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Kim Clavel est couronnée championne du monde

Elle soulève la ceinture de championne du monde au-dessus de sa tête.

Les juges ont remis des cartes de 100-90, 99-91 et 99-91 pour Kim Clavel.

Photo : Bernard Brault/GYM

Jean-François Chabot

MONTRÉAL – Kim Clavel est championne du monde. Vendredi soir, au Casino, elle a atteint un premier grand objectif avec une victoire sur la Mexicaine Yesenia Gomez pour lui ravir la ceinture des mi-mouches du WBC.

Clavel est passée du rêve à la réalité en dominant son adversaire pendant presque chacun des rounds. Au final, les juges ont clairement tranché en faveur de Clavel à raison de 100-90, 99-91 et 99-91.

Elle est ainsi devenue la 20e pugiliste québécoise et la 2e femme à mettre la main sur une ceinture mondiale.

Méthodique, précise et surtout très rapide, elle a donné le ton au duel dès la première cloche et jusqu’au dernier coup de gong.

Elle assène un crochet du gauche à sa rivale.

Kim Clavel (à gauche)

Photo : Bernard Brault/GYM

Les mains et les jambes de la nouvelle championne ont été constamment en mouvement. Avec des combinaisons incessantes, Clavel a mis une pression continuelle.

Face à une machine aussi bien rodée, Gomez n’avait que peu de réponse à offrir. Déjà, à mi-combat, elle sentait le tapis lui glisser sous les pieds.

Après un septième round absolument diabolique, la Ferrari Clavel a paru doubler sa rivale et prendre un tour complet d’avance. Il ne lui restait plus qu’à éviter les derniers pièges pour rallier l’arrivée.

Enfin! s’est exclamée la championne sous un tonnerre d’applaudissements. Après de longs mois d’attente et trois reports de date, elle a atteint son but.

Ce soir, elle va célébrer en sachant qu’elle doit à présent accorder à Gomez le combat revanche prévu au contrat. Ce sera au Mexique, quelque part au début de 2023.

Immense satisfaction

D’ici là, elle aura la possibilité de livrer un combat face à une adversaire optionnelle. Avant de conclure le point de presse, Yvon Michel a annoncé à sa championne qu’elle était invitée à assister au duel attendu que se livreront l’Américaine Claressa Shields et la Britannique Savannah Marshall, le 10 septembre, à l'aréna O2 de Londres.

Questionnée pour savoir à quel moment elle avait senti que le plan de marche fonctionnait, Clavel a indiqué qu’elle l’avait su dès le premier round.

« Je me suis sentie bien, vive. Je me suis sentie rapide. Je m’attendais à ce qu’elle [Gomez] soit un peu plus rapide. Quand j’ai vu que je bloquais bien ses coups, je me suis sentie en sécurité et j'ai su que ma vitesse pouvait influencer les choses en ma faveur. »

— Une citation de  Kim Clavel, nouvelle championne du WBC des mi-mouches

Elle a souligné que son entraîneuse Danielle Bouchard lui donnait des outils entre chaque round. Elle a ainsi gagné en confiance au fur et à mesure que le combat avançait.

Elle a quand même dû se méfier constamment de sa rivale. Elle avait les mains dures. Elle avait des marteaux dans les mains et elle était très persévérante. Elle essayait de marcher sur moi. Danielle et moi, on s’était dit qu’il ne fallait pas tomber dans son rythme.

Clavel a ensuite expliqué que, pour surprendre Gomez, elle enchaînait souvent deux ou trois coups de la même main, ce que ses adversaires précédentes, toutes mexicaines, ne faisaient pas.

Elle a conclu en parlant de sa passion.

« Je ne pratique pas la boxe pour faire juste des petits combats. On va y aller une étape à la fois. Moi, j’aime prendre l’escalier, je n’aime pas prendre l’ascenseur. J’aime vraiment apprendre et amasser des outils. »

— Une citation de  Kim Clavel

Pour l’instant, je veux vivre mon moment. Je veux être sur mon nuage et ne pas penser à mon prochain combat. Je suis championne du monde et je veux juste le vivre. Dans une semaine, on va s’asseoir pour planifier la suite.

