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De jeunes défenseurs à la recherche de l’équilibre

Il regarde devant lui.

Le défenseur Kaiden Guhle à l'échauffement avant le match préparatoire Canadien-Devils, lundi soir.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La grande majorité d’entre nous passe sa vie à le rechercher, cet équilibre, alors s’en trouvera-t-il vraiment pour lancer la pierre à quelques jeunes défenseurs de 20 et 22 ans sur le point d’atteindre la LNH?

Voilà où en sont Justin Barron, Kaiden Guhle et Jordan Harris, tous en uniforme pour le premier match préparatoire lundi soir, une défaite de 2-1 face aux Devils du New Jersey : à trouver le bon dosage, à démontrer toutes ces qualités qui font d’eux des candidats à un poste dans la grande ligue dans deux semaines, sans toutefois tenter de trop en faire.

Pas évident. Jake Allen, devant le filet pour la moitié du match, aux premières loges pour apprécier le travail d’un défenseur, l’a rappelé éloquemment.

« Parfois quand tu te retrouves dans une situation comme celle-là, tu essaies d’en faire tellement pour montrer que tu as ta place dans l’équipe, ça te nuit plus qu’autre chose. »

— Une citation de  Jake Allen à propos des jeunes défenseurs du CH

Il y a là trois jeunes défenseurs qui touchent du bout du doigt à leur rêve. Trois jeunes qui savent fort bien que l’équipe ne pourra pas se passer d’eux cette saison, enfin, de certains d’entre eux à tout le moins.

En entrevue avec Radio-Canada Sports la semaine dernière, le directeur général Kent Hughes a disserté abondamment de la meilleure façon d’intégrer de jeunes arrières à son groupe. C’est l’évidence à ce point-ci. Il ne s’agit pas de savoir s’il y en aura dans l’équipe, mais combien et, surtout, lesquels.

La blessure à Joel Edmundson, atteint au dos à nouveau, demeure mystérieuse et imprévisible.

Dans ce contexte, Hughes et Jeff Gorton devront peut-être se résoudre à amorcer la saison avec trois arrières recrues, ce qu’ils souhaitaient éviter.

Au groupe de trois préalablement cité, on peut ajouter le nom d’Arber Xhekaj. Et, qui sait, peut-être même celui de Madison Bowey, lui-même sur la touche pour le moment, destiné originalement à la Ligue américaine, mais fort de 158 matchs dans le circuit Bettman le rendant soudainement plus intéressant.

Dans le contexte, les moindres gestes de tous ces jeunes prétendants sont scrutés à la loupe. Dans l’ensemble, les intervenants consultés après le match, de Cole Caufield à Mike Matheson en passant par l’entraîneur Martin St-Louis, ont eu de bons mots pour tous. St-Louis servant tout de même cette mise en garde.

C’est un trop petit échantillon, mais c’est bien de les voir jouer l’un à côté de l’autre. Mais un match n’est pas assez. Un jour tu penses que tel gars est en avant, le lendemain c’est le contraire, a noté l’entraîneur.

Chacun a mis ses qualités en valeur. Le coup de patin de Guhle lui a permis de se démarquer et d’offrir une superbe chance de marquer grâce à une passe dans l’enclave après avoir débordé le défenseur. L’intelligence et la patience de Harris sautent aux yeux. Idem de la fluidité sur patins de Barron, peut-être un peu plus inconstant que les deux autres pendant la rencontre.

S’il y en a un qui semble ressentir la pression de l’occasion, c’est lui, pour l’instant. Mais le camp n’est que naissant.

Dans l’ensemble toutefois, pas d’erreurs majeures, rien qui accroche l’œil et fait grincer des dents, malgré beaucoup de temps de glace (22 minutes pour Barron, 20 pour Harris et 17 pour Guhle).

Il faut les juger en fonction du contexte particulier, a prévenu Matheson.

Ce n’est pas facile parce que tu veux tellement réussir. Tu veux être à ton mieux, mais parfois tu vas forcer les choses. Comme défenseur, c’est aussi bon quand tu arrives à la fin du match et que les gens disent : "Ah, je ne l’ai pas vraiment vu." Ça peut être une bonne affaire. Se rappeler ça et se souvenir que tu es là pour une raison, a dit le vétéran de 28 ans.

