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À ses premiers mondiaux, le spikeball rêve déjà des JO

Une partie de spikeball

La Belgique est l'hôte des premiers Championnats du monde de spikeball.

Photo : afp via getty images / JOHN THYS

Agence France-Presse

À l'occasion des premiers Championnats du monde de roundnet, appelé aussi spikeball, ce week-end à Houtalen en Belgique, le rêve de devenir une discipline olympique anime les organisateurs.

Le volleyball de plage l'a fait, pourquoi pas nous, a lancé Fre Eskens, organisateur des mondiaux de spikeball, qui réunit jusqu'à dimanche près de 400 joueurs de 33 pays.

Ils se disputent les premiers titres (hommes, femmes et mixte) de cette compétition originellement prévue en 2020, mais finalement reportée à 2022 à cause de la COVID-19.

Une Québécoise, Frédérique Crête, déjà qualifiée en 2020, fait d'ailleurs partie du lot des athlètes grâce à sa victoire aux Championnats canadiens. Elle forme depuis quelques années un duo avec l’Américaine Jordann Vigna, surnommé Black Ice sur le circuit de la Spikeball Roundnet Association, aux États-Unis.

Si cette ambition d'un jour se retrouver au programme des JO tient à l'heure actuelle surtout du fantasme, le spikeball fait toutefois partie des sports émergents en vogue auprès de la jeunesse du monde entier.

Un nombre grandissant d'amateurs

Sur les plages ou dans les parcs des grandes villes, il est de plus en plus fréquent d'assister à ce ballet de deux équipes de deux joueurs se renvoyant une balle souple en la faisant rebondir sur un trampoline de 91 centimètres de diamètre.

Le principe est simple : faire rebondir la balle sur ce filet avec, comme au volleyball de plage, un maximum de trois passes entre les deux joueurs d'une même équipe entre chaque rebond, tandis que l'équipe qui ne parvient pas à remettre la balle sur le filet perd le point.

Le roundnet s'appelle plus communément spikeball (un peu comme on parle de Kleenex pour évoquer un mouchoir en papier), du nom de la marque qui commercialise le matériel nécessaire à la pratique du sport.

Un matériel transportable dans un sac et relativement bon marché (le filet-trampoline coûte autour de 100 $) explique la popularité croissante d'une discipline dont on ignore toutefois le nombre réel de pratiquants. Mais l'on sait que les tournois aux États-Unis rassemblent plus de 6000 licenciés, contre 5000 en Allemagne, selon la Fédération internationale (IRF).

L'équipement nécessaire à la pratique du spikeball

L'équipement nécessaire à la pratique du spikeball

Photo : Facebook/spikeballsherbrooke

Les débuts de ce sport ont pourtant été poussifs.

Le roundnet a été créé en 1989 par un concepteur américain de jouets, Jeff Knurek, qui abandonnera toutefois son projet en 1991 faute d'avoir trouvé un public pour son idée.

Il faudra attendre 2007 pour voir la pratique du spikeball véritablement démarrer grâce à un autre Américain, Chris Ruder, qui suscite la curiosité sur les plages d'Hawaï avec son petit trampoline.

Ruder prend l'initiative de relancer la commercialisation du spikeball, qui n'est alors protégé par aucun brevet, en offrant des filets à des écoles de sport et en misant sur le bouche-à-oreille pour gagner en popularité.

Par les réseaux sociaux, une véritable communauté d'adeptes voit rapidement le jour et des clubs naissent très vite sur tous les continents.

En 2013, l'entreprise Spikeball génère un million de dollars de chiffre d'affaires même si la société ne compte... aucun employé à plein temps.

En 2014, un premier championnat des États-Unis est organisé et la pratique du spikeball connaît une croissance exponentielle dès 2018, après la diffusion de plusieurs reportages par la chaîne américaine ESPN.

Un sport très complet

Pour l'heure, les meilleurs joueurs proviennent des États-Unis et du Canada. En Europe, les nations phares sont l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche et la France.

Frédérique Crête, originaire de Montréal, a joué durant cinq saisons pour l’équipe de rugby des Carabins de l’Université de Montréal avant que son emploi ne l’amène à Québec.

Quand j’ai terminé ma carrière de rugby, il y a trois ans, je devais me trouver un autre sport et c’est là que j’ai découvert le roundnet. Ça va chercher des habiletés de plusieurs sports différents. Les joueurs de badminton, par exemple, vont être bons dans les déplacements. Les joueurs de volleyball, eux, vont avoir un avantage au niveau de la frappe, avait-elle expliqué à Radio-Canada.

Louis (25 ans) et Thomas Jouve (27) font eux partie des précurseurs du spikeball en France. Présents à Houtalen, ils racontent avoir découvert ce sport lors de leurs études aux États-Unis, avant de ramener un filet dans leurs bagages puis de fonder l'un des 20 clubs de l'Hexagone.

Je viens du volley et du badminton, Thomas du skate et du surf... Le spikeball est un sport très complet qui fait appel aux réflexes, à l'explosivité, à la coordination, a dit à l'AFP Louis Jouve.

Il y a un côté innovant qui nous plaît beaucoup. Tout reste à inventer : les techniques de service, de passes... Et puis c'est un jeu très convivial, auto-arbitré, a-t-il conclu.

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