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Jamie Chadwick pourrait être encore titrée en W Series et rêve toujours de F1

Une pilote de la W Series sourit, les bras croisés.

Jamie Chadwick

Photo : Williams F1

Radio-Canada

Jamie Chadwick pourrait remporter dimanche son troisième titre d'affilée en W Series. Le championnat réservé aux femmes pilotes reprend sa saison à Singapour dans le cadre du week-end de F1.

Lors de la dernière course, en Hongrie, la Britannique a gagné un duel serré avec sa compatriote Alice Powell.

Chadwick domine cette troisième saison de la W Series. Elle pilote pour l'équipe Jenner Racing de l'ancien champion olympique du décathlon à Montréal en 1976, Bruce Jenner, devenu Caitlyn en 2015.

La pilote de 24 ans a une avance de 75 points en tête du classement, après être montée à Budapest pour une 13e fois d'affilée sur un podium de la W Series.

Avec sa cinquième victoire, Powell est remontée au 2e rang du classement à égalité de points avec la Néerlandaise Beitske Visser.

Deux pilotes en combinaison et en casquette discutent.

Alice Powell et Jamie Chadwick en pleine discussion lors d'un week-end de la W Series

Photo : Getty Images / Mark Thompson

Il reste quatre courses à disputer, soit un total de 100 points à aller chercher. Donc, une victoire de Chadwick sur le circuit urbain de Singapour lui donnera automatiquement le titre.

Si Alice Powell l'emporte et la devance à l'arrivée, il y aura 68 points d'écart avec 75 points à inscrire dans les trois dernières courses, et Jamie Chadwick devra attendre avant de recevoir sa troisième couronne.

La W Series, vitrine ou réel outil de promotion des femmes pilotes?

La W Series fait rouler les femmes pilotes durant les week-ends de F1 pour leur donner de la visibilité. L'envers de la médaille est que la F1 limite le temps de piste des pilotes inscrits dans les autres courses.

Si les courses de la W Series ne sont que de 30 minutes plus un tour, c'est que la F1 ne veut pas leur donner plus, en raison d'un horaire trop chargé, dit-on. Or, les femmes pilotes n'ont pas besoin de multiplier les séances d'autographes, elles ont surtout besoin de temps de piste pour se développer.

Techniquement, les monoplaces de la W Series sont des F3 monotype de la marque italienne Tatuus. Seuls les réglages sont à la discrétion des équipes. La W Series n'a donc pas la même valeur que le Championnat européen FIA de F3 qui bénéficie de budgets déjà importants pour développer les monoplaces.

Une voiture roule sur un circuit et négocie sur le vibreur intérieur un virage à droite.

Jamie Chadwick au circuit Paul-Ricard

Photo : Getty Images / Clive Rose

Une des équipes référence en F3, Prema, avait permis à Lance Stroll de remporter le titre en 2016 grâce au soutien financier de son père à l'équipe italienne. Le jeune Québécois avait enregistré 14 victoires en 30 courses.

Son titre acquis en piste et l'argent de son père lui avaient permis de passer directement en F1 en 2017 avec Williams qui manquait cruellement de budget à l'époque.

Jamie Chadwick n'a pas la fortune de famille dont jouit Lance Stroll, mais elle aimerait casser le plafond de verre qui bloque les femmes pilotes d'accéder à la F1.

Elle aimerait beaucoup contredire le président du groupe Formula One, Stefano Domenicali, qui croit que la F1 n'accueillera aucune femme pilote dans les cinq prochaines années.

La Britannique est déjà dans l'équipe de développement de l'équipe Williams, tout comme l'était Lance Stroll, mais son rôle se réduit à faire du travail dans le simulateur et de la représentation sur les circuits. Elle n'a encore jamais tourné dans une F1 sur circuit.

Une jeune femme regarde la caméra et sourit, les bras croisés, dans l'uniforme d'une équipe de F1.

Jamie Chadwick, pilote de développement de l'équipe Williams

Photo : Williams F1

Elle n'arrive pas à avoir le budget pour un volant dans le Championnat européen FIA de F3.

Les deux premiers titres en W Series de Jamie Chadwick lui ont rapporté 1 million de dollars (500 000 $ pour le titre, 250 000 pour la deuxième place et 125 000 pour la troisième place). Son troisième titre lui rapportera à nouveau 500 000 $, mais les commanditaires ne suivent pas.

