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Van Vleuten championne du monde, Boilard 4e chez les U-23

La Néerlandaise a fait fi d’une fracture au coude pour signer une victoire d’anthologie.

La cyclise sourit à pleines dents, alors qu'un membre de son équipe s'apprête à lui faire une accolade, après la course.

Malgré une fracture du coude, Annemiek Van Vleuten a remporté un deuxième titre mondial.

Photo : AFP / DIRK WAEM

Agence France-Presse

Une leçon de courage et d'intelligence pour un exploit d'un autre temps : Annemiek van Vleuten, vedette du cyclisme féminin, a traversé « l'enfer » samedi à Wollongong pour devenir championne du monde malgré une fracture au coude droit.

Dans la catégorie U-23, Simone Boilard a terminé 4e à 12 secondes de la gagnante, la Néo-Zélandaise Niamh Fisher-Black. La Québécoise a pris le 22e rang au classement général (élite et U-23 confondues).

La Britannique Pfeiffer Georgi a gagné l’argent. L’Allemande Ricarda Bauernfeind a pris la 3e place, avec le même chrono que Boilard.

J’essaye de relativiser en me disant que je peux être contente de ma course , a-t-elle dit à l’agence Sportcom. Des problèmes de visas avaient mis en péril sa participation, cette année, en Australie, mais elle a pu rallier le départ.

C’était beaucoup de stress et je n’avais pas beaucoup dormi ni roulé. Ça n’a pas été la préparation idéale, mais je peux être super contente de la façon dont nous avons roulé […] Je suis satisfaite, mais c’est aussi doux-amer. Mais bon, c’est fait maintenant.

La catégorie U-23 féminine était présentée pour la première fois aux mondiaux de l’Union cycliste internationale, mais la course était disputée en même temps que la catégorie élite.

Ce n’est pas le meilleur format de course si on veut, a reconnu Boilard. Mais le meilleur moyen de le jouer, c’était de penser à courir la course élite le mieux possible et ensuite voir la situation au dernier tour. C’est bizarre, car c’est un peu une course dans une course. J’espère que dans les prochaines années ils vont faire un vrai format avec une vraie course. Ce sera mieux pour tout le monde.

En 2018, Boilard avait reçu le bronze à l’épreuve sur route des mondiaux juniors.

Simone Boilard sur son vélo devance 3 cyclistes.

Simone Boilard lors de la 4e étape du Tour de France.

Photo : Capture d'écran - Facebook / St Michel - Auber 93

La Néerlandaise, qui s'était blessée mercredi en chutant au départ du relais mixte, s'est extirpée d'un groupe d'une douzaine de coureuses à moins d'un kilomètre de l'arrivée pour s'imposer devant la Belge Lotte Kopecky et l'Italienne Silvia Persico.

Avec ce deuxième sacre mondial, après celui de 2019, elle parachève à bientôt 40 ans une saison triomphale qui l'a vue remporter les trois grands tours, de France, d'Espagne et d'Italie ainsi que Liège-Bastogne-Liège.

Je ne peux pas y croire. J'étais censée faire porteuse d'eau aujourd'hui avec ma fracture au coude. Et me voilà championne du monde, a-t-elle lancé avec le regard extatique.

La rejoignant sur la ligne d'arrivée, ses coéquipières, Ellen van Dijk, championne du monde du contre-la-montre dimanche dernier et l'éternelle Marianne Vos, qui en ont pourtant vu d'autres, n'en revenaient pas non plus.

Certes, leur compatriote avait déjà prouvé qu'elle était une sacrée dure au mal. En 2018, aux mondiaux d'Innsbruck, elle avait roulé les 100 derniers kilomètres avec une fracture de la rotule pour quand même finir 7e.

Samedi, on est entré dans une autre dimension. C'est ma plus belle victoire. Je suis passée du cauchemar au rêve. Jamais je n'ai imaginé une seule seconde qu'il était possible que je gagne cette course. Tous mes rêves étaient brisés lorsque je me suis cassé le coude, a souligné celle qui a pris le départ malgré sa fracture sans déplacement au coude droit pour aider les copines.

Ce n'est pas pour moi aujourd'hui, je suis incapable de me mettre en danseuse, avait-elle expliqué quelques minutes avant la course.

Dans des conditions humides, elle s'est appuyée sur toute sa science et sur son expérience, sur un parcours sélectif de 164,3 km.

Incapable de se dresser sur ses pédales, elle a été lâchée plusieurs fois dans le Mount Pleasant, la côte du circuit urbain, longue d'un peu plus d'un kilomètre (avec une pente moyenne de 7,7%) à escalader à six reprises.

C'était l'enfer, j'ai dû faire toute la course assise sur ma selle, mes jambes explosaient dans les montées, a-t-elle raconté.

La Néerlandaise ne s'est jamais affolée, zigzaguant dans les pourcentages les plus sévères, pour toujours rester au contact. Et lorsque son groupe de chasse a fait la jonction avec les cinq échappées peu avant la flamme rouge, elle a tout à coup surgi de derrière, toujours assise, pour partir en facteur et duper tout le monde.

Ce n'est qu'à quelques mètres de la ligne qu'elle s'est mise en danseuse au prix d'un ultime effort, au-delà de la douleur, pour arracher le droit de courir sa dernière saison professionnelle, l'année prochaine, avec le maillot arc-en-ciel.

C'est ce qu'il y a de plus beau. En 2020, je n'ai pas pu courir beaucoup avec le maillot de championne du monde sur le dos à cause de la COVID. Là, je vais en profiter à fond, a-t-elle dit.

Pour la surpuissante équipe néerlandaise, victorieuse désormais de cinq des six dernières éditions de la course en ligne, c'est un deuxième triomphe dans ces mondiaux après le succès d'Ellen van Dijk dans le contre-la-montre.

C'est le 14e titre dans l'épreuve reine pour les Pays-Bas depuis la première édition remportée par la Luxembourgeoise Elsy Jacobs en 1958.

Alison Jackson a été la meilleure Canadienne dans la catégorie principale. Elle a terminé en 18e place, à 13 secondes de Van Vleuten.

Avec les informations de Sportcom

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