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Chronique

Une belle semaine de tennis à Montréal, sans plus

Un joueur de tennis attend de recevoir une balle.

Félix Auger-Aliassime

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Il y a des semaines de tennis qui passent à l’histoire, tandis que d’autres servent à nous faire encore plus apprécier les premières, quand la magie opère. La dernière semaine à Montréal appartient à la deuxième catégorie.

Les ingrédients étaient pourtant réunis pour faire de l’Omnium Banque Nationale une grande fête, à commencer par le retour à la normale après deux tournois annulés ou encore charcutés par les mesures sanitaires liées à la pandémie.

Il y a eu du beau tennis, certes, des moments d’émotions, mais pas nécessairement d’extase, pas de magie et surtout des casse-têtes logistiques pour les organisateurs. La pluie tombée en quantité lundi, même si elle n’a pas forcé l’annulation de sessions, a mis une pression importante sur l’horaire des matchs pour les jours qui ont suivi.

Après la pluie, ce sont les têtes de série qui sont tombées l’une après l'autre. Daniil Medvedev, Carlos Alcaraz, Stefanos Tsitsipas et Andrey Rublev ont tous plié bagage en quelques heures à peine, après un seul match.

Il se passe toujours plein d’affaires dans une semaine de tournoi, et cette semaine n’a pas été différente des autres, a dit le directeur du tournoi, Eugène Lapierre, lors de son bilan.

Un joueur de tennis serre le poing en regardant vers sa droite.

Pablo Carreno Busta

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Et les Canadiens? La note de passage, tout au plus.

Denis Shapovalov et Vasek Pospisil sont passés en coup de vent, même si la pluie a forcé Shapovalov à jouer son match sur deux jours contre Alex De Minaur. Revenir sur le terrain pour finalement perdre cinq échanges plus tard ne fera pas partie du DVD des meilleurs moments de la carrière du gaucher fantasque.

Alexis Galarneau a été l’une des rares étincelles du début de semaine. Voir un jeune homme de 23 ans réaliser son rêve de jouer sur le court central, devant famille et amis, après avoir bûché cinq ans dans les tournois collégiaux américains, a quelque chose de profondément émouvant.

C’est aussi ça le sport, des défaites qui parfois goûtent bon. Pas un joueur n’a éclairé la salle de presse de son sourire comme l’a fait le Lavallois.

Sa défaite au premier tour contre Grigor Dimitrov ne lui a pas rapporté le moindre point à l'ATP en raison de son statut de joueur invité. Il quitte toutefois Montréal plus riche de 23 000 $, de quoi payer l’hôtel et l’entraîneur pendant quelques semaines dans de petits tournois, loin des projecteurs.

On le reverra à Vancouver cette semaine et à Granby ou à New York la suivante. Le 237e mondial espère encore obtenir une place dans le tableau des qualifications des Internationaux des États-Unis. Il faudrait plus d’une douzaine de retraits pour qu’il ait sa place.

Et puis, il y a Félix Auger-Aliassime.

Bien sûr, il est devenu le premier joueur québécois de l’ère moderne à atteindre les quarts de finale du tournoi. Aleksandra Wozniak l’avait fait en 2012. À l’époque, cette première était une grande réussite.

Pour Auger-Aliassime, 9e mondial, il y avait un certain sentiment d’inachevé. Il a été tendu contre Yoshihito Nishioka au deuxième tour, libéré contre un Cameron Norrie un peu à côté de son match, puis carrément méconnaissable devant Casper Ruud.

La semaine a au moins pu solidifier le lien viscéral qui l’unit au public québécois.

On l’a vu signer quantité d’autographes, prendre des photos avec les amateurs, parfois même quelques heures à peine avant des matchs. Trouver l’équilibre entre la générosité de son temps et le bon état d’esprit pour attaquer son tournoi demande du temps, avait rappelé Kei Nishikori à Montréal en 2019.

Le Japonais avait admis qu’il avait mis plusieurs années avant d’être vraiment à l’aise au tournoi de Tokyo.

« Félix avait de la pression, et on l’a senti au troisième match. Je pensais qu'elle arriverait au premier match. J'étais content de voir le niveau offert par Félix lors de ses deux premiers matchs, mais il va devoir apprendre comment ne pas laisser les attentes l'atteindre. Il sera encore meilleur les prochaines fois. »

— Une citation de  Eugène Lapierre, directeur de l'Omnium Banque Nationale de Montréal

Auger-Aliassime a souffert lors de sa défaite, et le public a souffert avec lui, sans jamais le larguer, malgré l’absurdité de le voir perdre 10 jeux de suite. Dans les films, les héros finissent toujours par se relever, mais vendredi après-midi, il a été terrassé.

Il tentera de se relever à Cincinnati ou encore à New York, où il ne sera pas le point de mire de la presse et du public comme chez lui. Il pourra amorcer son tournoi dans l’ombre du probable dernier acte à Flushing Meadows de Serena Williams.

Une fois les Canadiens partis, les joueurs plus méconnus du grand public curieux ont assuré le spectacle. La demi-finale entre Pablo Carreno Busta et Daniel Evans, samedi soir, était du bonbon.

Et que dire d’Evans qui est revenu sur le terrain à minuit et quart après son marathon de trois heures en simple contre l’Espagnol, pour jouer sa demi-finale en double qu’il a d’ailleurs gagnée, notamment contre Hubert Hurkacz.

Respect à Daniel et aux amateurs qui sont restés jusqu’au dernier coup de raquette de la journée, juste avant la fermeture des bars.

Et respect à Hubert Hurkacz, coup de cœur de la semaine d’Eugène Lapierre. L’un sinon le premier joueur qui soit allé le voir pour lui offrir son aide dans les activités de promotion de la semaine.

Je ne le connaissais pas beaucoup, mais il m’a fait penser au grand toujours content dans ta gang de chums. Il a été super gentil et drôle. Puis, on a vu que c’est loin d’être un manchot sur le terrain.

Carreno Busta, qui a sorti l’Italien Matteo Berrettini au premier tour, n’est certainement pas le champion le plus charismatique ni le plus connu, mais il a déjà fait partie du top 10 mondial et a atteint deux fois les demi-finales des Internationaux des États-Unis.

Sa victoire en finale était pleinement méritée.

Et que serait un tournoi de tennis à Montréal sans record d’assistance? Encore une fois cette année, l’Omnium Banque Nationale a battu sa marque par plus de 12 000 spectateurs.

Au total, 237 158 amateurs sont venus voir des matchs ou des entraînements. Du lot, il y a bien sûr des billets gratuits distribués pour les sessions du premier week-end de qualification.

Reste que financièrement, Tennis Canada peut enfin renflouer ses coffres après un tournoi annulé en 2020 et un autre présenté en configuration restreinte en 2021.

Une formidable semaine pour la relance des opérations de Tennis Canada, qui finance une grande partie du développement de ses jeunes joueurs avec les recettes de son tournoi.

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