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L’équité dans le sport, de Billie Jean King à Rebecca Marino

L'ancienne numéro un mondiale et Rebecca Marino étaient les invités de la conférence C2 Montréal.

La conférencière, vêtue d'un veston rose, s'exprime sur une scène.

Billie Jean King à C2 Montréal en 2022

Photo : Gracieuseté : C2 Montréal

La grande Billie Jean King n’avait que 7 ans et déjà elle voulait accomplir de grandes choses dans la vie.

Elle avait partagé sa vision des choses un soir après le souper. Sa mère lui avait répondu : Oui, oui, mais là, continue de faire la vaisselle.

Un jour, sa mère lui a demandé si elle voulait jouer au tennis. Billie Jean King ne savait même pas ce que c’était. Cela a été le coup de foudre.

Quand je lui ai ensuite dit que j’allais un jour être première mondiale et que j’allais être une joueuse de tennis professionnelle, ma mère m’a répondu : "Ok, mais va faire tes devoirs."

Ses devoirs, elle les a faits. Numéro un mondiale, elle l’est devenue.

Sept décennies plus tard, à l’âge vénérable de 78 ans, sa contribution au tennis, et au sport en général, est indéniable.

Celle qui a contribué à la création de la WTA était invitée de l’événement C2 pour notamment discuter d’équité et d’égalité dans le sport.

Une photo en noir et blanc d'une joueuse de tennis qui tente de retourner une balle.

Billie Jean King à Wimbledon en 1971

Photo : afp via getty images / AFP

En conversation pendant une quarantaine de minutes avec la journaliste Valérie-Micaela Bain, King a partagé ses souvenirs et quelques clés de ses succès. Au cœur de sa vie, l’éternel combat pour l’équité et l’égalité.

À 12 ans, je me suis promis de lutter pour l’équité toute ma vie quand j’ai vu qu’il n’y avait que des blancs habillés en blanc au country club où je jouais, a raconté Billie Jean King. Où sont les autres? Je me suis dit que je pouvais faire une différence dans le monde.

Son match contre Bobby Riggs, en 1973, a marqué l’imaginaire. Cet ancien numéro un mondial alors âgé de 55 ans ne cessait de narguer les joueuses de tennis. Piquée au vif, King, 28 ans, avait accepté le défi et avait fini par le vaincre. Elle avait remporté une bourse de 100 000 $ dans cette bataille des sexes.

Le match avait été suivi par des millions de personnes à la télévision.

C’était une occasion en or d’obtenir de la visibilité et de combattre les inégalités, a-t-elle dit devant un parterre conquis et admiratif. Heureusement que j’ai gagné. Et je suis devenue la première femme à gagner 100 000 $ pour une performance. J’ai montré que les femmes pouvaient offrir un bon spectacle.

Serena Williams, elle, a fait près de 100 millions de dollars en bourses durant sa carrière et autant en dehors du terrain, a rappelé l’Américaine. C’est ce dont je rêvais depuis longtemps. Ma génération n’a pas eu ce privilège. Et maintenant, je veux que tous les sports féminins y arrivent. Par exemple, en ce moment, il y a une ligue professionnelle de hockey, mais les meilleures n’y sont pas. Il faut y travailler.

Le tennis est de loin le sport dans lequel les athlètes féminines sont les mieux rémunérées.

Quand on veut changer les choses, il ne faut pas juste parler, il faut le faire, a ajouté la championne. Chaque jour est une occasion de lutter contre les inégalités, dans la vie, dans le sport et même au travail.

Comme toute bonne conférencière qui se respecte, Billie Jean King a rappelé l’importance de vivre le moment présent pour connaître du succès.

Elle a aussi partagé trois concepts clé importants à ses yeux : l’importance de nouer de bonnes relations, toujours continuer à apprendre et, finalement, innover et être la personne qui résout les problèmes.

King a profité de son passage à Montréal pour envoyer des fleurs à Tennis Canada, partenaire de l’événement, et à son président Michael Downey.

Tennis Canada est probablement la fédération la plus admirée dans le monde pour ce qu’elle fait pour ses jeunes joueurs. Ils permettent à leurs joueurs et joueuses d’être des meneurs et des leaders qui inspirent, a-t-elle affirmé.

King a nommé Bianca Andreescu, Leylah Annie Fernandez, Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime, qu’elle trouve adorable. Elle a aussi salué Rebecca Marino, de retour au jeu après une longue pause du tennis.

