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L’espoir du Canadien Jan Mysak, cet étalon de mesure

Le Canada affronte la Tchéquie en demi-finales du mondial junior vendredi à 16 h (HAE).

Trois hockeyeurs tchèques célèbrent un but.

Jan Mysak

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

EDMONTON – En demi-finales de la Ligue de l’Ontario (OHL), au printemps, Jan Mysak a pris son entraîneur-chef par surprise.

L’équipe de Jay McKee venait de gagner à North Bay. Elle menait 3-0 dans la série. L’entraîneur s’apprêtait à rentrer dans l’autobus quand Mysak l’a abordé.

Il pleuvait dehors, le vent s’était levé aux abords du lac Nipissing : pas exactement le genre de soirée pour flâner tranquillement au grand air en réfléchissant à votre prochain sonnet.

Est-ce que je peux revenir à l’hôtel en courant, a demandé Mysak à son patron. Le jeune Tchèque, insatisfait des installations pour s’entraîner dans l’aréna du Batallion, avait besoin de se délier les jambes.

McKee lui a donné sa bénédiction, et Mysak s’est enfoncé dans la nuit sur quelques kilomètres, précise aujourd’hui l’entraîneur.

J’ai décidé de courir pour me sentir bien pour le match suivant. Je dois m’occuper de mon corps après tous les matchs, tous les entraînements, a simplement expliqué Mysak, jeudi, lorsqu’on lui a rapporté l’anecdote. C’est à peine s’il a esquissé un sourire pendant que le souvenir remontait à la surface.

Le capitaine tchèque au mondial junior a mené son équipe à une victoire surprise contre les Américains, mercredi, en quarts de finale. Mysak a réussi le premier but des siens, son sixième point en cinq rencontres, et a prononcé un discours à ses coéquipiers, semble-t-il, fort inspirant.

Grand cas est fait de son leadership à Edmonton, de sa capacité à mener par l’exemple.

Les Tchèques affronteront le Canada en demi-finales, vendredi, et auront vraisemblablement besoin d’une autre étincelle de Mysak pour poursuivre un parcours déjà étonnant.

Quand on a voulu en savoir plus sur le choix de deuxième tour du CH en 2020, McKee, pourtant quelque part sur le bord de sa piscine en Ontario, n’a pas hésité à répondre à l’appel de Radio-Canada Sports.

Alors, à quel genre de garçon a-t-on affaire ici, M. McKee (l’ancien défenseur des Sabres mesurant 1,91 m, on a décidé de jouer la carte de la politesse)?

C’est le rêve de tout entraîneur, ont été ses premiers mots.

Il est dévoué. Il fait tout bien. Toutes les équipes ont besoin d’un joueur comme lui parce qu’il est un étalon de mesure. Il instaure la bonne culture dans l’organisation, a lancé le pilote des Bulldogs.

Mais encore?

McKee a alors évoqué le jogging sous la pluie. Il raconte la fois où, encore dans les séries, mécontent de son jeu, Mysak s’est puni en attachant des poids à ses chevilles et en faisant des allers-retours dans les marches de l’aréna.

« Souvent dans le junior, après les rencontres, les joueurs ont hâte de quitter l’aréna pour aller souper avec leur petite amie. Mysak fait du yoga tout seul dans son coin pendant ce temps-là. »

— Une citation de  Jay McKee, entraîneur de Jan Mysak dans la Ligue de l'Ontario

Il s’est aussi souvenu d’un courriel envoyé par l’attaquant de 20 ans au propriétaire des Bulldogs [Michael Andlaeur, également actionnaire du Canadien de Montréal, NDLR], au directeur général et à l’entraîneur. De deux, en fait.

Le premier quand la Ligue junior de l’Ontario a mis la clé sous la porte en 2020-2021 en raison de la pandémie.

Il se disait désolé et ajoutait qu’il avait hâte de revenir l’année suivante pour remporter un championnat, a raconté McKee.

Puis, à la fin de son stage junior il y a un mois et demi, il a écrit à tout ce beau monde pour les remercier des dernières saisons.

Ça fait sept ou huit ans que je suis dans l’OHL, je n’ai jamais vu ça, a laissé tomber McKee.

Il a une influence positive partout où il passe. Il se donne une excellente chance de jouer dans la LNH un jour en raison de sa façon de se comporter. Ça fait deux ans qu’il porte le titre de capitaine de son équipe nationale. Ça en dit beaucoup sur ce que ses compatriotes pensent de lui. On parle ici de gens qui l’ont vu grandir et ont passé pas mal plus de temps avec lui que moi l’année dernière, a estimé le vétéran de plus de 800 matchs dans la Ligue nationale.

Il montre l’exemple. Il ne se cache pas nulle part, et c’est ce que tu attends de ton capitaine : le voir bloquer des lancers, foncer au filet. Si tu veux gagner, tu as besoin de ces joueurs à leur maximum, et je pense qu’il le sera vendredi, a renchéri l’entraîneur de la Tchéquie, Radim Rulik.

Mysak est apparu très humble en point de presse. Il parle de l’importance de créer une ambiance positive et, surtout, une attitude de gagnant.

Il possède certes un talent pour marquer des buts, mais n’a terminé que 5e marqueur avec Hamilton l’an passé, un club qui était bâti pour tout rafler. McKee l’a beaucoup utilisé pour contrer les meilleurs trios adverses et ainsi soustraire Mason McTavish des griffes des plus coriaces.

Au-delà de son explosivité et de ses atouts offensifs évidents dans le junior, mais dont on ne sait s’ils pourront se transposer chez les professionnels, Mysak se développe tranquillement en homme à tout faire, selon ses entraîneurs. En joueur inspirant, en modèle pour ses coéquipiers.

Voilà déjà un bel accomplissement pour un jeune homme de 20 ans à peine.

À Kidney de jouer

Un autre espoir du Tricolore risque d’avoir une occasion de se faire valoir vendredi après-midi. La porte s’est ouverte pour Riley Kidney, choix de deuxième tour de l’organisation en 2021, en l’absence probable de Ridly Greig, blessé dans le match contre les Suisses, et joueur le plus constant depuis le début du tournoi, selon l’entraîneur canadien Dave Cameron.

Cameron n’a rien pu (ou voulu) confirmer, mais tout indique qu’il devra se passer des services de Greig, qui n’a pas été en mesure de patiner jeudi.

Le hockeyeur tient son bâton à deux mains durant un match.

Riley Kidney a atteint le plateau des 100 points cette saison dans le circuit Courteau.

Photo : Canadien de Montréal

Kidney n’a plus joué depuis le tout premier duel contre les Lettons et un maigre quatre minutes de temps de glace. Le fabricant de jeux d’Enfield, en Nouvelle-Écosse, ne s’attend pas à être trop rouillé malgré tout. Kidney a vécu une expérience similaire en suivant le Rocket de Laval dans les séries, sans jamais jouer, et a confié pouvoir s’inspirer de cette expérience afin d’être prêt pour la demi-finale.

Tout ce remue-ménage a donc forcé l’entraîneur à remanier quelque peu ses trios. Le capitaine Mason McTavish s’est ainsi inséré au centre des Québécois Joshua Roy et William Dufour.

L’entraîneur nous a dit qu’on allait encore affronter le meilleur trio de l’autre bord, a confirmé Roy. Avec McTavish, je pense qu’on va aussi être capables de produire beaucoup d’attaque.

Ils totalisent à eux trois 25 points jusqu’ici dans le tournoi, dont 14 appartiennent à McTavish. C’est donc possible, en effet.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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