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Analyse

Ce que vous devez savoir sur les séries de la WNBA

Des basketteuses regardent un trophée.

Des joueuses du Sky de Chicago regardent le trophée remis aux championnes de la WNBA en 2021.

Photo : Associated Press / Paul Beaty

Olivier Paradis-Lemieux

Aucune équipe n’a remporté deux titres de la WNBA d’affilée en 20 ans. Le Sky de Chicago tentera de mettre fin à cette séquence au cours du prochain mois. Radio-Canada Sports webdiffusera pour la première fois les séries et la finale de la meilleure ligue de basketball féminin du monde.

Radio-Canada Sports webdiffuse le premier match de la série entre le Sun du Connecticut et les Wings de Dallas jeudi à 20 h. Consulter l’horaire de diffusions pour connaître le calendrier des autres matchs des séries de la WNBA qui seront annoncés prochainement.

Après une 26e saison échevelée où 36 matchs ont été joués en un peu moins de trois mois par les 12 équipes, 4 formations ont été écartées des séries et ne pourront tenter de renverser le Sky de Chicago de son trône : le Fever de l’Indiana, le Lynx du Minnesota, les Sparks de Los Angeles et le Dream d’Atlanta.

Sept équipes peuvent donc toujours empêcher le Sky de réaliser le doublé, ce qu’aucune formation n’a fait depuis les Sparks en 2001-2002.

Tour d’horizon des forces en présence.

Championnes en titre et toujours favorites

Le Sky de Chicago (26-10 en 2022, 2e)

L’an dernier à pareille date, le Sky ne figurait aucunement à l’avant-scène des pronostics. La première saison à Chicago de la centre vétérane et future membre du Temple de la renommée du basketball Candace Parker s’était conclue avec une fiche poussive de 16 victoires et 16 défaites. Or, l’alchimie tant attendue s’est produite au meilleur moment, et le Sky a d’abord freiné la série de 14 victoires du Sun du Connecticut en demi-finales, avant de conclure en grand en finale en quatre matchs face au Mercury de Phoenix.

La basketteuse, entourée de ses coéquipières et de la foule, lève le bras dans les airs et affiche un large sourire en guise de célébration après avoir gagné la finale de la WNBA.

Candace Parker

Photo : Getty Images / Stacy Revere

L’été 2022 devait donc être celui de la confirmation. Est-ce que la forme montrée dans les séries l’an dernier par le Sky était un alignement de planètes parfait sous un ciel étoilé? Ou l’acte de naissance d’une dynastie?

La réponse est évidemment entre les deux.

Le cinq partant chicagolais est sans contredit le plus expérimenté de la ligue et ne manque pas de distinctions individuelles. Candace Parker (36 ans, double joueuse la plus utile), Courtney Vandersloot (33 ans, sextuple meilleure passeuse), Allie Quigley, (36 ans, quadruple championne du concours de 3 points), Emma Meesseman (29 ans, joueuse la plus utile de la finale en 2019), Kahleah Copper (27 ans, joueuse la plus utile de la finale en 2021).

Parker est l'une des centres les plus polyvalentes de l’histoire du basketball féminin, Quigley l’une des meilleures tireuses et Vandersloot la passeuse la plus prolifique, n’en déplaise à la bientôt retraitée Sue Bird.

Cela étant dit, elles ne rajeunissent pas et leur fenêtre se fermera bientôt... sauf que le témoin est déjà bien passé dans les mains de Meesseman, libérée du rôle de réserviste de luxe dans lequel les Mystics l’enfermaient, et Copper, l'une des attaquantes les plus puissantes de la ligue.

Le nuage le plus sombre au-dessus des chances du Sky de gagner un deuxième titre de suite est le suivant : elles ont perdu trois fois en quatre occasions cet été face à leur adversaire direct dans la course au championnat de la saison, les Aces de Las Vegas, et encore la semaine dernière pour finir au 2e rang.

Deux joueuses de basketball

A'ja Wilson (à droite), des Aces de Las Vegas, face à Candace Parker (à gauche), du Sky de Chicago

Photo : Getty Images / Ethan Miller

Brève éclaircie, elles ne peuvent s’affronter avant la finale, si le Sky y retourne. La parité dans la WNBA est forte.

Un format renouvelé

Dans les dernières années, les deux premiers tours mettaient aux prises les équipes de 3 à 8 dans un minitournoi où après deux matchs à élimination directe, deux formations avançaient vers les demi-finales où les attendaient les équipes ayant terminé aux deux premiers rangs. Les demi-finales et la finale se déroulaient ensuite dans un format plus classique d’une série au meilleur de cinq matchs (un bon vieux trois de cinq).

Pour sa 26e saison, la WNBA a effacé les laissez-passer des premiers tours et les éliminations directes. À la place, un tableau à huit où s’affrontent les équipes 1-8, 2-7, 3-6, 4-5, dans une série au meilleur de trois matchs.

Pour réduire les déplacements, qui sont toujours un enjeu dans la WNBA puisque les joueuses voyagent en vols commerciaux, l’équipe la mieux classée est l’hôtesse des deux premiers matchs de la série. Une rencontre décisive sera donc jouée chez l’équipe la moins bien classée.