Puis, il y a eu ceux d’Allen, le grand sage de ce vestiaire tout juste rouvert aux journalistes.

Tu as besoin d’expérience pour progresser. Et si c’est ce que ça prend pour que ces gars-là deviennent de meilleurs joueurs, de meilleures personnes, ainsi soit-il. Mon travail est d’être là, à l’arrière, et de stabiliser le jeu pour eux. D’être un meneur aussi, sur et hors glace. C’est ma job. C’est une belle occasion pour eux. Les occasions dans cette ligue sont parfois difficiles à obtenir pour les jeunes. Certains passent une carrière sans en avoir. Ils ont une belle chance devant eux, a-t-il rappelé.

Bref, le train passe actuellement pour les trois jeunes hommes. Il reste à voir qui sera en mesure de sauter dedans et de ne pas se contenter de regarder passer la parade.

Étonnant Beck

Ils attendaient Juraj Slafkovsky, les amateurs ont finalement eu Owen Beck. Non pas que le grand Slovaque ait démérité, loin de là, il faudra lui laisser du temps, mais le jeune centre de Port Hope en Ontario sait se faire remarquer.

Des joueurs de hockey s'enlacent.

Juraj Slafkovsky, du Canadien de Montréal, enlace son compatriote slovaque Tomas Tatar, des Devils du New Jersey, sous le regard d'un autre Slovaque, Filip Mesar.

Photo : Reuters / Eric Bolte

C’est une chose de briller au tournoi des recrues, mais une autre de continuer à le faire en matchs préparatoires dans la LNH. Pour souligner son bon travail, et puisque Nick Suzuki est blessé, St-Louis a décidé de l’insérer entre Caufield et Mike Hoffman.

Il a saisi l’occasion, a admis son entraîneur, particulièrement impressionné par son taux de succès de 59 % dans le cercle des mises au jeu. On pourrait ajouter sa patience, son instinct et sa maturité en zone défensive, et une qualité de tir sous-estimé comme nous l’a rappelé sa dégaine vive et sèche en troisième période qui a terminé sa course sur le poteau.

Beck a admis avoir été un peu en admiration devant ses partenaires de trio quand il a appris la nouvelle lundi matin. Il a ajouté qu’il lui faudra s’ajuster à ce rythme de jeu. Qu’avec le temps, le jeu ralentira.

Je n’aurai pas peur de faire des erreurs et je serai davantage dans le moment présent, a-t-il renchéri.

Puis, un collègue a osé lui demander s’il pensait pouvoir être un membre du CH dès cette saison.

Ce n’est pas hors d’atteinte, a-t-il dit du bout des lèvres, mais c’est évidemment très, très difficile.

Puis il a cité Ryan O’Reilly, choix de deuxième tour, comme lui, qui a joué dans cette ligue à 18 ans. On lui a soufflé à l’oreille l’exemple de Patrice Bergeron.

On s’amuse, on s’amuse. Pour l’instant, Mississauga l’attend. Mais ne lui dites pas. Il a bien le droit de rêver.

En rafale

Des hauts et des bas pour Slafkovsky dans ce premier match préparatoire. Des qualités en protection de rondelle indéniable, mais quelques petites erreurs de lecture de jeu aussi. La complicité avec Kirby Dach n’était pas à point, les deux joueurs ayant joué pour la première fois ensemble le matin même.

Parlant de Dach, ce n'était pas la catastrophe annoncée pour les mises au jeu (44 %). Il a été l'un des pivots les moins efficaces de la ligue à ce chapitre depuis le début de sa carrière il y a trois ans, mais il a encore un peu d’ajustements à faire avant de lancer sa saison. Il a commis un revirement bien juteux dans sa zone en première période, a tenté quelques passes à l’aveuglette et semblait, en général, pas tout à fait alerte. Réservons notre jugement.

Matheson a bien paru grâce à son coup de patin hors pair. Le défenseur a joué près de 26 minutes. Martin St-Louis, qui se demandait s’il ne l’avait pas fait trop jouer pour un match préparatoire, s’est rassuré en jetant un œil à la feuille de statistiques.

J’ai vu que Damon Severson de l’autre bord avait aussi joué 25 minutes. Je ne suis pas fou.

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