la vérité, a répondu Mme Skinner.

Visiblement excédés à la fin de l’audience par les réponses des intervenants, quelques membres du comité ont souligné le gouffre entre la perception qu’a le public de Hockey Canada et celle de l’organisation elle-même. Le député bloquiste Sébastien Lemire a qualifié l’organisation de déconnectée.

J’ai entendu des questions, mais pas beaucoup de réponses, a ajouté la présidente du comité, Hedy Fry. Je demeure troublée que les témoins ne semblent pas se croire imputables, qu’ils n’aient pas la volonté d’être rationnels et raisonnables relativement à cette culture que tout le monde semble avoir reconnue.

Les hauts dirigeants de Hockey Canada avaient comparu en juillet dernier, à Ottawa. Ils y avaient admis que neuf autres victimes avaient été dédommagées depuis 1989, pour un montant total de 7,6 millions de dollars.

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