Assise dans la salle, Rebecca Marino devait sourire.

Une précurseure

Quelques minutes avant la conférence, Marino a pu s'entretenir brièvement avec cette pionnière du tennis. La Canadienne était aussi invitée à partager ses idées et son vécu à C2 Montréal.

Les deux femmes s’étaient déjà rencontrées il y a une douzaine d’années. La WTA avait organisé des rencontres entre les joueuses recrues et Billie Jean King.

Trois femmes discutent autour d'une table dans un hôtel de Montréal.

De g. à dr. : Rebecca Marino, Valérie-Micaela Bain et Billie Jean King à C2 Montréal

Photo : Gracieuseté : Tennis Canada

On pouvait lui poser des questions, a dit la Britanno-Colombienne en entrevue à Radio-Canada Sports. Elle nous motivait et nous inspirait. Elle est l’une des neuf joueuses qui ont participé à la création de la WTA. C’est une pionnière pour le sport féminin et l’équité.

C’est fou qu’on parle encore de son match contre Bobby Riggs près de 50 ans plus tard et qu’elle soit encore autant engagée dans les discussions et la lutte aujourd’hui pour l’égalité. C’est extraordinaire ce qu’elle a fait dans sa vie, a-t-elle ajouté.

Si aujourd’hui les bourses sont les mêmes pour les hommes et les femmes dans les tournois du grand chelem, c’est grâce au combat mené par King et par ses alliés.

Les Internationaux des États-Unis ont commencé à donner des bourses équivalentes aux champions masculins et féminins dès 1973. Il a toutefois fallu attendre en 2006 et 2007 pour que Roland-Garros et Wimbledon emboîtent le pas.

Aujourd’hui, c’est dans les autres tournois que les bourses moyennes sont plus basses pour les femmes. Et d'autres tournois qui sont aussi encore moins nombreux que pour les hommes. Par le fait même, les occasions de briller et de progresser sont plus rares.

Je ne sais pas pourquoi il y a moins de tournois féminins, mais les joueuses nous en parlons beaucoup entre nous. Et notre conseil de joueuses milite pour qu’il y en ait plus, a dit Marino. On doit avoir plus d’occasions pour les femmes. Je suis heureuse que les bourses soient les mêmes en grand chelem, c’est un bon début. J’espère que les autres tournois vont suivre.

On est chanceux au tennis d’avoir beaucoup de visibilité par rapport aux autres sports, mais je sens encore que la conversation est encore malgré tout dominée par le tennis masculin. Cela dit, on voit un mouvement et un changement dans les dernières années et on voit de plus en plus de tennis féminin à la télé, a-t-elle affirmé.

Marino veut terminer la saison du bon pied

Rebecca Marino admet qu’elle n’aurait pas pu s’exprimer aussi librement devant public, et sur des sujets comme l’équité, il y a 10 ans.

Bien dans sa peau, souriante, la Vancouvéroise semble plus heureuse que jamais.

Elle est aujourd’hui classée au 80e rang mondial et espère terminer la saison dans le top 100. À 31 ans, elle est loin de penser à la retraite. Elle a encore beaucoup à accomplir sur un terrain et se permet même de rêver aux Jeux olympiques de Paris en 2024.

La joueuse de tennis, en noir, répond à des questions, assise à une table, devant un micro.

Rebecca Marino a donné une conférence à C2 Montréal.

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

C’est un rêve d’enfance et j’aurais aimé y aller en 2012, mais je n’ai pas de regrets d’avoir pris ma pause du tennis, a-t-elle dit. Paris, c’est dans deux ans, j’essaie de ne pas voir trop loin, mais j’aimerais ça. Je dois continuer à avoir des résultats constants l’an prochain.

Rebecca Marino disputera d’abord cet automne les tournois de San Diego, si elle peut être admise en qualifications, et de Guadalajara. Ensuite, elle espère être sélectionnée par l’équipe canadienne pour la Coupe Billie-Jean-King.

Le contraire serait fort étonnant.

La Coupe Billie-Jean-King, anciennement connue sous le nom de Fed Cup, mais renommée en l’honneur de l’Américaine, a d’ailleurs annoncé mercredi qu’un nouveau commanditaire allait permettre aux joueuses de toucher les mêmes bourses dans cette compétition qu’aux finales de la Coupe Davis.

Tout est dans tout.

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