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Équipe Canada junior avance malgré « un recul »

Des hockeyeurs canadiens célèbrent un but.

Équipe Canada junior n'a pas eu la vie facile contre la formation suisse en quarts de finale du Championnat du monde.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

EDMONTON – On peut fort bien imaginer que Picasso, avant de peindre Guernica, a barbouillé quelques toiles avant de les jeter, rageur et insatisfait, à la poubelle. Des chefs-d’œuvre ne sont pas peints tous les jours après tout.

Voilà un peu où en était Équipe Canada junior mercredi soir : davantage aux gribouillages qu’à Guernica.

Heureusement pour les Canadiens, pour cette mise en bouche en match à élimination directe, la Suisse leur faisait face. Ils ont donc pu s’en tirer sans trop d’embûches avec un gain de 6-3 qui les propulse en demi-finales du mondial junior.

Non pas que l’équipe nationale a offert une vilaine prestation, simplement qu’elle a paru un peu désinvolte dans sa zone par moments, comme consciente de sa supériorité ce qui, au bout du compte, est très humain.

Certains joueurs ont donné une version enjolivée de leur performance, d’autres ont été plus critiques.

Peut-être qu’on les avait pris un peu à la légère, a admis, candide, Nathan Gaucher.

Quelques exemples.

Les Canadiens ont inscrit le premier but du match après 67 secondes de jeu. Dès le départ, ils créaient des surnombres, des occasions de marquer, ça sentait le massacre. Une minute plus tard, à la suite d’un revirement de Will Cuylle, la Suisse ramenait tout le monde à la case départ.

Les hommes de Dave Cameron se sont ensuite envolés avec trois buts d’affilée et ont rapidement ralenti quand les Helvètes ont changé de gardien. Au bout du compte, après ce changement, ils ont marqué un but de plus que les Canadiens si l'on exclut celui réussi dans un filet désert.

Un revirement de Donovan Sebrango profondément dans son territoire a aussi mené au deuxième but du match d'Attilio Biasca qui resserrait alors la marque à 5-3.

Un peu hésitants en début de troisième période, les Canadiens ont mis plus de sept minutes avant d'effectuer un tir au but au moment où le match était justement plus âprement disputé. Des petits signaux d'alarme ici et là, sans plus.

On a peut-être pensé que la défense allait se faire toute seule. Depuis le début du tournoi, ça commence par la défense pour nous. C’est ce qui nous amène des occasions de marquer, donc il va falloir se concentrer là-dessus à nouveau, a estimé Gaucher, auteur de son premier but du tournoi mercredi.

Aujourd’hui, je pense que ç'a été un recul. On a remarqué qu’on ne se fera pas donner un match. Il n’y en aura pas de facile. Va falloir travailler pour, et c’était le bon temps pour jouer un match comme ça, a renchéri Elliot Desnoyers.

Le bon temps dans la mesure où ça s’est produit contre un adversaire moins coriace que ce qui attend l’unifolié pour la suite des choses. Tant qu’à connaître un léger recul par rapport au match précédent contre la Finlande, le dernier du tour préliminaire, alors que l’équipe s’était montrée particulièrement étanche, il valait mieux que ça survienne là qu’en finale.

L’entraîneur-chef Cameron ne s’est d’ailleurs pas mis martel en tête avec ces quelques erreurs de couverture et autres mauvaises décisions en zone défensive.

Tu ne vas pas traverser un tournoi en pensant que tout va se passer comme tu le souhaites […] Tu peux quand même jouer un très bon match et perdre. On ne s’en fait pas avec ça. On se préoccupe seulement de notre façon de jouer. Au bout du compte, est-ce qu’on s’est battus tout seuls ou on s’est donné la meilleure chance de gagner, a lancé l’entraîneur.

Olen Zellweger en position offensive près de Dario Sdiler.

Match entre le Canada et la Suisse.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Une lourde perte

Le plus inquiétant pour le Canada réside davantage dans ce qu’ils ont perdu dans ce match que dans leurs petites errances de concentration.

Le centre Ridly Greig, fer de lance de la formation depuis le début du tournoi, a dû quitter le match en première période après avoir absorbé un solide contact de Vincent Despont. L’espoir des Sénateurs a semblé se blesser quelque part au bras ou à l’épaule gauche, bien que, en plein tournoi, avec Équipe Canada, même Sherlock Holmes parviendrait difficilement à obtenir plus de détails.

Desnoyers l’a remplacé au centre de Joshua Roy et de William Dufour, deux joueurs super offensifs qui voient bien le jeu, selon lui, et a reçu les félicitations de Cameron après la joute.

Advenant une blessure sérieuse, il s’agirait d’une lourde perte pour les Canadiens. Greig a été utilisé à toutes les sauces, soit autant pour contrer le meilleur trio adverse, que pour générer de l’attaque ou encore pour écouler les punitions.

Le jeune homme a récolté six points en quatre matchs et des poussières et s’est avéré rapidement l’un des piliers de la formation.

Cameron a certes vanté la profondeur de son équipe, et Gaucher a assuré qu’ils avaient les ressources pour combler le trou laissé par son éventuelle absence. La bonne tenue de Logan Stankoven face aux Suisses, auteur de deux buts et une passe, a donné du poids à ces propos. On le saura bien assez tôt au moment où ce tournoi inégal approche de sa toute dernière phase.

Le Canada a jusqu’ici survolé la compétition. Même sans Greig, il n’y a aucune raison qui saute aux yeux pour prévoir que cela cessera. Comme Cameron l’a dit, l’équipe est, en quelque sorte, son pire ennemi.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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