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À petits pas pour Kirby Dach

Kirby Dach sur la glace.

L'attaquant du Canadien, Kirby Dach

Photo : Reuters / Eric Bolte/USA TODAY Sports

Brendan Gallagher a demandé, gentiment, qu’on laisse Kirby Dach s’exprimer avant de trop analyser son jeu. Martin St-Louis a souligné sa progression. Qu’a le Canadien entre les mains avec le jeune centre de 21 ans?

Est-ce l’émule de Ryan Getzlaf, comme l’a évoqué Gallagher? Physiquement, à tout le moins, il y a certes une petite parenté au même âge.

Chaque fois qu’on parle de lui, j’entends la comparaison avec Getzlaf, a dit l’attaquant.

J’entends ça tout le temps. Si c’est ce qu’on a entre les mains, c’est un pas pire bon joueur, a ajouté Gallagher. Il peut patiner, il est puissant, il est compétitif aussi. Il sautait dans la bataille ce soir. C’est un bon joueur, on va l’aider autant qu’on peut.

Agitons tout de suite un petit drapeau rouge. Comparer un joueur qui possède 152 matchs d’expérience dans la Ligue nationale de hockey (LNH) à un futur membre du Temple de la renommée apparaît comme une entreprise délicate. Surtout à Montréal.

C’est dur, a avoué Gallagher. Tu veux qu’il trouve sa propre identité, mais c’est le genre de joueur qui est capable de prendre le contrôle d’un match. Il est vraiment bon et on va essayer de l’entourer de joueurs qui peuvent faire ressortir le meilleur en lui.

Voilà qui est plus sage.

Outre les batailles évidentes pour des postes dans la grande ligue à ce camp, voire ici la lutte entre les jeunes défenseurs, il y a de nombreux autres enjeux pour cette équipe.

Les combinaisons de trio, par exemple, avec tous ces nouveaux joueurs. Les rôles attribués à chacun. C’est là qu’on peut se demander quel sera celui de Dach, un joueur acquis à prix fort (en échange du 13e choix du dernier repêchage, préalablement acquis contre Alexander Romanov) et qui constitue aux yeux de l’état-major une pièce importante du casse-tête qu’on tente d’assembler.

Kent Hughes répétait récemment que des performances de ses jeunes dépendront ses décisions et que l’atteinte de leur apogée dictera la rapidité de la reconstruction du CH. Dach en est un élément central.

L’Albertain de 21 ans a vécu deux années compliquées. Une blessure au poignet qui a nécessité une opération à la fin de 2020, un retour au jeu trop précoce à son propre aveu. Une saison bien pâle l’an dernier alors que les Blackhawks coulaient au classement suivi d’un échange au mois de juillet.

Le Canadien a d’abord pris le pari de le relancer. Hughes a doublé la mise en lui offrant un contrat de quatre ans, le payant probablement davantage que sa valeur exacte actuellement, mais en espérant qu’il devienne une aubaine avant la fin de l’entente.

À Montréal, Dach a l’occasion de recommencer à zéro. Il trouve tranquillement ses marques.

Sans avoir connu un grand match jeudi soir dans la défaite de 4-3 contre les Jets, le grand pivot a eu ses moments. Déjà, l’amélioration était manifeste par rapport à sa première apparition lundi.

En deux matchs, son trio a obtenu une seule chance de marquer de qualité à cinq contre cinq, mais Dach a su se faire remarquer malgré tout. Il a remporté 60 % de ses mises au jeu, lui qui en gagne à peine plus de 30 % depuis ses débuts professionnels. En conséquence, son trio a contrôlé 87 % des tentatives de tir à forces égales.

Il a aussi ouvert la porte au premier but du match, celui de Kaiden Guhle, grâce à une belle entrée de zone en fin d’avantage numérique. Le défenseur a pu profiter de son bon travail le long de la rampe.

Tu peux voir ses habiletés, sa portée, sa taille, son coup de patin, son nombre de touches de rondelles. Il a été bon sur les mises au jeu ce soir. Ça nous aide à avoir la rondelle. Il était partout sur la glace, autant offensivement que défensivement, a jugé son entraîneur.

Il va progresser de plus en plus, s’acclimater et devenir à l’aise avec ce qu’on essaie de faire. Ce sera une progression constante, a prévenu St-Louis.

Dach a assuré bien se sentir et focaliser sur ce qui fonctionne bien plutôt que l’inverse. Pas le plus volubile, le numéro 77 a toutefois fourni cette réflexion intéressante, certainement inspirée de sa relative brève expérience de vie dans la LNH.

Il a avoué qu’il est parfois difficile de se sentir libre en respectant un système de jeu; le genre qui se sent étouffé par la contrainte. C’est là que St-Louis entre en scène.

Il parle bien, il sait quoi dire; il comprend la game, il l’a jouée tellement longtemps. Il m’a vraiment aidé à prendre confiance et à jouer librement au sein du système, a dit Dach.

Libre, même enfermé dans un carcan. Mais un carcan élastique, comprend-on. C’en est presque poétique.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, de la tenue de Kirby Dach et de l’atteinte, ou non, de son potentiel – celui d’un centre à la touche offensive capable de se charger d’importantes missions défensives – dépendra en partie l’avenir du Canadien.

C’est le grand pari du directeur général. Nous n’en sommes qu’au début de la partie.

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