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Des fleurs pour Filip Mesar, mais où apportera-t-il le bouquet?

Le hockeyeur Filip Mesar patine près de la ligne bleue.

Filip Mesar

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Peut-être parce qu’on retient généralement moins les exploits de Robin que ceux de Batman, Filip Mesar s’est amené au camp d’entraînement un peu sous le radar. Il en repartira bien en vue.

Batman et Robin, tel que les avait décrits Chris Wideman, sont des rôles ici campés par Juraj Slafkovsky et Mesar. Les attentes à l’endroit des deux Slovaques étaient diamétralement opposées.

À quelque part, le premier choix au total du dernier repêchage ne pouvait qu’épater la galerie, sinon il la décevrait (ce qui n’est pas le cas), tandis que son compatriote, choisi 26e, ne pouvait que surprendre. Et c’est ce qu’il a fait.

Quand on a demandé à Nick Suzuki et Josh Anderson quels joueurs avaient retenu leur attention pendant le camp parmi les jeunes, le nom de Mesar leur est venu aux lèvres d’emblée.

Mesar connaît un excellent camp. Il paraît très bien pendant les entraînements aussi, a estimé Anderson.

Il a été très impressionnant. Il joue comme un professionnel et a eu beaucoup de bons moments, a renchéri Suzuki.

Parce que Slafkovksy, de par son statut (et sa carrure), le dépasse d’une tête, lui fait de l’ombre, Mesar a pu jouer librement jusqu’à présent, sans souffrir de l’attention médiatique glorifiée généralement réservée aux choix de premier tour à Montréal.

On a qu’à se souvenir de l’accent mis à l’époque sur Michael McCarron, Noah Juulsen, Nikita Scherbak et Ryan Poehling, tous de lointaines sélections de premier tour, pour s’en convaincre.

Le Canadien devra bientôt prendre une décision à propos du jeune homme. Parce qu’il est Européen, Mesar pourrait joindre les rangs du Rocket de Laval dans la Ligue américaine (LAH) dès cette année. Dans la Ligue junior de l’Ontario (OHL), ses droits appartiennent aux Rangers de Kitchener. Il pourrait toujours rentrer dans ses terres, évidemment, mais ça ne semble pas être le plan.

Un membre de l’organisation nous a fait comprendre au tournoi des recrues, à Buffalo, que le clan Mesar avait clairement indiqué sa préférence pour Laval. Le club ne la partage pas nécessairement.

Jeudi, le directeur du développement des joueurs du Tricolore, Rob Ramage, a esquivé à deux reprises de se mouiller sur le dossier. Même en s’adressant à la cantonade, sans viser Mesar spécifiquement, il n’a pas non plus détaillé quels seraient les avantages d’une ligue par rapport à l’autre. Sujet tabou pour le moment.

Il demeure que les Européens de 18 ans ne courent pas les rues dans la LAH. Les rigueurs de cette ligue très physique où cohabitent des joueurs de tout acabit et où les intérêts et les perspectives sont propres à chacun peuvent étouffer un damoiseau un peu malingre, Mesar en l’occurrence.

Si l’on fait exception de la saison pandémique où tous les joueurs de 18 ans étaient exceptionnellement admissibles pour jouer dans la LAH, on a dénombré 11 Européens, depuis 2014, à avoir mangé de ce pain, avec un succès mitigé.

Ce fut bénéfique pour Moritz Seider en 2019-2020, pas de doute. Un peu moins pour Klim Kostin deux ans plus tôt, colosse des Blues de Saint-Louis qui tardent à remplir ses promesses.

Moritz Seider

Moritz Seider est la recrue de l'année dans la LNH.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Les Maple Leafs ont souvent choisi cette option. William Nylander, Rasmus Sandin et Timothy Liljegren ont tous évolué avec les Marlies à 18 ans. Ascension prolifique pour Nylander, ascension plus méthodique pour les deux défenseurs dont l’identité dans la LNH reste encore à déterminer.

L’un dans l’autre, le groupe des 11 s’en est assez bien tiré. Tobias Bjornfot, Filip Chytil, Jesse Puljujarvi, Alexander Nylander, Kevin Fiala et David Pastrnak sont les autres. Tout ce beau monde joue dans la LNH actuellement, à deux exceptions près.

Il semble y avoir une valeur à cette avenue de développement. Il y en a aussi une à dominer dans les rangs juniors.

Le respecté et très cher collègue Martin Leclerc a souvent abordé la question. Toujours très disert sur le sujet, il avait élaboré sur le concept de compétition significative. Une comparaison, à l’époque, entre les parcours de Jesperi Kotkaniemi et de Nick Suzuki.

Suzuki avait mis l’OHL dans sa petite poche arrière à 19 ans. Et il s’en souvient. Si jamais Mesar lui pose la question, la Ligue de l’Ontario se sera trouvé un bon ambassadeur.

L’OHL est une excellente ligue. [Mesar] veut être un pro. Je le comprends, il jouait avec des professionnels avant. Mais peut-être qu’il ne comprend pas bien ce qu’est l’OHL. Il va récolter plein de points, jouer dans toutes les situations, 20 minutes par match. C’est un bon endroit pour développer un joueur. La plupart des gars qui retournent jouer dans le junior, tu vois généralement la différence dans leur développement l’année suivante, a affirmé le capitaine.

C’est une question intéressante. Le voir évoluer en fonction de la décision qui sera prise le sera davantage encore.

L’infirmerie se vide

Jonathan Drouin est bien remis de son opération au poignet droit. Il n’est plus malade non plus et sera de la partie samedi soir face aux Sénateurs à Ottawa.

Le Québécois entame sa dernière année de contrat avec le CH. Les dernières saisons ont été faites de hauts et de bas pour lui, mais il répète à qui le lui demande qu’il ne sent pas avoir quelque chose à prouver au monde extérieur.

Probablement à fond dans la campagne électorale qui en arrive à son sprint final, Drouin assure avoir une seule priorité : la santé.

C’est juste la santé. Je n’avais pas de problèmes avec comment je jouais l’année dernière. C’est juste une blessure qui a terminé ma saison. Je me répète, mais je veux jouer 82 matchs, c’est mon seul objectif. Mes trois dernières années, c’est ma santé qui m’a freiné, a-t-il martelé.

C’est aussi ce qui a freiné Josh Anderson dans la dernière semaine. Le buteur de Burlington croit avoir été mordu par une araignée, quoique ce n’est pas confirmé, quelques jours avant le camp d’entraînement, ce qui l’a tenu à l’écart pendant quelques jours.

Anderson a expliqué que toute sa main a enflé dans d’immenses proportions et que l’équipe a voulu jouer de prudence, même s’il aurait pu patiner avant. L’Ontarien a dû prendre des antibiotiques.

C’était épeurant de ne pas savoir. Le doigt avait l’air brisé. Ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais déjà vu. Les docteurs n’avaient jamais vu ça avant non plus, a lancé l’ailier de 28 ans.

Il s’attend à jouer en début de semaine prochaine, tout comme Suzuki. Le capitaine s’est remis de sa collision avec Joel Edmundson en début de semaine dernière et espère pouvoir s’entraîner avec contact rapidement.

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