Une saison en W Series ne coûte rien aux pilotes. Elles sont sélectionnées uniquement grâce à leur coup de volant.

Une saison de F3 coûte entre 900 000 et 1 500 000 $. Une saison de F2 coûte entre 2,3 millions et 4,5 millions de dollars.

Il y a 30 pilotes inscrits en F3, soit trois par équipe, mais aucune femme.

Une seule femme est aujourd'hui inscrite en F2 : la Colombienne Tatiana Calderon avec Charouz Racing. Elle remplace le pilote turc Cem Bölükbasi (obligé de céder son volant par manque de résultat) depuis la course de Spa-Francorchamps.

Après avoir terminé en 2018 au 16e rang du Championnat GP3, rebaptisé depuis F3, la pilote colombienne avait atteint la F2 en 2019, année de création de la W Series qui ne l'intéressait pas étant déjà en F2.

Elle n’avait pas inscrit de point, mais avait mené une course, la première femme à le faire en F2. Mais ce petit moment de gloire ne lui a rien rapporté. Privée de budget, elle a dû quitter la F2.

La Colombienne s'est tournée vers l'IndyCar et le Japon en 2020 et 2021 avant d'obtenir cet été une nouvelle chance en F2. Depuis son retour, elle a fini en 18e et 19e places à Spa, puis n'a plus apparu aux classements des courses.

Tatiana Calderon est l'une des rares femmes pilotes à avoir récemment roulé en F1. C'était lors d'une journée d'essais privés (sans lendemain) avec l'équipe suisse Alfa Romeo Sauber en 2019 dont elle était à ce moment-là la pilote d'essais.

Elle avait conclu en 2018 au 16e échelon du Championnat GP3.

Une pilote aux cheveux longs en combinaison est assise sur la roue avant gauche de sa monoplace devant un garage ouvert.

La Colombienne Tatiana Calderon

Photo : Sauber-Alfa-Roméo

Auréolée de ses deux titres en W Series, Jamie Chadwick n'a pas encore eu les chances qu'a obtenues Tatiana Calderon.

Chadwick est consciente qu'elle n'obtiendra une certaine légitimité que quand elle pourra battre les garçons dans un des championnats de promotion de la FIA, ce que n'est pas la W Series.

Chadwick a obtenu le 21 septembre un essai en Indy Lights, le championnat préparatoire à l'IndyCar, avec l'équipe Andretti Autosport. Elle a parcouru plus de 330 km au circuit routier de Sebring et a trouvé l'expérience « très physique ». Elle aimerait faire un essai sur ovale.

Une pilote casquée entre dans sa monoplace.

Jamie Chadwick lors de son essai Indy Lights à Sebring

Photo : Andretti Autosport

Trois jeunes pilotes de la W Series ont obtenu un essai en F3 les 16 et 17 septembre : l'Espagnole Nerea Marti, la Britannique Abbi Pulling, la protégée d'Alice Powell, et l'Américaine Chloe Chambers, la coéquipière de Chadwick.

La Britannique n'y a pas participé, préférant accepter l'invitation d'Andretti Autosport, qui soit dit en passant cherche par tous les moyens à faire le saut en F1. Prendra-t-elle la direction du continent américain après avoir acquis son troisième titre en W Series?

Elle veut saisir la moindre occasion qu'on lui donne de tourner, pour ne pas avoir l'impression qu'on bloque encore la voie aux femmes pilotes, a-t-elle expliqué à la presse spécialisée avant le week-end de course à Singapour.

Un volant en Indy Lights en 2023 lui permettrait de tourner beaucoup, dans des monoplaces qui sont plus lourdes, plus dures à piloter que les F3. C'est ce dont Jamie Chadwick a maintenant le plus besoin: avaler les kilomètres sur circuit, ce que la W Series ne peut pas lui offrir, et ce qui lui manque pour se développer.

Tant que je ne pourrai pas tourner et me développer techniquement et physiquement, la F1 restera un très lointain objectif, admet-elle.

Si je n'y arrive pas, je suis pas mal certaine qu'une autre pilote aura la chance de casser le plafond de verre, et ça incitera les jeunes filles à poursuivre leurs efforts, conclut-elle.

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