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De Rivière-du-Loup à Herning, l’étonnant parcours de Tristan Pomerleau

Tristan Pomerleau, défenseur des Blue Fox de Herning, au Danemark.

Tristan Pomerleau, défenseur des Blue Fox de Herning, au Danemark.

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Christine Roger

HERNING – Comme la majorité des jeunes hockeyeurs québécois, Tristan Pomerleau a longtemps rêvé de jouer dans la Ligue nationale. Mais sa vie a rapidement pris une autre trajectoire pour le mener jusqu'au Danemark.

Il y a quelques semaines à peine, Tristan Pomerleau n'avait jamais entendu parler de Herning. Aujourd'hui, il habite dans cette ville en compagnie de sa conjointe Rose-Marie et de leur petit garçon, Liam, âgé de 4 mois. Pour la prochaine saison, il portera les couleurs des Blue Fox.

J’ai regardé un peu sur Internet et j’ai demandé à mes anciens coéquipiers qui ont joué ici. Je ne connaissais pas grand-chose et, en arrivant, j’ai été vraiment surpris. La rue piétonne, pas de voiture, beaucoup de vélos, de trottinettes. C’est assez le fun, surtout que ma copine et moi restons juste à côté du centre-ville. Nous pouvons donc partir en poussette, marcher dans la rue, faire des magasins, aller au restaurant, raconte le Québécois.

Il tient une poussette.

Tristan Pomerleau en compagnie de sa famille

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Il était, en quelque sorte, prédestiné à devenir joueur de hockey. Tout le monde dans sa famille, y compris ses cousines et sa mère, a déjà pratiqué le sport. Rencontré sur la terrasse d'un restaurant, il semble se réjouir de sa nouvelle vie danoise, mais il reconnaît tout de même que ce n'était pas son plan de match initial.

Le rêve, c’est tout le temps de jouer dans la Ligue nationale, mais c’est plus dur que tu penses, avoue-t-il. Tu as beau mettre les chances de ton côté, t’entraîner tout l’été, la nutrition, etc.

J'ai fait donc fait mon baccalauréat en administration à Fredericton (Université du Nouveau-Brunswick). C’était important pour moi d’avoir mes études en poche avant d'aller explorer le côté professionnel. Si ça marche, ça marche. Et si ça ne marche pas, au moins, j’ai un plan b. J’ai quelque chose.

Après cinq saisons avec les Tigres de Victoriaville dans la LHJMQ, Pomerleau a donc pris le chemin du Nouveau-Brunswick où il a passé trois ans.

Il a par la suite fait ses débuts chez les professionnels où il a joué notamment un match avec le Rocket de Laval en 2020-2021 et deux avec le Moose du Manitoba dans la Ligue américaine. C'est cependant dans l'ECHL qu'il aura passé la majorité de la dernière saison, avec les Growlers de Terre-Neuve.

Il y a d’autres chemins. Et moi, l’Europe, ç’a m'a toujours intéressé. On a le petit poupon qui est venu au monde en avril. Alors, on a décidé de faire le saut pour faire un trip de famille tout en jouant au hockey. Avec mon agent, on a regardé ça et le fit était vraiment bon ici. Je connaissais des joueurs qui avaient joué ici l’année passée et qui ont joué avec moi à Fredericton, souligne le natif de Rivière-du-Loup.

Même si les salaires sont loin de ceux offerts dans la LNH, les conditions offertes par les Blue Fox auront facilité sa prise de décision.

Ils s’occupent du voyagement pour ta famille et toi. Nous avons un véhicule et un appartement fournis. Tu n’as pas beaucoup de dépenses à part tes dépenses quotidiennes, ta nourriture, ton épicerie. Nous sommes vraiment bien traités. Nous sommes aussi payés en euro et quand l’été arrive, quand on revient à la maison, c’est avantageux pour nous.

Il patine près d'un coéquipier à l'entraînement.

À droite, le Québécois Tristan Pomerleau, dans l'uniforme des Blue Fox de Herning

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Un autre avantage de se retrouver dans une ligue comme la Ligue élite danoise est que les déplacements sont minimes. Les joueurs reviennent dormir à la maison tous les soirs. Un élément qui est non négligeable pour le nouveau papa.

Le défenseur de 26 ans reconnaît qu'il a eu besoin d'une certaine période d'adaptation en raison de la patinoire aux dimensions olympiques.

Les glaces olympiques sont beaucoup plus larges. Je trouve que le patin est plus vite je te dirais, moins physique. J'ai dû m'ajuster un peu, ne pas trop me compromettre. Il y a beaucoup plus de contrôle de la rondelle. On se débarrasse moins de la rondelle, indique-t-il.

Tristan Pomerleau ne sait pas ce que l'avenir lui réserve. Il compte profiter pleinement des prochains mois et croit que la Ligue élite du Danemark pourrait être un excellent tremplin pour la suite de sa carrière.

Pour ma première année ici, c’est une super belle ligue en Europe pour commencer. Après, s’il y a d’autres occasions qui s'offrent à moi, que ce soit la ligue en Suède ou en Finlande par exemple, ça peut être de bonnes ligues pour continuer ensuite.

Il est attablé.

Tristan Pomerleau

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Le Québécois ne fait pas nécessairement une croix sur les ligues nord-américaines. Mais à son âge, ses objectifs ont quelque peu changé. S'il pouvait un jour aller en Suisse, à Lugano, ce serait pour lui, un scénario idéal.

En attendant, il espère que son parcours saura inspirer de jeunes joueurs qui ont peut-être l'impression de voir leur rêve leur glisser entre les doigts lorsqu'ils ne sont pas repêchés dans la LNH.

Il y a d’autres routes, que ce soit l'ECHL, la Ligue américaine. En Europe, il y a plein de ligues. Il y a la France, l’Autriche, l’Italie… Les possibilités sont infinies.

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