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L’exercice de transparence d’Ismaël Koné

Il s'apprête à recevoir le ballon pendant un match.

Ismaël Koné a récolté deux buts et trois aides en tant que professionnel.

Photo : Nick Turchiaro-USA TODAY Sports

Olivier Tremblay

Le supporteur du CF Montréal, depuis l’entrée en poste d’Olivier Renard comme directeur sportif, sait à quoi s’attendre : si l’état-major fait l’acquisition de jeunes joueurs au fort potentiel de revente, le jour viendra où l’une ou l’autre de ces recrues quittera Montréal.

D’ici à ce que le prochain transfert du genre se concrétise, la machine à rumeurs s’emballera de temps en temps. C’était le cas à la fin juillet, quand des informations liaient le destin du milieu de terrain Ismaël Koné à celui de Norwich City, club de deuxième division anglaise. La nouvelle a disparu aussi vite qu’elle a émergé, mais nous voici, deux semaines plus tard, à en parler encore. C’est le monde du foot, a observé le jeune Montréalais jeudi.

On ne commente pas les rumeurs, répètent habituellement les gens du CF lorsqu’un habile scribe tente par un moyen détourné de leur soutirer une quelconque déclaration au sujet d’un transfert. Renard a lui-même fait écho à cette devise non officielle du club, samedi, à l’antenne de TVA Sports.

Le Belge a fini par y faire entorse pour préciser certains détails du flirt entre Norwich et Koné. Oui, il y a eu des offres pour certains joueurs cet été, dont Koné. Non, il n’y a jamais eu d’entente avec qui que ce soit.

Certains directeurs sportifs ne craignent pas de lever le voile sur les mécanismes de leur travail. Renard en fait partie. Il est moins habituel d’entendre un joueur parler candidement de ses contacts avec un autre club. C’est pourtant ce que Koné a fait, sans lésiner sur les détails.

Ils sont venus cogner à la porte, a-t-il indiqué. Ils ont fait une offre concrètement. Ils sont venus me regarder. Le club était intéressé. Après, on ne s’est pas entendu sur du business, on va dire. Je n’ai pas de problème. Je serai toujours reconnaissant envers Norwich. C’est ma seule offre européenne d’un autre club professionnel. C’est quelque chose de grand pour moi, malgré tout, même si ce n’est qu’une offre. Ça s’est bien passé. Ça s’est bien fini.

Tout sourire, il célèbre un but avec ses coéquipiers.

Ismaël Koné (à droite) a marqué son premier but avec le CF Montréal en mars dernier contre Santos Laguna, en huitièmes de finale de la Ligue des champions.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La seule offre européenne, soit. Sans doute pas la dernière, cependant. On parle ici d’un international canadien qui, s’il ne s’envole pas vers le Qatar cet automne, visera assurément un billet pour le Mondial de 2026, quand il aura derrière la cravate un palmarès plus étoffé que ses 2 buts et 3 aides en 22 matchs de la MLS, du Championnat canadien et de la Ligue des champions.

Ce n’est donc que partie remise. Koné l’a d’ailleurs reconnu : Norwich était devenu un objectif après les premiers contacts. L’Europe demeure un projet séduisant pour l’immense majorité des joueurs, d’autant plus que le sélectionneur canadien John Herdman, calculs à l’appui, a maintes fois incité les internationaux actuels et potentiels à tenter leur chance au plus haut niveau possible.

Pour l’instant, Koné souhaite se concentrer sur sa progression. C’est un choix probablement judicieux. Celui qui était une constante dans la formation montréalaise, en mars et en avril, a perdu du rythme et n’a participé qu’à 10 des 17 rencontres par la suite.

Quelques embûches, mais rien pour déstabiliser le jeune homme. Le fait qu’il soit tout de même bien chez lui y est peut-être pour quelque chose. Koné en a pris conscience il y a quelques années, lorsqu’il a passé des mois en Belgique pour des essais. Le confort de la maison est favorable au développement, soutient-il. Et il se dit bien entouré dans le vestiaire montréalais.

Je pense que par rapport à mon début de carrière, aussi jeune, à Montréal, tout le vestiaire m’a aidé à sa manière, a souligné Koné. J’ai parlé beaucoup à Victor [Wanyama], Kei [Kamara], Rudy [Camacho], l’an dernier à Kiki Struna. Il y a des gens en dehors du foot aussi. L’entraîneur me conseille aussi, tout le personnel d’entraîneurs, le préparateur physique. Tout le monde m’aide à prendre la bonne décision pour mon futur, et j’en suis tellement reconnaissant. J’ai la chance d’arriver dans ce vestiaire, et tout le monde a vu mes défauts et a pu m’aider à sa manière. Ça m’a aidé à grandir cette année.

Bien entourer les joueurs, prendre le temps de bien soupeser chaque décision. L’histoire nous a appris que tous les transferts ne sont pas créés égaux. Si celui d’un Luis Binks à Bologne, par exemple, semblait résulter d’une réflexion aboutie, le départ de Ballou Tabla reste le malheureux exemple associé aux produits locaux en ascension.

Parti au FC Barcelone B à 18 ans, au bout d’un processus précipité, Tabla ne s’y est jamais établi. Cinq ans plus tard, il joue à l’Atlético Ottawa, en Première Ligue canadienne, où il fait finalement figure de meneur. Ce n’était pas le plan de carrière prévu.

On en a parlé. Ballou, c’est à peu près la même chose, mais ce sont deux situations différentes, a soutenu Koné. Il avait son truc, moi, j’ai mon truc. Ce sont des situations différentes. Je ne pense pas à Ballou, forcément, quand je prends ma décision. Mais j’ai parlé avec des gens qui m’ont expliqué sa situation, comment ça s’est passé avec lui, et je ne prends que de bonnes choses. Je ne retiens que de bonnes choses.

Tabla n’avait joué que 24 matchs avec la première équipe du Bleu-blanc-noir avant de s’envoler vers la Catalogne. Koné est essentiellement au même point de son parcours professionnel. Il n’ira pas demain matin à Norwich, qui n’est d’ailleurs pas Barcelone. Ne reste plus qu’à attendre la prochaine rumeur à ne pas commenter, mais qu’on commentera peut-être.

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