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Jessica Klimkait, travailler toujours plus pour rester au sommet

Une judoka se tient la ceinture à la fin de son combat, et regarde en l'air.

Jessica Klimkait

Photo : afp via getty images / FRANCK FIFE

Après une tournée du Canada et deux médailles en grand chelem, la judoka Jessica Klimkait se prépare pour les Championnats du monde au mois d'octobre, où elle voudra défendre son titre dans la catégorie des 57 kg.

La judoka de 25 ans, no 2 au monde, admet que son titre aux derniers Championnats du monde de Budapest, un mois et demi avant les Jeux olympiques de Tokyo, a changé beaucoup de choses.

C’était un très grand objectif pour moi, explique-t-elle à Radio-Canada Sports. En fait, un double objectif, car c’était le dernier événement qui déterminerait qui représenterait le Canada aux Jeux. Je suis devenue championne du monde et j’ai obtenu mon billet pour Tokyo.

Cette médaille d’or a modifié mon parcours, car je suis ensuite allée aux Jeux olympiques. Le plus dur a été de devoir être à mon meilleur deux fois dans un si court laps de temps, reconnaît-elle.

Rappellons que le billet olympique dans sa catégorie de poids pour le Canada se jouait entre elle et et sa compatriote Christa Deguchi. La judoka avec la meilleure performance aux mondiaux représenterait l'unifolié au Japon.

À Tokyo, Klimkait aurait aimé répéter sa performance des mondiaux, mais elle a été défaite en demi-finale par la Française Sarah-Léonie Cysique, et s'est finalement battue pour la médaille de bronze après être passée par le repêchage.

Je garde encore à ce jour un souvenir doux-amer de ma médaille de bronze. J’aurais pu me rendre jusqu’en finale, j’aurais pu être championne olympique, affirme l'Ontarienne.

Une jukoka fait une projection contre son adversaire.

Jessica Klimkait (en bleu) a vaincu la Slovène Kaja Kajzer dans son combat pour la médaille de bronze des moins de 57 kg.

Photo : afp via getty images / FRANCK FIFE

Oui, j’en garde une certaine rancœur, tient-elle à ajouter. J’ai été heureuse de rapporter une médaille de bronze au Canada, de pouvoir monter sur le podium, mais compte tenu de mes attentes et de mes ambitions pour ce jour-là, je n’ai pas atteint l’objectif que je m’étais fixé.

Une tournée de soutien aux provinces

Les deux médaillées olympiques de bronze canadiennes, Catherine Beauchemin-Pinard (62 kg) et Klimkait (57 kg), ont ensuite parcouru le Canada comme ambassadrices, à la demande Judo Canada, afin de donner un coup de main aux dojos locaux qui ont perdu beaucoup de leurs membres pendant la pandémie.

C’est peut-être ce qui m’a fait le plus plaisir dans mon résultat olympique d’être capable de me promener à travers le Canada, et d’avoir l’occasion de rencontrer de jeunes judokas, explique Klimkait. Quand j’étais plus jeune, je n’ai pas eu la chance d’avoir une judoka comme modèle. Il y avait de bonnes judokas, mais elles n’avaient pas remporté de médaille olympique ou atteint un si haut niveau.

« Les jeunes judokas ont beaucoup aimé nous rencontrer, et les entraîneurs ont aussi profité des cliniques que nous avons données, Catherine et moi. On leur a montré du judo actuel, moderne et compétitif. J’ai trouvé cette expérience très enrichissante. »

— Une citation de  Jessica Klimkait
Quatre judokas posent pour la photo, deux tiennent des médailles dans leurs mains.

Deux jeunes judokas, Avery Gibney et Kolbi Fenrick (U18), avec les médaillées olympiques de Tokyo au dojo Koseiokan de Moose Jaw en Saskatchewan

Photo : Moose Jaw Koseikan Judo Club

Certaines provinces ne savaient pas trop comment se sortir de la pandémie, et cette initiative de Judo Canada a été comme un coup de pouce. Notre tournée a attiré beaucoup de monde, les provinces ont été vraiment contentes du succès de la tournée. Plus généralement, Catherine et moi, on a donné une belle visibilité au judo, et plus la visibilité est grande, mieux c’est pour notre sport.

