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Un défi excitant pour Michael Woods à la Vuelta

Il roule sur son vélo avec de grosses lunettes et un uniforme de contre-la-montre.

Michael Woods sera la tête d'affiche de la formation Israel-Premier Tech au prochain Tour d'Espagne.

Photo : afp via getty images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Olivier Pellerin

Les intentions de Michael Woods sont claires en vue du Tour d’Espagne, mais a-t-il l’étoffe du leader qui saura mener la formation Israel-Premier Tech parmi le groupe de tête au classement général? C’est la conviction de l’Ontarien de 35 ans à l’aube de son quatrième départ à la Vuelta.

La configuration du parcours et les montées vertigineuses caractéristiques du dernier grand tour de la saison plaisent au style que préconise Woods. Fort de trois victoires cette année, il souhaite poursuivre cette fois sur un terrain qu’il affectionne particulièrement.

En 2018, Woods avait arraché la première victoire d’étape d’un grand tour de sa carrière après avoir triomphé au sommet du Balcon de Bizkaia (Nouvelle fenêtre). Un triomphe émotif qu’il avait dédié à son fils Hunter, mort-né à 37 semaines de grossesse.

Il a répété l’exploit, en 2020, lors de la septième étape. Il a entre autres devancé le favori de la foule Alejandro Valverde pour enregistrer la deuxième victoire d'étape de sa carrière, tout ça après avoir terminé 2e, la veille, au sommet du Tourmalet, devancé par une autre saveur locale, l’Espagnol Ion Izagirre.

Cette saison, le plan de match de Michael Woods a été échafaudé de manière à ce qu’il puisse connaître à nouveau du succès au cours des trois prochaines semaines.

J’avais déjà en tête la Vuelta et j’avais déjà mentionné à l’équipe que je voulais me concentrer sur le classement général, a raconté Woods en conférence de presse mercredi. En ne ciblant que des étapes [au Tour de France], j'ai eu l'impression d’en sortir mentalement plus frais pour m’attaquer au classement général du Tour d'Espagne. Je suis heureux de m’attaquer au classement général ici parce que même si je concède du temps aux contre-la-montre par équipe et individuel, il y a plusieurs autres occasions de rattraper le temps perdu. Je suis ravi de relever ce défi.

Parmi les 21 étapes au programme, Woods a mis en exergue la 9e, entre Villaviciosa et Les Praeres, pour y tenter le grand coup. L’étape de 171,4 km, qui compte deux cols de catégorie 1, dont un lors des quatre derniers kilomètres de la course, mettra à rude épreuve les plus valeureux grimpeurs dont fait partie le Canadien.

« Les routes me conviennent bien, la foule et les encouragements… Je suis content d’y retourner et d’y prendre le départ. De débuter au Pays basque dès les premières étapes, ce sera un défi de taille. »

— Une citation de  Michael Woods, cycliste de l'équipe Israel-Premier Tech

L'équipe israélo-canadienne a bien performé à la Grande Boucle, le mois dernier. La victoire d’étape historique de Hugo Houle, le 19 juillet, était la deuxième de la formation après le triomphe de Simon Clarke à la cinquième étape. Même si Houle et Clarke ne seront pas du départ à la Vuelta, Michael Woods compte poursuivre sur la lancée des dernières semaines.

À cause du Tour de France, on est dans une bonne place comme équipe. On a créé un élan avec les victoires, et je crois qu’on peut commencer la Vuelta avec confiance. Grâce à Hugo et aux coureurs au Tour de France, nous sommes prêts pour le Tour d’Espagne.

L'optimisme de Chris Froome

L’autre tête d’affiche d’Israel-Premier Tech, Chris Froome, abonde dans le même sens.

Nous sommes une très jeune équipe sur la scène du World Tour, et d’avoir remporté deux étapes au Tour de France, qui est la plus grande course à notre calendrier, c’est un énorme succès pour notre formation. Il y a une bonne dynamique, de bonnes émotions si l'on tient compte de notre progression, et nous espérons pouvoir bâtir là-dessus à la Vuelta.

Malgré l’inexpérience, Froome n’est pas surpris des plus récents succès de son équipe. Le passé lui a souvent prouvé que de belles choses peuvent survenir lorsqu’on s’y attend le moins.

En cyclisme, tout peut arriver. Vous pouvez tenter de planifier autant que vous le voulez, c’est rare que vous puissiez accomplir ce que vous aviez prévu. Tout s'est déroulé sans incident au Tour de France. Nous espérions gagner au moins une étape, et d’en remporter deux, avec Simon Clarke sur les pavés, dans une étape emblématique, puis la victoire de Hugo, qui a été très émouvante pour tout le monde, ç’a été très spécial pour nous en tant qu’équipe.

Chris Froome, masqué et casque de vélo sur la tête, salue la foule.

Chris Froome

Photo : afp via getty images / JOSEP LAGO

Le Britannique sera un allié de taille pour Woods, qui vise les plus grands honneurs au classement général espagnol. Un soldat d’exception, déjà décoré à deux reprises à la Vuelta, qui pourrait jouer le rôle de joker si son corps le lui permet. Il sait ce dont le Canadien a besoin s'il souhaite en imposer au cumulatif.

Pour Michael, courir pour une place au général pendant trois semaines est une mission complètement différente de ce à quoi il a été confronté dans le passé lors de courses d’une journée, explique-t-il. Il faut savoir être constants pendant trois semaines, composer avec les imprévus et éviter que les journées où vous n’êtes pas à votre mieux se transforment en désastre.

« Le défi pour lui sera de voir la course comme une épreuve qui dure trois semaines, et de se pousser avec cette perspective en tête, ce qu’il n’a jamais fait avec succès auparavant. Cependant, le parcours lui va bien et nous avons une équipe remarquable pour le soutenir. »

— Une citation de  Chris Froome, cycliste de l'équipe Israel-Premier Tech

Forcé de se retirer à l’aube de la 18e étape du Tour de France après avoir contracté la COVID 19, Froome a été considérablement diminué physiquement pendant une dizaine de jours. À son retour auprès de ses coéquipiers, il lui a fallu quelque temps avant de terminer les séances d’entraînement à haute intensité, ce qui a considérablement ralenti sa préparation pour le Tour d’Espagne.

Le quadruple champion aux Champs-Élysées reconnaît que la première semaine de course lui servira de baromètre pour les suivantes. Si ses jambes coopèrent, Froome se dit plus que disposé à cibler certaines étapes et peut-être même viser une victoire dans les derniers jours de la compétition.

Je sens que j’ai un lien privilégié avec la foule espagnole, a confié le cycliste de 37 ans, qui garde de très bons souvenirs du Tour d’Espagne, dont la dernière participation remonte à 2020. J’aime ce que la Vuelta met à l’épreuve. La bataille pour le sommet du classement général est rude. Il y a plusieurs étapes qui se terminent en pleine ascension, beaucoup plus d’étapes de montagne que les autres grands tours où la bataille se fait mano a mano entre les principaux rivaux.

Michael Woods sera le seul Canadien à prendre le départ de la Vuelta vendredi, à Utrecht, aux Pays-Bas.

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