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Roger Federer dit adieu au tennis entouré de ses grands rivaux et amis

Un homme soulevé sur les épaules d'une dizaine de joueurs.

Roger Federer porté en triomphe par l'équipe d'Europe après le dernier match de sa carrière.

Photo : Getty Images / GLYN KIRK

Agence France-Presse

Roger Federer avait choisi de mettre fin à 25 ans de carrière aux côtés de Rafael Nadal lors d'un match de double à la Coupe Laver. Le Suisse aux 20 titres du grand chelem n'aura pas été en mesure d'accrocher une dernière victoire à son immense palmarès, vendredi soir, à Londres.

Le dernier match de sa carrière s'est soldé par une défaite 6-4, 6-7 (2/7), 9-11 contre les Américains Jack Sock et Frances Tiafoe.

À 41 ans, avec 103 titres sur le circuit de l'ATP, dont 20 du grand chelem, 310 semaines en tête du classement, dont 237 d'affilée lors de sa plus longue période de règne, l'empreinte du roi Federer sur le tennis n'est pas près de s'estomper.

Roger Federer dit au revoir.

Le dernier point de la carrière de Roger Federer.

Photo : AP / Kin Cheung

Le Suisse, qui avait annoncé il y a une semaine qu'il allait tirer sa révérence en raison d'un genou droit qui le fait trop souffrir, n'a pu retenir ses larmes après le match en recevant l'hommage des 17 000 spectateurs de l'O2 Arena.

Un immense frisson a parcouru la salle de sport britannique au moment de sa dernière entrée sur un court en tant que joueur de tennis professionnel, sous les yeux de sa famille, forcément émue, dans les tribunes.

Federer avait choisi la Coupe Laver, un match par équipe entre l'Europe et le reste du monde, qu'il avait contribuée à créer, à Londres, une ville témoin de certains de ses plus grands exploits à Wimbledon ou aux Masters de fin de saison, pour se retirer.

Après presque un an et demi sans jouer, un simple aurait été trop exigeant pour son physique entamé, mais un double, avec sa qualité de service, son toucher et son coup d'œil restaient tout à fait dans ses cordes.

Cela lui a permis aussi de s'entourer d'une équipe, et quelle équipe! Il avait à ses côtés Nadal, son grand rival et partenaire d'un soir, mais aussi Novak Djokovic et Andy Murray, deux joueurs de sa génération et qu'il a vu progresser jusqu'à contester sa supériorité et même le dépasser, ainsi que la relève, incarnée par Casper Ruud, Stefanos Tsitsipas et Matteo Berrettini, qui le remplacera pour la suite de la Coupe Laver.

Deux hommes en pleurs

Roger Federer et Rafael Nadal étaient en larmes pendant les cérémonies d'après-match, vendredi soir.

Photo : Getty Images / GLYN KIRK

La présence sur le banc de Björn Borg, comme capitaine, ainsi que celles de John McEnroe sur celui du reste du monde et de Rod Laver, premier joueur à avoir remporté deux fois les quatre grands chelems sur une année civile et à qui la compétition rend hommage, ne dépareillait dans cette fête du tennis.

La formule de la Coupe Laver, qui permet à toute l'équipe de s'approcher des joueurs lors des changements de côté pour prodiguer conseils ou encouragements, a donné une ambiance très conviviale à ce moment entre rivaux et amis.

Au bout de la route, les larmes

Je ne voulais pas me sentir seul là-bas, a dit Federer, la gorge serrée, à l'ancien joueur Jim Courrier, qui l'a interrogé sur le court sur ses derniers moments professionnels, qu'il a passés aux côtés de ses plus grands rivaux.

Cela a été une journée merveilleuse, je l'ai dit aux gars, je suis heureux, je ne suis pas triste. C'est merveilleux d'être ici, a-t-il assuré, malgré des yeux déjà brillants.

Je n'ai pas tellement été stressé, a-t-il assuré, même si, après un an et demi sans jouer et avec un genou droit qui l'a contraint à cette retraite, il craignait un pépin au mollet ou un dos bloqué pendant le match, donc je suis vraiment content de l'avoir fini.

Se penchant sur son parcours exceptionnel, il a assuré qu'il le recommencerait sans rien y changer.

Cela n'aurait jamais dû être comme ça, j'aimais juste jouer au tennis et passer du temps avec mes amis. Je n'aurais jamais pensé que ça terminerait ici. Cela a été un parcours parfait.

Le plus dur pour lui a été d'évoquer sa famille présente dans les tribunes.

On doit vraiment en passer par là, a-t-il demandé, avant de se raviser. Non, ça va, je m'en tire pas trop mal jusqu'ici, j'ai l'impression, au moins j'arrive à parler. Dans mes visions, je n'arrivais même pas à parler, a-t-il ajouté.

Il a notamment rendu hommage à sa femme, Mirka, rencontrée il y a 22 ans, qui l'a tellement soutenu.

Elle aurait pu m'arrêter il y a bien, bien longtemps. Mais elle ne l'a pas fait, elle m'a laissé continuer et m'a permis de continuer, c'était incroyable, merci, a-t-il réussi à glisser avant d'être submergé par les sanglots.

Un dernier vrai match

Le match en lui-même a parfois eu des airs de démonstration, mais ne pas jouer à fond et ne pas jouer son meilleur tennis aurait presque été un crime de lèse-majesté.

Jack Sock avait averti avant le match : On va profiter du moment, mais on ne retiendra pas nos coups, désolé Roger.

À 7-7 dans le super bris d'égalité, Tiafoe n'a d'ailleurs pas hésité à allumer Roger Federer au filet et encore Nadal à 9-9.

Avant cela, c'était sur une volée de coup droit gagnant que Federer a offert aux siens la balle de première manche, remportée sur un de ses coups de dépassement que Sock n'a pas su retourner pour le plus grand plaisir du public.

Roger Federer avec Rafael Nadal.

Le dernier match de la carrière de Roger Federer avec Raphael Nadal contre Jack Sock et Frances Tiafoe.

Photo : getty images for laver cup / Clive Brunskill

Quelques ratés inhabituels sont tout de même venus rappeler que le maître n'est plus tout à fait aussi performant et la deuxième manche perdue au bris d'égalité a permis de retarder encore un peu l'échéance.

Le super bris d'égalité (qui remplaçait la troisième manche dans ce format) a été un chassé-croisé intense, Federer servant pour remporter le match à 9-8, mais ce sont finalement les Américains qui ont un peu gâché la fête.

Les larmes ont rapidement submergé Federer qui a reçu une ovation de tout le public.

En regard de la carrière incroyable et de l'importance qu'il aura eue dans l'évolution de ce sport au 21e siècle, cette défaite sera une péripétie et lui-même s'est dit prêt à sa nouvelle vie qui a commencé dans la nuit londonienne.

Un homme en pleurs

Roger Federer salue une dernière fois la foule de l'O2 Arena.

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

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