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Le jeune prodige belge Remco Evenepoel sacré champion du monde

Le cycliste belge, avec un casque rouge et un maillot aux couleurs de son pays, serre les poings lorsqu'il franchit le fil d'arrivée.

Remco Evenepoel a pris le large à près de 30 km de la fin de la course pour s'imposer en solitaire aux Championnats du monde de cyclisme sur route.

Photo : AFP / DIRK WAEM

Agence France-Presse

Irrésistible, le jeune prodige belge Remco Evenepoel est devenu champion du monde dimanche, à Wollongong, en Australie, au terme d'un raid en solitaire de plus de 30 kilomètres devant le Français Christophe Laporte.

Le Flamand de 22 ans offre à son pays son premier titre mondial en 10 ans après être déjà devenu, il y a deux semaines à la Vuelta, le premier Belge à remporter un grand tour en 44 ans.

Il s'est imposé en solitaire avec 2 min 21 s d'avance sur le premier peloton réglé par Laporte, après 266,9 kilomètres d'une course disputée sous un soleil éclatant.

Je suis super heureux. Je rêvais d'être champion du monde. Un monument, une classique, un grand tour, le mondial... J'ai tout gagné cette année, c'est incroyable, a dit celui qui a aussi remporté Liège-Bastogne-Liège au printemps et la Classica San Sebastian cet été.

Le Belge succède au palmarès au Français Julian Alaphilippe, son coéquipier dans Quick-Step à l'année, qui avait remporté les deux dernières éditions, mais n'a pu se mêler à la lutte pour les premières places cette fois.

Pour moi, c'est un mélange de plein d'émotions. J'avais pris le temps de m'imaginer sans maillot la semaine prochaine. Ça me fera encore plus apprécier les moments que j'ai eus avec ce maillot, a dit Alaf, qui a chaleureusement félicité son successeur, le plus fort aujourd'hui, à l'arrivée.

La course a aussi été marquée par l'abandon précoce de Mathieu van der Poel, un des grands favoris, mais qui n'avait plus de forces au bout d'une trentaine de kilomètres après avoir passé une partie de la nuit au commissariat.

Le Néerlandais est accusé d'avoir poussé deux adolescentes qui l'empêchaient de dormir, dans le couloir de sa chambre d'hôtel. Arrêté et inculpé pour deux cas d'agression, il doit comparaître mardi devant un tribunal australien.

Evenepoel a fait la différence à 35 kilomètres de l'arrivée en s'extirpant d'un groupe de 25 coureurs qui avaient pris les commandes et comptaient environ deux minutes d'avance sur le peloton des principaux favoris.

Très remuant depuis le début de l'étape, impressionnant de puissance, Evenepoel a seulement été accompagné du Kazakh Alexey Lutsenko, qu'il a ensuite lâché dans l'avant-dernière montée du Mount Pleasant, sur le circuit urbain de Wollongong.

Je sentais que j'étais le plus fort, il n'y avait pas de temps à perdre sur un tel circuit, après j'ai continué à pousser, a expliqué Evenepoel.

Passé en mode contre-la-montre, le médaillé de bronze du chrono de dimanche dernier n'a cessé d'étendre son avance pour gagner le droit de savourer longuement son exploit.

Il a franchi la ligne, le doigt sur la bouche, comme pour faire taire les critiques, nombreuses dans son pays.

Pour la Belgique, c'est en effet une revanche éclatante sur l'année dernière où l'équipe s'était liquéfiée à domicile sous la pression et la rivalité entre Evenepoel et Van der Aert.

L'autre grand leader flamand, 4e dimanche, devra donc attendre au moins un an de plus pour espérer décrocher le maillot arc-en-ciel qui le fait rêver.

Aujourd'hui, on a couru en équipe, c'était pour lui ou pour moi. L'attaque de loin a payé, on le mérite, a ajouté Evenpoel.

Les Français, qui avaient animé tout le début de course et comptaient trois coureurs dans le groupe de tête (Bardet, Sivakov, Pacher), n'ont pas réussi à revenir sur Evenepoel, mais ils voient leurs efforts être récompensés par la médaille d'argent de Christophe Laporte.

Quand j'ai passé la ligne, je ne savais pas vraiment à quelle place j'étais [...] On peut être vraiment satisfaits. Tout n'était pas parfait, mais Remco était vraiment le plus fort aujourd'hui, a conclu le coureur de la Jumbo-Visma.

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