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La France travaille à indemniser les travailleurs de la Coupe du monde de soccer

Un chantier de construction.

Le chantier de construction du stade Lusail au Qatar en 2019

Photo : Getty Images / Francois Nel

Agence France-Presse

La Fédération française de football (FFF) travaille avec plusieurs autres fédérations à bâtir un fonds d'indemnisation destiné aux victimes d'accidents du travail sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar.

S'exprimant en ouverture du forum Think Football (pensez soccer), organisé au siège de la FFF, le vice-président Philippe Diallo a résumé la position de la fédération française face aux nombreuses critiques qui sont formulées à l'endroit du pays organisateur.

Il faut, selon Philippe Diallo, accompagner les évolutions, et ne pas boycotter.

Nous travaillons avec une dizaine de fédérations sur un document de propositions en trois volets, a expliqué le dirigeant.

Les trois volets en question sont les suivants :

  1. Créer un centre d'accueil pour travailleurs migrants qui serait inscrit dans l'héritage de la Coupe du monde qatarienne.
  2. Créer un fonds d'indemnisation pour tous ceux qui ont été victimes d'accidents du travail dans les chantiers de la Coupe du monde.
  3. Inciter les capitaines des équipes à porter un brassard à bandes colorées, signe d'inclusion, qui a été dévoilé en septembre. Déjà, les capitaines de plusieurs équipes européennes ont accepté de le porter.

Nous avons soumis à la FIFA (Fédération internationale de football association) et au comité d'organisation l'ensemble de ces propositions, a ajouté Philippe Diallo.

Nous tentons d'être pragmatiques, d'être efficaces; il faut faire en sorte, sans arrogance par rapport au pays organisateur, que les évolutions qu'on commence à constater puissent se prolonger, a poursuivi le dirigeant, précisant que la FFF ferait en sorte que les employés et prestataires du camp de base de l'équipe de France à Doha aient de bonnes conditions de travail et de rémunération.

L'idée d'un fonds d'indemnisation des ouvriers ayant travaillé sur les chantiers de la compétition a été portée ces derniers mois par plusieurs organisations de défense des droits de la personne, qui ont appelé les entreprises commanditaires de la Coupe du monde à soutenir l'initiative.

On salue cette prise de parole de la FFF, qui compte soutenir ce fonds d'indemnisation, a réagi auprès de l'Agence France-Presse Lola Schulmann, chargée de plaidoyer du bureau français de l'organisme Amnistie internationale.

L'objectif, maintenant, c'est que la FFF puisse convaincre la FIFA de s'engager pour les travailleurs, a-t-elle ajouté.

La revendication d'Amnistie internationale est de soutenir le fonds avec un montant minimal de 400 millions de dollars américains (545 millions de dollars canadiens), soit l'équivalent des bourses promises aux 32 équipes inscrites au tournoi.

Le Qatar a mis en place des systèmes d'indemnisation des travailleurs, mais ces mesures ont tardé et n'ont pas profité à tous, selon Amnistie internationale.

Les organisations non gouvernementales (ONG), qui saluent certaines réformes sociales adoptées par les autorités qatariennes, font état de lacunes dans la protection des ouvriers, ainsi que d'un problème récurrent de salaires impayés.

Le Qatar, de son côté, rejette vigoureusement les critiques sur son inaction quant aux droits des travailleurs, se félicitant notamment de l'instauration d'un salaire minimum, de l'assouplissement de la dépendance des travailleurs vis-à-vis de leurs employeurs et de l'imposition de règles protectrices plus strictes durant les étés très chauds.

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