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Il faudra attendre pour le suspense au mondial junior

Un joueur de hockey célèbre un but avec un genou sur la glace.

Mason McTavish

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

EDMONTON - On attendait un duel au sommet du groupe A, on a plutôt eu une bataille du type roi de la montagne, ce qui représente quand même un sommet, simplement pas à la même hauteur qu’espérée ni avec le même sérieux.

Comme au primaire, quand vous saviez d’avance que Maurice, celui avec les gros bras et la tête de plus que les autres, allait bien finir par prévaloir. Satané Maurice.

Lundi, le Canada a campé ce rôle, montrant ses gros muscles bien saillants dès les premières minutes du dernier match du tour préliminaire contre les Finlandais. Les deux équipes invaincues s’affrontaient pour terminer en tête de leur quintette et ainsi s’assurer un quart de finale à leur goût contre les Suisses.

Pour le Canada, la Suisse donc, puisque la troupe de Dave Cameron l’a emporté aisément 6-3 sur les rivaux du nord de l’Europe. Il n’y a jamais vraiment eu débat. La troisième période a resserré l’histoire un tantinet, mais vraiment juste pour dire.

C’est que les Canadiens, très disciplinés pendant 40 minutes avec une seule punition mineure face au meilleur avantage numérique du tournoi (61 % avant le match), se sont égarés au dernier vingt, pauvres brebis, et ont écopé de 31 minutes de punition d’affilée…

Ça a déraillé. Ça arrive, a dit l’espoir des Ducks d’Anaheim Nathan Gaucher.

Ça ne peut pas arriver dans un match à élimination. Ç’a juste démontré qu’on est une vraie équipe, qu’on est là pour se soutenir les uns les autres. Cinq minutes en désavantage numérique et tu réussis à ne pas leur laisser de chances, ça veut tout dire d’une équipe. Ça nous a aidés à nous pratiquer un peu, mais il ne faut pas que ça arrive dans les matchs à élimination, a-t-il insisté.

Bon, ce déséquilibre des forces a bien fini par faire un but pour les compatriotes de Saku Koivu, en plus de cette réussite inusitée de Joakim Kemell, inusitée parce que la rondelle avait touché le filet protecteur et que les arbitres ne s’en sont jamais aperçus. Cela a permis à Kemell de marquer, ce qui a donné l’impression d’un match un peu plus disputé, mais il n’en fut rien.

La Finlande était perçue comme la première vraie opposition.

Des fois, ça prend un petit mur devant toi, a ajouté de façon imagée Gaucher, bien en verve.

Et tu le traverses.

Ça semble tout simple. Il fallait y songer.

Le Canada, malgré ses grands absents, mise quand même sur quelques perles dans sa formation. Le capitaine Mason McTavish paraît bien désagréable à affronter sur une glace. On l’a croisé dans l’ascenseur et on aurait tendance à confirmer. En t-shirt, il est de nature à donner des complexes au plus confiant d’entre tous et à vous renvoyer au gymnase, plein de nouvelles résolutions.

Le capitaine a ajouté 1 but, d’un plomb magistral, et 2 passes pour porter son total à 13 points en 4 rencontres. Les Ducks, ses patrons, doivent se frotter les mains quelque part.

Il y a le petit Connor Bedard aussi. Discret, il a terminé la rencontre avec un but et une passe. Dans ce tir des poignets hors l’aile bon pour son 20e filet en 17 rencontres avec un chandail unifolié sur le dos, il y avait tout du talent hors norme qu’on attend.

L’analyste de TSN a comparé une partie de son jeu à celui de Mike Bossy, titanesque comparaison, particulièrement dans sa capacité à créer une menace lorsqu’il a la rondelle à partir d’une séquence en apparence bénigne. Flatteur.

La révélation

Il est bien rare qu’un hockeyeur décroche deux fois le titre de joueur du match pendant le tour préliminaire. C’est l’honneur qu’on a réservé à Ridly Greig, joueur de centre de ce qu’on pourrait qualifier de troisième trio canadien.

Deux joueurs de hockey se font une accolade.

William Dufour et Ridly Greig s'enlacent après un but.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Avec ses deux complices québécois Joshua Roy et William Dufour, Greig a eu la lourde tâche de freiner le meilleur trio adverse, le plus menaçant de tout le tournoi à l’exception du trio de McTavish : celui d’Aatu Raty, Roni Hirvonen et de Kemell.

Mission accomplie avec honneur.

Selon Dufour, le trio canadien a même eu plus de chances de marquer qu’eux autres.

L’entraîneur-chef Dave Cameron a opposé Greig à Raty pendant 60 minutes, libérant du même coup des griffes des costauds d’autres forces destructrices. La stratégie a fonctionné à merveille.

Le mélange de lourdeur, d’habiletés et d’intelligence des trois hommes leur a permis de se démarquer selon le pilote.

Roy et Dufour n’ont pas tari d’éloges pour leur centre.

Il est bon offensivement et défensivement. Il joue sur 200 pieds et gagne ses mises au jeu. Les trois ensemble, on communique bien, a fait valoir succinctement l’espoir du Canadien.

Il peut marquer des buts. Son but à une main au premier match, sa passe sur le but à [Tyson] Foerster, c’était une manœuvre incroyable. Après, il s’en va jouer à cinq contre trois et il bloque deux, trois lancers. Il en a ramassé un [un joueur, NDLR] devant le banc des Finlandais. Il fait tout. C’est juste le fun de jouer avec un gars comme ça, a expliqué Dufour, plus volubile.

Le jeune homme de Lethbridge gagne des partisans depuis quelques jours. En attendant d’avoir une compétition plus relevée, il y a toujours ce genre d’histoire à se mettre sous la dent.

Est-il aussi proche de la Ligue nationale de hockey (LNH) que McTavish, a-t-on demandé à l’entraîneur Cameron?

Il a marqué une pause.

« J’aimerais être son agent. »

— Une citation de  Dave Cameron à propos de Ridly Greig

Ils peuvent bien sourire, à Ottawa, de l’avoir repêché au 28e rang en 2020.

Décidément, ces Sénateurs…

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