Jessica Klimkait serait d'ailleurs intéressée à poursuivre cette mission une fois sa carrière d'athlète terminée.

Cette tournée a été une belle occasion de voir comment mon sport évolue et se développe au pays. Après ma carrière, ça m'intéresserait de garder contact, de collaborer avec les provinces et voir ce que je peux faire pour aider mon sport, affirme-t-elle. Mais pour le moment, en raison du petit cycle olympique d’ici Paris 2024, je dois me concentrer sur mon travail physique et mon entraînement.

De retour au boulot en 2022, de retour sur les podiums

C'est avec Paris 2024 en tête qu'elle est retournée à la compétition en avril, au grand chelem d'Antalya en Turquie. Klimkait a pu se rendre jusqu'au combat de la médaille d'or qu'elle a remporté. De quoi l'encourager sur la suite des choses.

Je savais que je voulais faire une pause, prendre du recul après les Jeux, me donner le temps de décompresser, et recommencer l’entraînement sans pression et me sentir bien à nouveau sur le tatami, explique-t-elle.

À Antalya, je me doutais que j’allais attirer l’attention, qu’on serait curieux de me revoir et d’évaluer ma forme physique et mon judo. On se posait des questions sur la façon dont j’allais me débrouiller après une si grande pause après les Jeux olympiques. Alors, j’ai été très contente de monter sur le podium à Antalya et de remporter le tournoi.

Deux judokas se battent sur un tatami, une concurrente a retourné l'autre qui est couchée par terre.

Jessica Klimkait bat Sarah-Léonie Cysique à Antalya

Photo : IJF / Sabau Gabriela

Klimkait a notamment pris sa revanche sur Cysique qui l'avait battue aux JO à Tokyo.

Jessica et Cysique vont assurément dominer la catégorie dans les prochaines années. Elles sont excellentes, a dit l'entraîneur national Antoine Valois-Fortier, qui était sur le bord du tatami lors de la compétition.

Et Deguchi tentera de nouveau d'y faire sa place. À Antalya, à son retour à la compétition après la déception des mondiaux et sa non-sélection pour les Jeux dans son pays natal, la championne du monde de 2019 a terminé au 5e rang après avoir perdu son combat pour la médaille de bronze. Une performance qui lui a toutefois permis de remonter du 17e au 14e rang au dernier classement de la fédération internationale (IJF), publié le 25 juillet.

La rivalité entre Deguchi et Klimkait reprend donc, et leurs parcours en vue de participer aux Jeux olympiques de 2024 vont les amener à se croiser de nouveau. À la différence que cette fois, c'est celle qui a grandi au Japon qui devra prouver qu'elle mérite de représenter le Canada à Paris en 2024.

Deguchi n'a pas participé au grand chelem de Budapest, préférant continuer à s'entraîner au Japon, tandis que Klimkait est de nouveau montée sur le podium, cette fois, pour recevoir la médaille de bronze après avoir été surprise en quarts de finale par la Japonaise Haruka Funakubo, 15e au monde.

À Budapest, je me suis sentie bien à nouveau, j’ai eu réponse à pas mal de mes questions. Oui, j’ai perdu en quarts de finale contre la Japonaise, mais j’ai fait de bonnes choses sur le tatami, et tactiquement, je m’en suis bien sortie, et c’est une erreur de ma part qui m’a fait perdre le combat, rappelle-t-elle. C’est mieux que je fasse ces erreurs maintenant que plus tard.

Une judoka japonaise écrase son adversaire canadienne, et regarde du coin de l'œil les juges de table.

Jessica Klimkait est battue par immobilisation (ippon) en quarts de finale du grand chelem de Budapest.

Photo : IJF

Au repêchage et dans son combat pour la médaille de bronze, Klimkait s'est parfaitement ressaisie, comme l'a constaté Antoine Valois-Fortier, sur place.

