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Du fleuve Saint-Laurent à l’international : le rêve d’une parasurfeuse québécoise

Elle prend la pose devant l'affiche des Internationaux de parasurf.

Anne-Marie Paquet a participé à une compétition internationale de parasurf en Californie, au début du mois de septembre.

Photo : Gracieuseté : Anne-Marie Paquet

Alexandra Piché

Anne-Marie Paquet a représenté le Canada dans une compétition internationale de surf paralympique au début du mois de septembre dernier, en Californie. Pourtant, il y a trois ans, elle n’avait jamais touché à une planche. Et ce n’est pas tout : c’est dans le fleuve Saint-Laurent qu’elle a apprivoisé ce sport qui a changé sa vie.

Anne-Marie Paquet est née avec une paralysie cérébrale. Le haut de son corps, particulièrement ses bras et ses mains, est affecté.

Ça affecte surtout le haut de mon corps. Au niveau des jambes, c’est plus léger; c’est spastique. J’ai beaucoup de difficultés avec l’extension de mes muscles. Le contact de mon cerveau se rend avec difficulté au niveau de mes mains, a-t-elle expliqué.

Malgré tout, elle a toujours voulu repousser ses limites et relever de nouveaux défis. Elle n’a jamais voulu laisser son corps l’arrêter ou l’empêcher d’accomplir quelque chose.

Il n’y a pas grand-chose que j’ai voulu faire dans ma vie que je n’ai pas au moins essayé. Je suis une fille qui n’est vraiment pas peureuse. J’ai expliqué ma situation à mon premier cours de surf et ils m’ont dit qu’il ne devrait pas y avoir de problème. J’ai été à l’aise tout de suite, a-t-elle dit.

Si elle n’a jamais subi d’intimidation en raison de son handicap, elle a toujours eu du mal à s’accepter. Vers l’âge de 22 ans, elle a finalement commencé à être plus en paix avec la situation.

Mon handicap a toujours paru. J’ai toujours eu de la difficulté à l’accepter. Je devais demander de l’aide et je suis quelqu’un de super indépendant, alors, pour moi, ce n'est pas évident, a-t-elle affirmé.

C’est son physiothérapeute qui lui a parlé de l’équipe de surf paralympique. Elle a tout de suite contacté la fédération nationale et l’aventure a commencé.

Au début du mois de septembre, elle a participé à une première compétition internationale aux États-Unis. À son arrivée, elle a passé les tests de classification et a rencontré l’équipe. C’était finalement officiel : elle allait être en action dans la catégorie des surfeuses en position debout, ayant un handicap touchant surtout les membres supérieurs.

Mes parents ont fait le voyage avec moi pour m’encourager. J’ai aussi eu beaucoup d’aide de la communauté montréalaise de surf. J’ai été surprise de tout le soutien que j’ai reçu. Les gens sont formidables; c’est vraiment comme une famille, a dit Anne-Marie Paquet.

Elle surfe sur la vague du fleuve Saint-Laurent.

Anne-Marie Paquet en action à la vague à Guy

Photo : Facebook/Anne-Marie Paquet

Originaire de Montréal, l'athlète n’a que très peu d’expérience en océan. Elle a surfé davantage sur des vagues stationnaires, la seule option possible pour pratiquer le sport autour de la métropole.

Les gens là-bas étaient vraiment impressionnés quand je leur ai montré des vidéos de la vague à Guy, ici, à LaSalle. Elle n’est pas comme les vagues, vraiment moins larges, qu’on voit souvent ailleurs dans le monde, a-t-elle expliqué.

Elle a donc aussi profité de son baptême international pour apprendre et absorber le plus de conseils que possible.

Il y avait l’un des coachs de Surf Canada qui était sur le pier [quai] et qui me criait : ''OK, prends celle-là. Va un peu plus loin, ramène-toi de ce côté.­'' Il me donnait des conseils pendant la compétition pour m’aider. C’était vraiment cool, a-t-elle dit.

Elle a également été très impressionnée par le niveau de ses adversaires, aussi atteintes d’un handicap. Ça lui a donné espoir de voir qu’elle pouvait encore beaucoup progresser.

Le surf m’a donné une raison de rencontrer du monde, de sortir de chez moi. Pour vrai, c’est un changement de vie total. J’ai recommencé à m’entraîner, je fais plus attention à moi; c’est vraiment le fun. J’ai encore beaucoup de croûtes à manger. Ça va être vraiment beaucoup de pratique. Je devrai surfer le plus souvent possible, à l’intérieur, à l’extérieur, en océan, a-t-elle indiqué.

Et si on lui avait dit il y a trois ans qu’elle participerait à une compétition internationale de surf cette année?

J’aurais ri, a-t-elle répondu en s'esclaffant.

J’aime montrer aux gens que ce n’est pas parce que tu as un handicap que tu ne peux pas pousser pour aller chercher un but que tu veux atteindre. C’est vraiment la volonté qui va faire que tu vas réussir dans la vie ou pas. C’est l’acceptation et la volonté, a-t-elle expliqué.

Elle fait un câlin à une autre athlète.

Anne-Marie Paquet a fait la rencontre de plusieurs athlètes durant la compétition.

Photo : Gracieuseté : Anne-Marie Paquet

Cette expérience était sa première, mais pas sa dernière. L'athlète a l’intention que ce soit le début d’une belle aventure. Elle pourra d’ailleurs déjà tenter sa chance à nouveau en décembre, aux Championnats du monde de parasurf disputés en Californie.

« J’ai déjà hâte de vivre une autre compétition, de faire d’autres belles rencontres et de voir comment je vais m’améliorer. »

— Une citation de  Anne-Marie Paquet, parasurfeuse

Bien que le surf ait été ajouté au programme olympique depuis les Jeux de Tokyo, il ne figure pas encore dans celui des Paralympiques. Les athlètes essaient de le faire ajouter à la liste des sports des Jeux de 2028, qui auront lieu en Californie, l’une des capitales du surf.

D’ici là, Anne-Marie aura le temps de s’entraîner avec l’équipe nationale, de se familiariser avec l’environnement compétitif et avec l’océan. Tout en ne se mettant pas trop de pression, elle se donne le droit de rêver. Qui sait où ses rêves la mèneront?

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