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Près d’un an plus tard, Kia Nurse est enfin de retour au jeu à la Coupe du monde

Elle tient le ballon et tourne le dos à une joueuse espagnole.

Kia Nurse a représenté le Canada aux Jeux olympiques de Tokyo, à l'été 2021.

Photo : Getty Images / Gregory Shamus

Canadian Press

Blessée au genou droit pendant les séries de la WNBA en octobre dernier, la Canadienne Kia Nurse s'apprête enfin à renouer avec la compétition à la Coupe du monde, en Australie, après une saison blanche avec le Mercury de Phoenix.

L'arrière de 26 ans fera partie de la formation canadienne qui amorcera son tournoi face à la Serbie jeudi, puis se mesurera à la France, au Japon, à l'Australie et au Mali lors de la phase de groupe.

Ce sera sa première présence avec ses compatriotes depuis leur difficile passage à Tokyo, où elles n'ont pas été en mesure de franchir le tour préliminaire. C'est surtout sa première présence en compétition depuis sa déchirure ligamentaire au genou droit subie en demi-finales de la WNBA le 6 octobre dernier.

En fin de saison, Kia Nurse avait repris l'entraînement avec le Mercury de Phoenix, éliminé au premier tour par les éventuelles championnes, les Aces de Las Vegas, couronnées dimanche soir. Mais elle n'a jamais été près d'un retour au jeu.

Sa cinquième saison dans la WNBA n'aura jamais été, comme celle de sa coéquipière Brittney Griner, emprisonnée en Russie depuis plus de 200 jours.

Nous avons traversé l'enfer sur terre cette année en équipe, a confié Nurse en vidéoconférence depuis Sydney. Et ne pas pouvoir être là-bas avec elles a été l'une des choses les plus difficiles et c'est dans ce domaine que ma patience a été mise à l'épreuve. Je n'ai pas été aussi patiente que je l'aurais souhaité, mais c'est un processus et même à ce stade-ci, je ne peux rien faire pour l'accélérer.

Il y a eu beaucoup de bonnes journées, beaucoup de mauvaises journées, beaucoup de pleurs, beaucoup de colère, mais aussi beaucoup de petites victoires en cours de route, a-t-elle raconté. Physiquement, le processus s'est plutôt bien passé. Mais mentalement, ç'a été difficile. Il y a eu des hauts et des bas.

Kia Nurse a passé plusieurs mois de sa période de rééducation chez elle en Ontario, profitant du soutien de son copain John Robinson IV et de sa famille.

John, le pauvre, a partagé tous mes bons jours, et il a enduré mon humeur des mauvais jours, a dit en rigolant Nurse, qui jouait l'hiver en Australie, à Canberra, avant le début de la pandémie.

La Canadienne attrape le ballon devant la Française Valériane Ayayi.

Kia Nurse

Photo : Getty Images / Andrej Isakovic

Elle a aussi cherché conseil auprès de son frère Darnell, défenseur des Oilers d'Edmonton, et de son oncle Donovan McNabb, un vétéran de 13 ans de la NFL qui s'est également déchiré le ligament croisé antérieur.

La vétérane Natalie Achonwa, victime du même type de blessure à sa dernière saison à Notre-Dame, a rassuré Nurse en lui disant de ne pas se mettre de poids sur les épaules.

Elle a fière allure, a constaté Achonwa. Je dis à Kia tous les jours qu'elle a juste besoin d'être elle-même. Je suis passée par là et je réalise la tension mentale et émotionnelle que cela demande.

Kia a très bien fait à l'entraînement et dans nos deux matchs hors-concours (contre la Chine et Porto Rico). Je suis si contente de la voir et d'être de nouveau sur le terrain avec elle, a-t-elle poursuivi.

Malgré sa progression Kia Nurse ne pourra contribuer au même niveau qu'à l'accoutumée à l'équipe canadienne. Elle sera limitée dans le nombre de minutes qu'elle pourra jouer chaque match. J'aimerais ne pas avoir à me soucier de ces restrictions de minutes, mais je n'en ai pas le droit, a-t-elle souligné.

Physiquement, Nurse a noté que, comme elle a été confinée à la salle de musculation pendant une grande partie de sa rééducation, elle est plus forte que jamais. Elle a ajouté qu'elle n'a pas oublié comment passer, dribler ou tirer, il s'agit maintenant de pouvoir tout exécuter plus rapidement.

Mentalement, elle dit avoir réalisé qu'elle était vraiment résiliente.

Une année sans jouer, une saison sans BG

Au début du mois d'août, quand Brittney Griner a été condamnée à neuf ans de prison en Russie, Kia Nurse et ses coéquipières du Mercury ont suivi la déchirante procédure judiciaire sur leur téléphone dans le vestiaire.

Le Mercury a accueilli le Sun du Connecticut plus tard ce jour-là, et les joueuses des deux équipes se sont enlacées au centre du terrain avant le match pour un moment de silence de 42 secondes, un clin d'œil au numéro du chandail de Griner.

Les joueuses sont en cercle.

Les coéquipières de Brittney Griner lors de leur hommage à la suite de sa condamnation à 9 ans de prison en Russie.

Photo : AP / Sarah Gordon

C'était vraiment difficile de jouer ce match. Je ne sais pas comment mes coéquipières ont fait. C'était vraiment difficile de jouer une saison entière sans elle, a reconnu Nurse.

Elle a refoulé ses larmes lorsqu'elle se remémorait les jours les plus sombres de la saison.

BG est la meilleure des meilleures parmi les êtres humains, a-t-elle confié à propos de Griner, huit fois membre de l'équipe d'étoiles de la WNBA, reconnue coupable de possession et de trafic de drogue après qu'on eut trouvé moins d'un gramme d'huile de cannabis dans ses bagages.

C'était énorme de ne pas l'avoir sur le terrain cette saison, de ne pas profiter de son attitude, de son énergie et le fait qu'elle ne soit pas encore à la maison est décourageant. Nous avons fait de notre mieux comme équipe pour nous assurer que son histoire était connue, pour nous assurer que son nom était mis de l'avant le plus possible, mais vous allez à l'entraînement et vous vous demandez ce qu'elle fait.

Le Mercury a fait de son mieux en son absence.

Nous continuons à la garder dans nos prières, à garder sa famille dans nos prières, à nous assurer qu'elle sait qu'elle est aimée et qu'elle n'est pas oubliée et à mettre autant d'insistance que possible sur ceux qui ont le pouvoir de prendre les décisions pour la ramener à la maison, parce qu'elle est détenue à tort, de toute évidence, a encore affirmé Nurse.

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