Les demi-finales et la finale demeurent inchangées, et les cinq matchs sont joués dans un format 2-2-1.

Personne ne sera surpris si elles sont sacrées (enfin) championnes

Les Aces de Las Vegas (26-10, 1re)
Le Sun du Connecticut (25-11, 3e)

Les deux franchises, fondées respectivement en 1997 et en 1999, sont bien placées pour enfin gagner un premier titre de la WNBA.

Les Aces et le Sun ont fait les demi-finales lors des deux dernières saisons et comptent sur les deux joueuses les plus utiles des deux dernières saisons en A’ja Wilson (Aces), qui a des chances de l’emporter encore cette année, et Jonquel Jones (Sun), en léger recul cette saison, mais encore dominante.

Elle drible avec le ballon habillée en orange.

Jonquel Jones

Photo : usa today sports / David Butler II

Le duo d’aspirantes principales au Sky a gagné les deux dernières couronnes distribuées en regardant le classement final de la saison. L’an dernier, le Sun semblait imparable, mais était retombé sur terre face au Sky. Les Aces ont quant à eux commencé la saison sur une séquence presque aussi formidable, gagnant 13 des 15 premiers matchs en 2022. Au tiers de la saison, quantité d’observateurs donnaient déjà le titre à Las Vegas en oubliant qu’on était qu’au tiers de la saison… mais ça s’est dangereusement resserré au sommet.

Les Aces sont menés par un trio d’enfer en Kelsey Plum (2e), A’ja Wilson (5e) et Jackie Young (12e), qui sont les trois dans le top 12 des meilleures pointeuses de la ligue. Vous l'aurez compris, Las Vegas est aussi la meilleure attaque de la ligue, selon la majorité des statistiques disponibles et par une marge appréciable. Il y a plus d’écart dans le rendement offensif entre les Aces et le Sun, au 2e rang, qu’entre le Sun et l’équipe en 6e place.

Même si Wilson est aussi l'une des meilleures défenseuses de la ligue, Las Vegas est collectivement un cran en dessous de ce côté du ballon par rapport aux quatre autres équipes réellement aspirantes au titre. Feu d’artifice assuré.

À ce titre, c’est d’ailleurs là que le Connecticut se distingue avec une attaque aussi équilibrée que le Sky, mais avec les Jonquel, Brianna Jones et, surtout, Alyssa Thomas, le Sun a la grandeur, la force et la vitesse pour freiner toutes les attaques adverses, même celles des Aces.

Celles qui gagneront cette série auront une (petite) chance

Storm de Seattle (22-14, 4e)
Mystics de Washington (22-14, 5e)

Un cran en deçà du trio de tête, le Storm et les Mystics peuvent jouer les trouble-fêtes, mais une seule de ces deux équipes pourra faire trembler le reste de la WNBA, puisqu’elles s’affrontent dans LA série du premier tour.

Le Storm est à un moment charnière de son histoire. Après 20 ans dans la ligue, Sue Bird, la meneuse historique du club qui a passé toute sa carrière professionnelle dans l’État de Washington, prendra sa retraite à la fin de la saison. À 41 ans, Bird a ralenti. Elle n’est plus que la 6e passeuse de la WNBA cette saison et, en défense, elle peut être une cible.

Une légende du basketball lève les bras.

Sue Bird salue la foule à son dernier match en saison à Seattle.

Photo : Getty Images / Steph Chambers

Seattle compense largement avec la présence de la meilleure joueuse du monde, Breanna Stewart, meilleure pointeuse de la WNBA cette saison, avec une moyenne de 21,8 match, et capable de défendre (presque) toutes les positions.

En Jewell Loyd, le Storm (titré en 2018 et 2020) possédait déjà depuis des années une no 2 hors pair à Stewart, qui pourrait être no 1 dans la moitié des équipes. Mais Seattle a aussi vu la centre vétérane Tina Charles, 4e pointeuse de l’histoire de la ligue, débarquer au milieu de la saison après qu’elle eut obtenu une résiliation de contrat à l’amiable avec le Mercury.

Les Mystics sont quant à elles les Dr Jekyll et Mr Hyde de la WNBA. Dr Jekyll quand Elena Delle Donne est dans la formation et Mr Hyde quand elle profite d’un repos planifié.

Après avoir raté la saison de 2020 et 29 des 32 matchs l’an dernier, Delle Donne, joueuse la plus utile en 2019, a été en uniforme pour 25 des 36 matchs des Mystics. La grande ailière forte est aux prises avec des maux de dos récurrents qui s’ajoutent à son combat depuis plus d’une décennie contre les récurrences de la maladie de Lyme.

Elle avance avec le ballon de basketball, devant une rivale.

Elena Delle Donne durant un match contre le Sun du Connecticut

Photo : usa today sports / David Butler II

Sans être parfaitement exacte, la règle cette saison pour Washington est assez simple : quand Delle Donne est dans la formation, l’équipe gagne, quand elle est sur le banc, l’équipe perd. Même si l’équipe cherche constamment ses repères en raison de ces allées et venues, les Mystics demeurent une force de la WNBA grâce à leur défense (comme le Sun).

