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Prendre le temps de l’enseignement

Des joueurs de hockey se font face sur une glace.

Filip Mesar du Canadien de Montréal en action face aux Maple Leafs de Toronto, mercredi soir.

Photo : Reuters / Dan Hamilton

TORONTO – Contrairement à la Série du siècle, qu'on a soulignée mercredi soir, ils ne feront pas de coffret souvenir avec le match qui a suivi.

Et ce n’est pas plus mal. Telles n’étaient pas les attentes de toute façon pour ce deuxième match préparatoire, n’empêche que les occasions de se faire justice dans un camp d’entraînement de la LNH ne sont généralement pas légion.

Le CH s’est incliné 3-0 et a été limité à un seul petit but en deux rencontres. Rien d’inquiétant… ni de rassurant. Après tout, Martin St-Louis le disait lui-même il y a quelques jours : un bon camp ne garantit pas un bon début de saison, mais un mauvais camp mène généralement à un mauvais début de saison.

Des joueurs de hockey en rang dans un aréna

Les joueurs du Canadien de Montréal (en blanc) et des Maple Leafs (en rouge) ont honoré les joueurs ayant pris part à la Série du siècle en 1972 en arborant le chandail de l'équipe canadienne avant la rencontre, mercredi soir, à Toronto.

Photo : Reuters / Dan Hamilton

Le match, bien plus structuré que celui de lundi, n’a pas permis à nombre de joueurs de briller. Les occasions de marquer bien franches se sont comptées sur les doigts et, encore, les doigts d’une seule main dans le cas du Canadien. Il y en a eu 13 au total selon le site spécialisé Natural Stat Trick, dont seulement 5 pour Montréal.

Dans ce contexte, il est difficile pour un jeune de se démarquer.

St-Louis n’a d’ailleurs pas paru le moins du monde déçu par la prestation de sa troupe. Il a aimé la troisième période et a déploré le manque d’exécution dans la première moitié du match.

L’entraîneur a assuré voir tout de même des signes encourageants, rappelant qu’il demande du jugement et de l’équilibre dans les choix que font ses joueurs. Il valorise, comme bien des gens, l’intelligence.

Interrogé à savoir si ses attaquants auraient pu oser un peu plus, St-Louis a tempéré.

Ce n’est pas juste une question de prendre des chances. En deuxième, on avait de bonnes intentions, mais on n’a pas exécuté et ça a donné des revirements. Ça ne me dérange pas des revirements quand les intentions sont excellentes. Quand tu commences à faire des revirements quand c’est pas le bon jeu à faire, tu es à la fin de ta présence, ce n’est pas quelque chose que j’aime comme entraîneur. Personne n’aime ça. C’est de calculer le risque et la récompense, a-t-il expliqué.

Autrement dit, parfois, il ne sert à rien de forcer les choses pour tenter de se mettre en valeur si le jeu n’en vaut pas la chandelle, si le péril s’avère plus grand que le bénéfice. Même pendant un match préparatoire.

Il a amorcé son enseignement avec ses jeunes depuis une semaine maintenant et il prêche la patience. Il faut laisser le temps à tout ça de percoler un peu.

« Si tu t’attends à une compréhension et une exécution immédiate [de la part de tes jeunes], tu ne comprends pas ce qu’est enseigner. »

— Une citation de  Martin St-Louis

Alors, il faut apprécier les petits éclats de Filip Mesar. Comme lorsque le jeune Slovaque a déculotté coup sur coup Calle Jarnkrok et Denis Malgin en première période, deux joueurs de calibre de la LNH. Comme lorsque Juraj Slafkovsky a créé une occasion de marquer pour Joel Armia ou a failli enfiler l’aiguille en bondissant sur le retour.

On peut noter aussi l’accélération puissante d’Emil Heineman et ses six tirs au but ou encore les six mises en échec d’Arber Xhekaj, sa robustesse et sa franchise lorsqu’il a admis avoir sous-estimé la force de William Nylander au moment où il l'a accroché et a été puni.

C’est à ça que ça sert les matchs hors concours, a laissé tomber Samuel Montembeault. Le monde veut mettre la rouille en dehors. On fait de la vidéo avec Marty pour rentrer dans le système. On a manqué un peu d’exécution aujourd’hui, mais c’est le début du camp.

Le gardien s’en voulait d’ailleurs d’avoir laissé filer une rondelle décochée par Nick Robertson au premier vingt. Il s’est bien repris en repoussant finalement 14 des 15 tirs reçus avant d’être remplacé à mi-chemin par Kevin Poulin.

Du temps, de la patience et de l’enseignement. En somme, haut les cœurs, pas de panique : voilà le message véhiculé mercredi soir.

On observe aussi de près cette bataille en défense qui oppose Jordan Harris, Arber Xhekaj, Corey Schueneman, Justin Barron (tous en uniforme contre les Leafs) et Kaiden Guhle, au repos. Personne ne pourra trancher après cette rencontre, mais disons que le portrait commence à se préciser. Et le temps presse pour Barron. Peut-être même pour Schueneman, quoique son expérience et son profil lui donnent certainement une longueur d’avance pour un rôle de septième défenseur.

C’est frugal, il faut l’admettre. Mais parfois il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, tout simplement, et on passe sous la table.

En rafale

St-Louis avait surpris son audience lundi soir en affirmant que le poste de deuxième gardien était ouvert et que Cayden Primeau, qui n’a pas à passer par le ballottage, pourrait toujours ravir le boulot à Montembeault, que le CH devrait exposer aux 31 autres équipes s’il l’envoyait à Laval.

On a rapporté le commentaire au gardien québécois. Il a tenu les propos de circonstances.

Je ne tiens pas ça pour acquis. Le poste est ouvert. Il faut que je travaille fort et que je prouve que je peux être là. Cayden est un excellent gardien aussi qui peut faire autant le travail. Ça va être à moi de prouver que je le mérite plus, a lancé le portier de Bécancour.

Pour sa part, Jordan Harris par son jeu dépouillé et intelligent cimente de plus en plus sa place à Montréal. L’Américain n’a pas connu un grand match mercredi, loin de là, mais on note déjà une certaine constance dans son jeu, même lorsqu’il n’est pas à son mieux. Le camp plus pâle de Barron et sa polyvalence – un gaucher qui joue à droite – lui donne un sérieux avantage compétitif.

Je jouerais devant le filet s’ils me le demandaient. J’essaie d’être le plus flexible possible pour l’équipe.

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