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« Des supporteurs sont morts dans les bras des joueurs » - Javier Roca

Des hommes transportent un blessé lors de l'émeute survenue après un match de soccer en Indonésie.

Des hommes transportent un blessé lors de l'émeute survenue après un match de soccer en Indonésie.

Photo : afp via getty images / STR

Agence France-Presse

« Il y a eu des supporteurs qui sont morts dans les bras des joueurs », a raconté dimanche Javier Roca, l'entraîneur chilien du club indonésien d'Arema, à la radio espagnole Cadena Ser, après le mouvement de foule qui a fait au moins 125 morts et 323 blessés dans un stade de Malang, à l'est de l'île de Java.

Après le match, je suis allé dans le vestiaire et certains joueurs sont restés sur le terrain. Quand je suis revenu de la conférence de presse, j'ai découvert la tragédie dans le stade, a expliqué l’entraîneur d'Arema dans un témoignage poignant accordé au média espagnol.

« Les joueurs passaient avec des victimes dans leurs bras. Le plus terrible, c'est quand les victimes venaient se faire soigner par le médecin de l'équipe. Une vingtaine de personnes sont venues et quatre sont mortes. Il y a eu des partisans qui sont morts dans les bras des joueurs a livré le technicien chilien. »

— Une citation de  Javier Roca, entraîneur de l'Arema FC

Les incidents ont commencé quand des supporteurs d'Arema ont envahi le terrain du stade Kanjuruhan, à Malang, après la défaite samedi de leur équipe 3-2 contre celle de la ville voisine, Persebaya Surabaya.

De la fumée sur les gradins.

Le match entre le Arema FC et le Persebaya Surabaya a tourné à la tragédie en Indonésie.

Photo : Getty Images / AFP / STR

La police, qui a qualifié cet incident d'émeutes, a tenté de persuader les spectateurs de regagner les gradins et a envoyé vers le public du gaz lacrymogène après la mort de deux policiers, ce qui a provoqué des bousculades et des mouvements de foules incontrôlés. De nombreuses victimes ont été piétinées.

Je suis dévasté moralement. Je ressens un lourd fardeau, voire une responsabilité. Les résultats ont leur importance et déterminent ce qui se passe à la fin. Si nous avions fait match nul, cela ne serait pas arrivé, a encore estimé Javier Roca.

Des policiers sont postés devant un stade de soccer. De nombreux déchets jonchent le sol.

Le stade Kanjuruhan après l'émeute

Photo : afp via getty images / JUNI KRISWANTO

Cela prouve que le stade n'était pas préparé, ils (NDLR Les organisateurs) ne s'attendaient pas à un tel chaos, a-t-il continué. C'était comme une avalanche. Rien de tel n'était jamais arrivé dans le stade et tout a pris des proportions dramatiques en raison du nombre de personnes qui voulaient fuir.

Je pense que la police est allée trop loin, même si je n'étais pas sur le terrain et que je n'ai pas vécu directement ce tragique dénouement. En regardant les images, ils auraient peut-être pu utiliser d'autres méthodes, a-t-il poursuivi.

Aucun résultat d'un match, quelle que soit son importance, ne vaut que quelqu'un perde la vie, a conclu l'entraîneur.

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