Aucune faiblesse à ce niveau à toutes les positions, pugnaces et déterminées à l’image de leur meneuse et métronome en attaque comme en défense : Natasha Cloud. La meilleure passeuse de la WNBA cette saison est toutefois diminuée par une blessure survenue en fin de saison et raterait une partie de la série.

Ce serait un dur coup qui favoriserait assurément le Storm.

Si elles ne ratent aucun tir dans le prochain mois, c’est possible (mais pas vraiment)

Le Liberty de New York (16-20, 7e)

Le Liberty s’est qualifié pour les séries in extremis, comme le Mercury, lors de la dernière journée du calendrier. Et pour la cinquième année d’affilée, l'équipe a conclu le calendrier avec une fiche négative. Sauf que le Liberty progresse, emmené par ce qui pourrait devenir à terme le meilleur duo d’arrières de la ligue en Sabrina Ionescu et Marine Johannès.

Elle dribble le ballon.

Sabrina Ionescu

Photo : usa today sports / Stephen Brashear

En Ionescu, le Liberty compte sur la joueuse la plus susceptible d’inscrire un triple double dans chaque match avec une ronflante moyenne de 17,4 points par match, 7,1 rebonds et 6,3 passes décisives. À sa troisième saison dans la WNBA, le premier choix du repêchage en 2020 souffre encore d’inconstance, mais progresse. Quand tout s’aligne pour Ionescu, elle montre le potentiel d’être une future joueuse la plus utile. Mais pas encore.

Quant à Johannès, la Française est sans contredit la joueuse la plus flamboyante au tir de toute la ligue avec une motion aussi foudroyante que ses pas de côté pour se donner de l’espace. Son pourcentage de réussite à plus de 43 % (4e de la WNBA) ne donne envie que de crier à son entraîneuse, la bien prudente Sandy Brondello : laisse-la tirer, plus, toujours plus.

Si ces deux joueuses ne ratent rien deux matchs de suite, elles pourraient surprendre les championnes dès le premier tour, mais trois séries de suite? C’est beaucoup demander.

Il faudrait un miracle

Les Wings de Dallas (18-18, 6e)

Dallas est privé de sa pointeuse prolifique Arike Ogunbowale, 3e dans la WNBA cette saison avec 19,7 points/match, qui a dû subir une opération chirurgicale à l’abdomen dans la dernière semaine.

Les basketteuses sautent de joie.

Marina Mabrey et Arike Ogunbowale, des Wings de Dallas

Photo : Wings de Dallas

Avec elle et son ancienne coéquipière à Notre Dame, Marina Mabrey, les Wings avaient le potentiel comme le Liberty de réaliser un coup, qui sait peut-être deux. Un peu de la même façon avec deux bonnes tireuses de l’extérieur, capables de mettre le ballon au sol pour attaquer le panier, qui peuvent faire basculer une courte série comme les arrières du Liberty en étant en grande réussite.

Sans Arike, il n’y aura pas de hold-up… à moins que les Wings soient meilleures sans Arike Ogunbowale?

Parce que sans elle, les pièces du casse-tête des Wings ont semblé tomber en place dans les dernières semaines. Marina Mabrey a ordonné l’attaque des Wings en patronne, Allisha Gray a rempli à merveille son rôle de 3 et D, et, surtout, la centre Teaira McCowan a été nommée joueuse du mois d’août, terrorisant les bouteilles adverses avec une moyenne de 17,4 points par match et 11,6 rebonds.

Sans son exceptionnelle pointeuse, Dallas a découvert un jeu plus collectif et équilibré, à voir si ce sera assez pour faire vaciller le Sun.

Même un miracle ne les sauvera pas

Le Mercury de Phoenix (15-21, 8e)

Leur cinq partant théorique avant le début de la saison était constitué de Brittney Griner, de Kia Nurse, de Tina Charles, de Skylar Diggins-Smith et de Diana Taurasi.

Elle lève l'index droit sur le terrain.

De réserviste à joueuse-clé, Sophie Cunningham est l'une des meneuses au titre de joueuse la plus améliorée dans la WNBA cette saison.

Photo : Getty Images / Christian Petersen

La première est emprisonnée dans une colonie pénitentiaire en Russie, la deuxième n’a pas terminé sa rééducation de sa blessure à un genou survenue en octobre dernier, la troisième a quitté l’équipe au milieu de la saison à couteaux tirés avec ses coéquipières, la quatrième est partie deux semaines avant la fin de la saison à couteaux tirés avec son entraîneuse, la cinquième, récemment quadragénaire et meilleure pointeuse de l’histoire de la WNBA, s’est blessée au quadriceps et ratera la série contre le Sky.

Une année à oublier que les séries ne font que prolonger.

Prédictions du premier tour (parce qu'il faut toujours bien se commettre) :

  • Aces en 2 c. Mercury
  • Sky en 2 c. Liberty
  • Sun en 3 c. Wings
  • Mystics en 3 c. Storm

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