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Le legs de Serena Williams au tennis féminin

Elle salue la foule en quittant le terrain.

Serena Williams

Photo : Getty Images / AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Agence France-Presse

Plus qu'une domination, c'est une révolution que Serena Williams a imposée au tennis féminin durant ses 20 ans de règne, quasiment sans partage, même s'il lui manquera peut-être un titre pour égaler le record des 24 victoires dans les tournois du grand chelem de Margaret Court.

L'Américaine a changé le tennis, en a ouvert les portes, a inventé l'intimidation, a attiré les amateurs, relevait son entraîneur Patrick Mouratoglou en septembre 2021, pour expliquer en quoi sa championne était la plus grande joueuse de l'histoire.

Cette dernière a annoncé mardi, à l'approche de ses 41 ans (le 26 septembre), que le compte à rebours de sa retraite était enclenché.

Depuis qu'on lui a mis dans les mains sa première raquette, peu après son quatrième anniversaire, seule sa soeur Venus a, par moments, contesté sa supériorité. C'était le cas dans leur enfance, dans le ghetto noir de Compton, à Los Angeles, car Serena était la cadette de 15 mois et attirait moins les regards que sa longiligne soeur.

Leur père Richard ne s'y est pas trompé. Lorsqu'un entraîneur lui avait assuré qu'il tenait en Venus, alors âgée de 10 ans, le prochain Michael Jordan au féminin, il avait répondu : Non, je tiens les deux prochains.

Cet ancien gérant d'une société de gardiennage a été le personnage clé de la carrière de ses filles, qu'il a façonnées depuis leur plus jeune âge après avoir appris le métier d'entraîneur dans des livres et des vidéos. L'histoire a été racontée en 2021 dans un film à succès où Will Smith tient le rôle du père.

Serena Williams avec sa fille Alexis Olympia Ohanian

Serena Williams avec sa fille Alexis Olympia Ohanian

Photo : Associated Press / Chris Symes

Une amorce en tandem

Repérées rapidement — le New York Times en parlait déjà alors qu'elles n'avaient pas 10 ans — les soeurs Williams ont d'abord écumé le circuit à deux. C'est Serena qui a gagné le premier titre du grand chelem de la famille, soit les Internationaux des États-Unis en 1999, juste avant de fêter ses 18 ans.

Puis Venus est devenue no 1 mondiale en 2002, peu avant sa soeur. De Roland-Garros en 2002 aux Internationaux d'Australie en 2003, quatre tournois majeurs consécutifs se sont terminés par la même affiche : Williams contre Williams. Du jamais vu.

L'argent aussi a rapidement afflué. Des marques d'équipement sportif ont fait signer aux deux soeurs, dès leur préadolescence, des contrats de plusieurs millions de dollars qui ont bouleversé la vie de cette famille de neuf membres, les parents ayant eu cinq autres enfants de précédentes unions. Puis les trajectoires des soeurs ont divergé.

Les soeurs Serena et Venus Williams avec leurs trophées après la finale des Internationaux d'Australie

Les soeurs Serena et Venus Williams avec leurs trophées après la finale des Internationaux d'Australie

Photo : Reuters / Thomas Peter

La puissance en prime

Alors que Venus se spécialisait de fait dans le gazon de Wimbledon, où elle a gagné cinq fois, Serena étendait sa domination sur toutes les surfaces grâce à une tactique simple : profiter de son incomparable puissance pour frapper le plus tôt et le plus fort possible et gagner par K.-O. Pas question de se laisser entraîner dans de longs échanges où ses kilos de muscles finissent par être lourds à porter.

Ses armes? Le service, frappé parfois à plus de 200 km/h, et le coup droit. La confiance aussi. Elle est persuadée que, quand elle joue son meilleur tennis, personne ne peut la battre. Mais les accidents de la vie ne lui ont pas toujours permis de s'exprimer.

En 2003-2004, elle s'est absentée huit mois après une opération à un genou. Même si elle n'avait alors que 21 ans, on avait douté qu'elle rejoue au tennis, puisqu'elle semblait accaparée par d'autres centres d'intérêt, entre autres la mode et la télévision.

En 2010, elle s'est tailladé les pieds en marchant sur du verre brisé. Puis, en mars 2011, une embolie pulmonaire a failli lui coûter la vie. Ses déboires, et surtout la tragédie qui a frappé sa famille en septembre 2003 lorsque sa demi-soeur Yetunde a été tuée par balles à Los Angeles, l'ont rendue plus humaine aux yeux du public, dont une partie était fatiguée de la voir gagner.

Quelques mois avant, elle avait été sifflée à Roland-Garros, elle qui a pourtant toujours dit son amour de Paris, où elle possède un appartement. Ces gens n'imaginaient pas que 10 ans plus tard, entraînée par le Français Patrick Mouratoglou, elle s'exprimerait dans la langue de Molière sur le court central.

À la tête d'un immense palmarès — 7 titres des Internationaux d'Australie, 3 à Roland-Garros, 7 à Wimbledon, 6 aux Internationaux des États-Unis, mais aussi 13 titres du grand chelem en double avec sa soeur, 4 médailles d'or olympiques (une en simple, trois en double) et 73 titres en simple et près de 95 millions en gain — Serena a remporté son 23e et dernier majeur en Australie en 2017, enceinte de deux mois.

Depuis, elle recherche toujours un 24e titre majeur en simple, qui lui ferait égaler le record de l'Australienne Court, établi entre 1959 et 1975.

Elle crie sur le court.

Serena Williams

Photo : La Presse canadienne / Kin Cheung

Alors que certains auraient pu voir dans la naissance de son premier enfant en septembre 2017, après une grossesse et un accouchement compliqués, un signe de retraite anticipée, la cadette des Williams a au contraire montré que sa fille Olympia était pour elle une motivation supplémentaire de vouloir inscrire son nom dans l'histoire du tennis.

Revenue à la compétition en mars 2018, elle a retrouvé son niveau et joué encore quatre finales, deux aux Internationaux des États-Unis et deux à Wimbledon, mais en vain.

On se souviendra qu'à sa dernière finale d'un majeur, à Flushing Meadows en 2019, elle s'était heurtée à la Canadienne Bianca Andreescu en état de grâce.

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