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La santé mentale avant les succès sportifs, insiste Michael Phelps

Ses pieds touchent encore le plot de départ.

Michael Phelps au départ du 200 m papillon qu'il a gagnée le 13 août 2008.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Agence France-Presse

L'ancien nageur Michael Phelps, sportif le plus titré des Jeux olympiques, « voyage partout dans le monde » pour alerter sur la condition mentale des athlètes, une mission « beaucoup plus importante que de gagner une médaille d'or », selon le principal intéressé.

À 37 ans, le requin de Baltimore s'est forgé une nouvelle carrière loin des bassins. Je préférerais avoir l'occasion de sauver une vie plutôt que de remporter une nouvelle médaille d'or, explique-t-il à l'AFP pendant son passage au forum Demain le sport, à Paris.

Après des années durant lesquelles il a caché sa dépression, Phelps dédie sa nouvelle vie à la prévention pour la santé mentale des sportifs. Beaucoup trop d'athlètes olympiques se sont suicidés. Je ne veux plus perdre un seul membre de ma famille olympique, dit-il.

Phelps a commencé à souffrir d'une dépression en 2004 lorsqu'il disputait les Jeux olympiques d'Athènes. En Grèce, l'Américain avait pourtant remporté huit médailles, dont six en or, le début d'une moisson conclue aux Jeux de Rio, en 2016, avec une récolte de 28 médailles, dont 23 titres.

Disputer des compétitions était ce que je préférais. J'étais un requin, je sentais le sang dans l'eau, et je continuais, admet-il. Mais à l'époque, il craignait qu'avouer ce qu'il subissait ne soit vu comme un signe de faiblesse et puisse donner un avantage aux autres compétiteurs.

J'ai vécu une période pendant laquelle je ne voulais pas vivre, avoue-t-il.

Engagé dans la réalisation du documentaire Le poids de l'or sur la santé mentale des sportifs, Phelps salue la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka et la gymnaste américaine Simone Biles pour avoir révélé leurs maux intérieurs.

J'applaudis Naomi. Elle a exprimé ce qu'elle vivait sur ses réseaux sociaux, avec ses propres mots. Ce n'est pas la chose la plus facile à faire, ajoute-t-il.

Quand on regarde ce qu'il s'est passé avec Simone Biles, elle a dû endurer tout ça durant l'un des moments les plus importants de sa carrière, mentionne-t-il.

Ça montre à quel point les troubles mentaux interviennent à des moments inattendus. Ça peut survenir comme ça, dit-il en claquant ses doigts.

On a besoin de plus de gens prêts à s'ouvrir et à partager leur expérience, affirme Phelps.

Ce père de trois garçons de 6, 4 et 3 ans a une vie qui ne s'arrête jamais, avec sa femme Nicole. Je voyage dans le monde pour travailler avec des commanditaires ou pour donner des discours de motivation.

[Nicole] pourrait vous dire qu'il y a des jours où je me réveille et je me sens très bien. Et le lendemain, je pourrais me réveiller et être complètement différent, donc il s'agit vraiment pour moi de trouver un équilibre, indique-t-il.

Outre ses conférences, Phelps cherche des voies pour être lui-même, authentique.

Je nage. On a construit une salle de sport dans notre garage. J'écris un journal, renchérit-il.

Phelps a pris sa retraite en 2016, après avoir interrompu sa carrière pendant deux ans. Ça m'a permis d'effectuer une transition vers le prochain chapitre qui est désormais tourné vers la santé mentale.

Concernant la possibilité d'amorcer une carrière d'entraîneur, Phelps a balayé l'idée du revers de la main, assurant qu'il n'y avait aucune chance qu'il marche dans les pas de son ancien instructeur Bob Bowman.

Il n'écarte toutefois pas l'idée d'avoir un rôle dans l'équipe américaine ou à la Fédération internationale de natation, mais pas maintenant.

Beaucoup de choses doivent se passer, il doit y avoir du changement, indique-t-il.

Loin des bassins, Phelps continue pourtant de suivre l'actualité de la natation et est favorable à une catégorie ouverte pour les nageurs et nageuses transgenres.

Je crois qu'il devrait y avoir trois classes : hommes, femmes et transgenres, pour donner à tout le monde des chances égales de concourir, conclut-il.

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