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Geneviève Jeanson devient porte-parole de Sport’Aide

Une femme sourit en montrant un maillot de cyclisme, flanquée de deux hommes.

Geneviève Jeanson entourée de Louis Barbeau (à sa droite), DG de la Fédération québécoise des sports cyclistes, et de Sylvain Croteau (à sa gauche) DG de Sport'Aide.

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Radio-Canada

La carrière de cycliste professionnelle de Geneviève Jeanson a été un réel cauchemar. Quinze ans plus tard, elle choisit de devenir ambassadrice de l'organisme Sport'Aide afin d'offrir aux jeunes cette aide qu'elle n'a jamais reçue.

Abus, dopage, relation toxique avec son entraîneur… Geneviève Jeanson a vécu son lot de difficultés au cours de sa carrière. Aujourd'hui, elle va mieux, suffisamment pour aider les autres. En faisant des conférences auprès des jeunes, elle a réalisé qu'elle pouvait changer les choses. Une association avec Sport'Aide, organisme qu'elle connaissait déjà, était toute naturelle.

J'aime vraiment parler de sport, mais aussi du fait que la vie n’est pas toujours linéaire, que plusieurs choses peuvent arriver et que c’est possible de se relever. C’est possible d’avoir une vie heureuse malgré ce qu’on peut vivre, souligne-t-elle.

S'il y a un conseil qu'elle veut donner aux jeunes athlètes, c'est de suivre leur intuition. Si elle avait écouté sa petite voix, comme elle aime l'appeler, sa vie aurait sans doute été entièrement différente.

Michel Chabot s'entretient avec l'ancienne cycliste professionnelle Geneviève Jeanson.

Quand nous sentons à l’intérieur qu’il y a quelque chose qui ne va pas bien, que nous ne sommes pas bien dans notre peau, que nous faisons des choses contre notre gré, c’est important de nous écouter. Malheureusement, les athlètes, on est beaucoup valorisés avec notre force. Dans les compétitions, il ne faut pas laisser paraître nos émotions. Les chances sont élevées que ça se transpose aussi dans notre vie en général, affirme-t-elle.

Même aujourd'hui, 15 ans plus tard, Geneviève Jeanson a encore du mal à regarder cette entrevue dans laquelle elle révélait s'être dopée. Elle a l'impression d'entendre son entraîneur parler. Elle n'avait plus d'estime de soi, ne savait plus faire la différence entre ce qui est sain et ce qui ne l'est pas. Elle était complètement coincée dans un cercle vicieux.

C’est quelqu’un de complètement différent. Ça me fait tellement de la peine. Je m’étais complètement oubliée. J’étais complètement influencée par quelqu’un d’autre. Moi, ça m’est arrivé. Est-ce que c’est possible pour d’autres personnes? Probablement.

Si elle a réussi à faire la paix avec son passé, elle garde quand même certains regrets. Jamais elle ne connaîtra réellement sa valeur athlétique.

À mon âge, je peux agir pour me créer de bons souvenirs et prendre un peu mon futur ou ma vie en main. C’est ce que je veux faire, mais je ne peux pas m’empêcher de regarder en arrière et de me dire que je ne sais pas ce que j’aurais pu faire dans un bel environnement, avec le bon encadrement, jusqu’où j’aurais pu me rendre et quelles belles expériences j'aurais pu avoir, confie-t-elle.

C'est majoritairement pour cette raison qu'elle a choisi de renouer avec la compétition à 40 ans. Elle a retrouvé du plaisir à pédaler, mais reconnaît que le traumatisme n'est malheureusement jamais bien loin.

J’ai eu plus de plaisir cette année que j’en ai eu tout au long de ma carrière, dit-elle. C’est arrivé parce que je suis mentor avec des cyclistes européennes qui sont professionnelles. C’est en parlant avec elles que j'ai réalisé à quel point elles avaient du plaisir à faire du vélo, à s’entraîner et à aller aux compétitions. Ça m’a fait réaliser à quel point moi, je n'en avais pas eu. Je n’étais pas jalouse, mais je les enviais. Je me suis dit que ce serait vraiment triste si je terminais ma carrière sans jamais avoir eu de plaisir.

C’est aussi beaucoup de vieilles émotions qui remontent. Il y a des fois où j’embarque sur mon vélo le matin, je sais que ce sera une journée difficile et je ne peux pas m’empêcher de penser à ce qui va m’arriver si je ne suis pas capable de finir l’entraînement. J’ai toujours un peu la vieille cassette qui roule dans ma tête pour me dire que je vais peut-être me faire chicaner, je vais peut-être me faire frapper. C’est juste dans l’action qu’on peut régler des choses, ajoute-t-elle.

Agir : c'est ce que Geneviève Jeanson a choisi de faire le jour où elle est passée aux aveux. C'est ce qu'elle a fait en dénonçant son ancien entraîneur. C'est ce qu'elle fait en agissant comme mentor auprès de cyclistes professionnels. Et c'est ce qu'elle veut faire en devenant porte-parole de Sport'Aide.

Si je suis capable d’aider l’environnement, les jeunes, les parents et les entraîneurs à promouvoir le développement de l’être humain en même temps que du développement de l’athlète, ce serait une grosse victoire.

À partir d'une entrevue à Tout un matin.

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