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Emma Raducanu : retour au berceau

Une joueuse de tennis saute pour frapper une balle.

Emma Raducanu

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Ce n’est pas au bercail que retourne Emma Raducanu cette semaine, c’est au berceau, en espérant qu’une trempette en enfance, que dire, un pèlerinage sur son lieu de naissance, l’aide à retrouver de sa superbe.

Superbe qu’elle a en partie perdue, soyons francs, depuis son parcours stellaire aux Internationaux des États-Unis l’an dernier.

Étoile filante apparue sur la carte du ciel d’un peu tout le monde, Raducanu, à seulement 18 ans, avait remporté 10 matchs de suite en moins de trois semaines sans perdre une seule manche pour devenir la première joueuse de l’ère moderne à gagner un tournoi du grand chelem en passant par les qualifications.

Bravo, certes, du reste, elle n’a remporté que 11 matchs depuis… en 11 mois.

Le classique en gros : attentes nouvelles, invitations mondaines qui s’accumulent, pression énorme, changements dans son entourage, sollicitations de toutes sortes et, évidemment des critiques dures parfois.

Les toutes dernières, en raison de l’embauche de son nouvel entraîneur, Dmitry Tursunov, dont le principal crime est d’être Russe à une époque où il peut être difficile de l’être, du moins dans la perception des gens. La télévision d’État russe s’est régalée de l’annonce. Par contre, les médias britanniques l’ont décriée, arguant justement qu'elle devenait là outil de propagande à la solde de Vladimir Poutine.

Chacun de ses gestes sont scrutés à la loupe, ses insuccès tout particulièrement. Elle arrive d’une semaine à deux victoires d’affilée à Washington qu’elle a jugé encourageante dimanche, en conférence de presse, mais qui laisse quand même sur son appétit.

La Britannique a vaincu une fois la 46e joueuse cette année, sa plus belle prise en 2022, ce qui fait bien maigre pitance pour une dixième mondiale.

Elle est toutefois apparue décontractée, relâchée devant les médias. L’habitude des grandes réceptions la désensibilise tout à fait à un parterre de journalistes dépareillés, on s’en doute. Il est difficile de décoder son état d’esprit par contre.

Cela dit, disait-on, Raducanu remet les pieds pour la première fois dans la ville où elle est née, car oui, avant de le faire sur un terrain de tennis, c’est bien sur le bord du lac Ontario qu’elle a poussé ses premiers gémissements.

À l’hôpital North York pour être précis qu’elle entend visiter. Tout comme l’appartement du centre-ville où elle a habité pendant deux ans avant que la famille déménage en Angleterre duquel, évidemment, elle ne garde aucun souvenir, mais des photos.

Brève incursion dans une enfance maintenant lointaine qui pourrait, sait-on jamais, lui rappeler l’essentiel, la dégager un peu.

Parce que les critiques, à la fin, ça devient lassant, a-t-elle raconté.

« Peu importe ce que tu fais, tu seras critiquée. Ça n’a pas vraiment d’importance. Tu fais quelque chose de bien, tu seras critiquée. Les gens trouveront toujours le moyen de dire ce qu’ils ont à dire. J’ai réalisé ça. »

— Une citation de  Emma Raducanu

Je ne passe pas beaucoup de temps [sur les réseaux sociaux], je ne pense pas en avoir besoin. On a tellement de partisans, mais tu vois un seul commentaire défavorable et c’est celui-là que tu retiens. Mais il y a des millions de gens derrière toi. C’est important de garder ça en tête, a ajouté la jeune femme.

C’est facile de l’oublier, a-t-elle insisté.

Si elle garde la tête froide, elle en remercie ses parents, qui d’autre, toujours impliqués dans les grandes orientations de sa carrière, car, au bout du compte, comme elle le remarque, elle n'a que 19 ans.

Enjeu de taille

Et sur cette tournée nord-américaine, Raducanu joue gros. Pas à Toronto, mais à New York où elle défendra son titre majeur, son seul trophée professionnel d’ailleurs.

Une joueuse de tennis prend la pose avec son trophée de championne des Internationaux des États-Unis.

Emma Raducanu

Photo : Getty Images / Al Bello

Engranger un peu de confiance ne lui ferait pas de tort et ça débutera avec force mardi contre la championne en titre de l’Omnium Banque Nationale, l’Italienne Camila Giorgi. Rien de simple pour la 10e raquette mondiale.

Au détour d’une phrase, l’on comprend bien que ce retour aux États-Unis, elle le craint autant qu’elle l’attend.

Pour être honnête, j’ai appris beaucoup de toute cette dernière année. Ce sera bien une fois que le US Open sera terminé, a-t-elle laissé tomber.

Ah oui, l’a relancée l’éminente collègue Diane Sauvé. Pourquoi?

Ce sera bien de pouvoir intégrer toutes les leçons de l’année. Juste un nouveau départ.

En lui souhaitant de chauffer les moteurs comme il faut en Ontario avant de le prendre, ce départ, pour éviter à tout prix de n’être qu’une autre de ces étoiles filantes assez nombreuses dans le sport professionnel.

Avec les informations de Diane Sauvé.

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