Le promoteur Yvon Michel a parlé de ce qu’il considère déjà comme l’une des plus grandes performances de boxe que le Québec ait vues.

Houle à l’usure

Pour ce qui devrait constituer son dernier duel de six rounds, Marie-Pier Houle (7-0-1, 2 K.-O.) a survécu à une coupure survenue au deuxième round pour finalement défaire la Hongroise Timea Gabriella Belik (6-6, 2 K.-O).

Après un début de combat lent et un peu brouillon, Houle a fini par trouver la distance, mais pas avant d’avoir encaissé un coup de tête accidentel.

En plus de la petite coupure sur l’avant du cuir chevelu, la boxeuse de Terrebonne a saigné abondamment du nez.

Deux boxeuses s'affrontent.

Marie-Pier Houle a eu le dessus sur Timea Belik.

Photo : Bernard Brault - Groupe Yvon Michel

Je déteste saigner, mais ça fait partie du jeu. On va faire quelques points et ça va être correct. Je boxe depuis que j’ai 14 ans et je n’avais jamais saigné du nez avant aujourd’hui. Mais là, mon nez a explosé, a-t-elle dit avec un sourire en coin.

Le reste du combat a été nettement à son avantage avec des coups plus précis et quelques solides crochets qui ont parfois fait vaciller la Hongroise. Ça n'a donc pas été une surprise quand les juges lui ont accordé leurs votes.

« J’apprends à chaque combat. On va travailler certaines choses. On va s’asseoir avec mon coach Sébastien [Gauthier]. On va travailler sur les choses qui sont à améliorer. »

— Une citation de  Marie-Pier Houle, boxeuse

Au sujet de sa préparation, elle a laissé entendre que le camp s’était bien déroulé même si les choses sont plus souvent compliquées durant la période estivale étant donné qu’avec moins de monde dans les gymnases, les occasions de rounds d'entraînement se font plus rares.

Houle veut à présent concentrer ses efforts sur ses premiers combats de huit rounds. Elle songe aussi à changer de catégorie pour descendre chez les super-légères (140 lb), où elle espère trouver une meilleure opposition et grimper au classement mondial.

Minces échantillons

Deux des combats de la carte n’ont pas donné le temps aux amateurs d’apprécier les talents présents.

Après la victoire expéditive de Jonathan Di Bella (2-0, 1 K.-O.) contre Jesus Chavez Velasquez (2-3, 2 K.-O.) par K.-O. à 45 secondes du deuxième round, le Torontois Artur Biyarslanov (11-0, 9 K.-O.) a fait plus vite encore.

Il a coupé court à la demi-finale de la soirée en 67 secondes en atteignant Issouf Kinda (16-6, 7 K.-O.) d’un solide crochet du droit. Celui-ci s’est affaissé et n’a pas été en mesure de se relever avant la fin du compte de 10.

Je voulais laisser une forte impression. Il n’avait jamais été arrêté en moins de cinq rounds, a dit le Tchétchène, prêt à remonter dans le ring dès que possible.

Il a aussi reconnu être un grand supporteur de son compatriote Artur Beterbiev, à qui il voue une admiration sans bornes.

Il s’entraîne comme un animal. C’est très inspirant et je suis fièrement son exemple, a conclu celui qui se fait surnommer le « Loup ». Il se voit chef de meute sur la scène mondiale d’ici deux ans.

En lever de rideau, chez les poids moyens, le Montréalais Derek Pomerleau (3-0, 2 K.-O.) a bien contrôlé le centre du ring pour enregistrer une troisième victoire plutôt facile par décision unanime (40-36, 40-36, 40-36) sur le Mexicain Marcos Martinez Luna (0-2-1).

À l’issue du combat, Pomerleau s’est dit satisfait d’avoir pu livrer quelques bons rounds, lui qui avait expédié son tout premier rival en 14 secondes, le 11 mars dernier, au Casino de Montréal.

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