•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des pagayeurs ukrainiens en mission aux mondiaux en Nouvelle-Écosse

Deux athlètes pagayent.

Pavlo Altukhov et son coéquipier Dmytro Ianchuk aux Jeux olympiques de Tokyo

Photo : La Presse canadienne / Darron Cummings/AP

La Presse canadienne

Les pagayeurs ukrainiens qui participent cette semaine aux Championnats du monde aiment la tranquillité des lacs de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, une pause loin des sirènes et des missiles au-dessus de leur tête.

Pour Pavlo Altukhov, canoéiste olympique de 26 ans, le contraste entre la paix au Canada et la violence à la maison le motive à faire les efforts nécessaires pour monter sur le podium.

C'est mieux d'être dans un endroit sûr, mais c'est difficile de se rendre compte que son propre pays est en guerre, a-t-il déclaré dans une entrevue au moment où les athlètes lançaient leurs bateaux pour des séances d'entraînement sur le lac Banook.

Les Championnats du monde de vitesse et de paracanoë commencent mercredi, avec jusqu'à 40 000 spectateurs attendus pendant les cinq jours de compétition.

Je dois faire ce que je fais le mieux pour mon pays. Je dois pagayer pour hisser le drapeau de mon pays dans d'autres pays du monde, a ajouté Altukhov.

Ce n'est pas une guerre normale. C'est une guerre contre le terrorisme. Alors, je demande à tous de se souvenir de l'Ukraine. Il y a la paix dans votre pays, mais il n'y a pas de paix dans mon pays.

Plus tôt cette année, tandis qu'Altukhov pagayait dans les eaux du fleuve Pivdennyi Buh, qui coupe en deux la petite ville de Khmelnytskyi dans l'ouest de l'Ukraine, sa tête s'est tournée vers le haut au moment où un son massif craquait dans l'air.

Au-dessus, un missile russe filait, se dirigeait vers une destination sur laquelle il ne pouvait que spéculer.

Nous avons continué à pagayer sur l'eau. Cela n'a pris que quelques secondes, et ça s'est passé, a-t-il raconté.

Au quotidien, l'athlète a des dizaines d'amis maintenant sur divers fronts de guerre. Il reste en contact avec eux par Instagram. Même son père de 56 ans est désormais enrôlé dans l'armée.

Comme pour tant d’autres, les nuits d’Altukhov ont été souvent interrompues par les hurlements des sirènes, le privant du repos dont un athlète a besoin pour bien s’entraîner.

Ce n'est pas facile de s'entraîner quand il y a une guerre dans votre pays, a-t-il affirmé. Il y a toujours des sirènes, il y a des bombes qui ont atterri près de ma ville.

C'est toujours étrange parce que vous ne savez pas ce qui se passera demain.

Pour sa coéquipière du sprint en C-2 500 m mixte, Liudmyla Luzan, 25 ans, il n’y a qu’une façon pour les athlètes à répondre aux impacts de la guerre.

Nous comprenons que nous devons être plus forts et que nous devons continuer à nous entraîner et à gagner tout ce que nous pouvons gagner, a dit la médaillée d'argent et de bronze aux Jeux de Tokyo.

Canoë Kayak Canada s'est associé au Comité international olympique (CIO) et à diverses organisations pour aider à recueillir environ 250 000 $ en dons et en soutien pour amener l'équipe ukrainienne aux mondiaux et leur fournir un logement, a indiqué le directeur général de l'organisation, Casey Wade.

De plus, M. Wade a mentionné que les responsables fédéraux ont travaillé avec Immigration Canada pour fournir aux Ukrainiens des visas qui permettront des séjours plus longs dans le pays et, dans certains cas, leur permettre de revenir s'entraîner ici au cours des deux prochaines années si nécessaire.

Il s'agit de tendre la main aux athlètes dans le besoin et c'est un effort canadien pour les soutenir dans les moments difficiles, a déclaré M. Wade lors d'une entrevue téléphonique au cours de laquelle il a ajouté que l'excellence de l'équipe ukrainienne dans la discipline est reconnue.

M. Altukhov a exprimé sa gratitude pour le soutien et a affirmé que le conflit armé est financièrement dévastateur pour les athlètes d'élite.

L'argent doit aller à la guerre […] Mais notre ministère des Sports essaie toujours de sauver l'équipe parce que nous devons aller aux compétitions internationales, et nous devons montrer que l'Ukraine est vivante et forte dans toutes les situations. Le sport ukrainien doit vivre.

Altukhov a confié qu'après ses trois courses ici, il retournera en Europe le 8 août, tandis que le calendrier des compétitions se poursuivra avec les Championnats d'Europe et d'autres courses d'élite.

Entre les compétitions, il retournera en Ukraine, quelles que soient les circonstances, car il existe une obligation légale pour les athlètes d'âge militaire de rester dans le pays lorsqu'ils ne sont pas en compétition.

Plus tard cette semaine, Altukhov et Luzan devraient affronter le duo canadien de Katie Vincent, médaillée olympique de bronze avec Laurence Vincent Lapointe, et Connor Fitzpatrick au C-2 500 m mixte, l'une des épreuves où le Canada vise un podium.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !