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Quel est l’avenir des Jeux du Commonwealth? Un changement de cap est prévu

Birmingham 2022

Birmingham 2022

Photo : Getty Images / Laurence Griffiths

Agence France-Presse

Héritage de l'ancien Empire britannique, les Jeux du Commonwealth, dont la 22e édition a lieu à Birmingham en Angleterre jusqu'au 9 août, misent sur les petits pays et sur les sports atypiques pour exister dans l'ombre des Jeux olympiques et d'autres grands rendez-vous internationaux.

Ce n'est pas facile de passer un an après les Jeux olympiques de Tokyo et seulement cinq jours après la fin des Championnats du monde d'athlétisme.

Depuis quelques jours, les forfaits se multiplient pour les Jeux du Commonwealth organisés tous les quatre ans et qui rassemblent cette année 5000 athlètes de 72 pays et territoires, la plupart d'anciennes colonies britanniques. Ils s'affrontent dans 19 disciplines.

Dernier forfait en date, l'Australienne Kelsey-Lee Barber, tout juste sacrée championne du monde au lancer du javelot pour la deuxième fois. La médaillée de bronze des derniers JO rejoint sur la liste des absents de marque comme les champions olympiques Andre De Grasse, Kirani James, Neeraj Chopra ou la sprinteuse britannique Dina Asher-Smith.

Ce n'est peut-être pas fini. Des doutes planent sur la participation du trio en or du sprint jamaïcain Shelly-Ann Fraser-Pryce, Shericka Jackson et Elaine Thompson-Herah.

Des absences qui relancent le débat sur la légitimité de tels Jeux régionaux, qui, à l'image des Jeux méditerranéens ou des Jeux de la Francophonie, sont souvent perçus comme une relique de temps anciens. La première édition remonte à 1930, et ils peinent à exister dans un calendrier sportif international déjà surchargé.

La délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture

La délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture

Photo : afp via getty images / GLYN KIRK

Ces autres Jeux ne sont pas les Jeux olympiques, mais ils ont tendance à essayer de les imiter en termes d'apparence, de ressenti et d'impact. Ce n'est tout simplement pas possible ni crédible, explique à l'AFP Terrence Burns, ancien responsable du Comité international olympique (CIO).

Je pense qu'un événement qui aspire à être mondial, mais qui, par définition, limite sa base de participation à un ensemble limité de pays et de territoires, est confronté au défi de susciter l'intérêt des amateurs à l'échelle mondiale ainsi que celui de la ville hôtesse, poursuit-il, en notant que par définition, le potentiel de recettes de marketing et de parrainage est limité.

Pour Birmingham, ancienne ville manufacturière candidate malheureuse à l'organisation des Jeux olympiques de 1992, et pour sa région, accueillir la compétition n'a certes pas une envergure olympique, mais n'est toutefois pas anodin sur le plan économique, avec des recettes globales estimées à 1 milliard de livres, soit 1,55 milliard de dollars canadiens.

Pour Terrence Burns, l'enjeu pour les Jeux du Commonwealth, c'est de trouver leur propre niche afin de construire [...] leur identité en conséquence.

Un travail auquel se sont attelés les organisateurs de l'événement.

Parmi leurs propositions, le programme ne pourrait comporter plus que deux sports obligatoires, la natation et l'athlétisme, le reste des épreuves étant laissé au choix des villes organisatrices.

Suivez en direct les compétitions aux Jeux du Commonwealth sur les plateformes de Radio-Canada Sports.

Bientôt la crosse au programme?

L'objectif? Attirer un public plus large et renforcer la particularité des Jeux du Commonwealth, qui font déjà la part belle à plusieurs sports non olympiques, comme le squash, le netball et le boulingrin, version britannique de la pétanque. Avec cette année aussi, pour la première fois, du cricket féminin.

D'autres disciplines confidentielles, mais particulièrement populaires dans certaines régions du monde, comme la crosse au Canada ou le kabaddi en Inde, pourraient être ainsi intégrées à terme.

Un joueur casqué tient une crosse.

La crosse bientôt aux Jeux du Commonwealth?

Photo : Shutterstock / Catwalk Photos

Je pense que ce serait une situation gagnant-gagnant pour tout le monde, car cela ouvrirait alors les Jeux du Commonwealth à d'autres pays plus petits et, pour moi, c'est la voie à suivre, estimait en 2021 la présidente de la Fédération des Jeux du Commonwealth (CGF), dame Louise Martin.

Car l'autre atout de la compétition, c'est de permettre à de petits pays du sport mondial d'exister, ce qui ne leur est pas possible lors des grands événements, dit l'ancien responsable marketing du CIO Michael Payne.

Pour beaucoup, c'est leur seul moment sur la scène mondiale avec une occasion de briller [...] Car aux Jeux olympiques, ils n'ont aucune chance d'obtenir une médaille, souligne-t-il.

En témoignent les efforts consentis par le Sri Lanka (2 médailles aux Jeux olympiques en 17 participations contre 23 aux Jeux du Commonwealth), plombé par une grave crise économique, pour être présent à Birmingham.

Nous voulons nous tenir tête haute comme les autres pays devant notre drapeau, en pays fier et droit, a déclaré le chef de la délégation de l'île, le général à la retraite Dampath Fernando.

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