Elle n'a pas commis d'autres erreurs et sa fin de journée a été parfaite. Elle mérite sa médaille, a-t-il affirmé.

Jessica Klimkait ne participera à aucun autre tournoi avant les Championnats du monde du mois d'octobre.

Il n'y a pas de tournois d'envergure d'ici là, explique-t-elle simplement. Et il arrive un moment où on sait comment se préparer. Ce ne seront pas mes premiers mondiaux et j'aime pouvoir m'entraîner à mon rythme, sans avoir à voyager.

Klimkait devrait retrouver Deguchi. Pour l'instant, les deux s'évitent. Après avoir fait l'impasse sur Budapest, Deguchi a gagné l'or au Grand Prix de Zagreb, en l'absence de Klimkait.

Deguchi sera-t-elle une prétendante au titre mondial en octobre? Elle voudra sans aucun doute récupérer son titre acquis en 2019. Mais c'est Cysique, no 4 au monde, qui le sera, selon la judoka ontarienne.

Il y a quelques athlètes qui vont toujours se retrouver sur les podiums Cysique en fait partie, elle se bat bien. Cela dit, je n’ai pas l’habitude de me focaliser sur telle ou telle adversaire, je me concentre sur mon judo.

Une jeune femme de face parle à la caméra.

Jessica Klimkait en entrevue avec Radio-Canada Sports

Photo : Société Radio-Canada

Mais bon, je dois quand même surveiller plus spécifiquement environ 15 % de ma catégorie, le top 10 disons. Je dois être au courant de leur style, leurs tactiques, la façon dont elles se battraient contre moi et la façon dont moi, je réagirais. Les tactiques de mes adversaires, j’en discute régulièrement avec mon entraîneur. Afin d’avoir la meilleure approche stratégique contre elles.

Son entraîneur, c'est le Polonais Janusz Pawlowski, double médaillé olympique (bronze en 1980 et argent en 1988) qui travaille pour Judo Canada depuis 2014.

Sur le bord d'un tatami, un entraîneur de judo donne des instructions

Janusz Pawlowski sur le bord du tatami donne des instructions à Jessica Klimkait pendant un tournoi

Photo : Judo Canada / RAFAL BURZA

Il me suit dans tous mes entraînements, c’est une vraie collaboration. On essaie des choses ensemble, il a des idées, moi, j’en ai aussi. Parfois, ça fonctionne, parfois non, admet-elle. Ce n’est pas à sens unique. C’est vraiment un travail d’équipe.

Quant aux adversaires à surveiller aux Jeux de 2024 dans sa catégorie des 57 kg, il est trop tôt pour en parler.

On va voir des athlètes changer de catégorie, de nouvelles athlètes vont émerger, d’autres ne pourront pas se maintenir au plus haut niveau. Donc, je dois m’adapter à tout ce qui pourrait changer.

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage

Peu importe l'adversaire ou l'enjeu, pour gagner, Jessica Klimkait ne croit qu'en une seule chose : le travail.

Je ne peux pas me fier sur mes résultats obtenus il y a huit mois pour garantir mon rang mondial, je dois continuer à travailler, continuer à m’améliorer, estime-t-elle.

J’ai prouvé que je pouvais faire du judo de très haute qualité en compétition, mais je dois maintenir, voire améliorer la qualité de mon judo en compétition. Je l’ai fait une fois, mais ça ne veut pas dire que je pourrai le refaire une deuxième fois. Mais je pourrai le refaire uniquement si je continue à travailler fort et à faire les choses correctement.

À deux mois des Championnats du monde (du 6 au 12 octobre en Ouzbékistan), dire que Jessica Klimkait profite de son été serait exagéré. Elle se permet encore un peu de flexibilité dans sa routine de vie faite de deux entraînements quotidiens.

C'est curieux de ne pas avoir de compétition durant l'été. Mais de toute façon, ma routine ne change pas beaucoup. Pour l'instant, je veux juste me sentir bien et être contente de chaque entraînement quand je quitte le tatami, conclut-elle. La préparation officielle n'a pas commencé, mais j'y pense déjà.

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