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Hockey Canada : de nouveaux détails font surface

Une silhouette survole le logo de Hockey Canada incrusté dans la glace d'une patinoire.

Hockey Canada est éclaboussé par une histoire de viol collectif présumée.

Photo : Reuters / Jim Young

Radio-Canada

Au lendemain du présumé viol collectif, l'un des joueurs de l'équipe canadienne junior aurait échangé des messages textes avec la femme en cause.

C'est ce que rapporte The Globe and Mail. Selon le quotidien, il aurait demandé à la présumée victime si elle avait contacté les autorités policières.

Tu as dit que tu avais du plaisir, aurait écrit le joueur.

Retourner à la maison avec toi me convenait, mais je ne m'attendais pas à ce que tous les autres suivent ensuite. J'ai senti qu'on se moquait de moi et qu'on avait abusé de moi, aurait répondu la femme.

Ce sont les avocats des sept membres de l'équipe canadienne ayant participé au mondial junior en 2018 qui ont fourni ces conversations au journal. Ils ont aussi transmis deux vidéos afin de montrer que la présumée victime était consentante, qu'elle n'était pas apeurée, intimidée ou intoxiquée.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Ils soutiennent que ces éléments de preuve ont été présentés à la police de London en 2018. L'enquête a pris fin en février 2019 sans qu'aucune accusation ne soit déposée. Ils n'ont pas voulu dévoiler l'identité du joueur qui aurait fait parvenir ces messages textes.

La femme a mentionné qu'elle s'était uniquement confiée à sa mère et que c'est cette dernière qui avait contacté les policiers.

Tu dois parler à ta mère dès maintenant et arranger le tout avec la police avant que ça n'aille trop loin. C'est sérieux et une mauvaise interprétation pourrait avoir des répercussions importantes pour plusieurs personnes, dont toi, a répondu le joueur.

L'homme aurait écrit à la femme à de multiples reprises au cours des heures suivantes pour s'assurer que la présumée victime avait bel et bien contacté la police.

Dans sa plainte, elle avait affirmé avoir été mise sous pression par l'un des défendeurs afin qu'elle ne participe pas à l'enquête criminelle.

Hockey Canada a réglé discrètement à l'amiable une poursuite dans laquelle cette dernière affirmait avoir été agressée par huit joueurs lors d'un événement, à London, en Ontario. Plusieurs commanditaires ont par la suite choisi de larguer la fédération, et le gouvernement fédéral a gelé le financement public qui lui était versé.

Sous pression depuis plusieurs semaines, la fédération a finalement annoncé qu'une enquête menée par un tiers indépendant serait relancée.

Les avocats de la femme ont refusé de commenter ces nouvelles informations, préférant attendre les résultats de cette nouvelle enquête qui a été ouverte la semaine dernière.

Justin Trudeau choqué

Mardi, le premier ministre Justin Trudeau était visiblement outré par ces plus récentes révélations lorsque questionné en mêlée de presse à Vancouver.

« Ce qu’on est en train d’apprendre par rapport à Hockey Canada est absolument inacceptable. Je pense qu’énormément de personnes ont perdu confiance en cette organisation. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Quand je pense en tant que parent, il y a une couple d’années, j’avais mon fils dans un programme de hockey, je suis vraiment perturbé pour la culture qui apparemment s’est immiscée dans les plus hauts niveaux de cette organisation.

C’est pour ça, en tant que gouvernement, on a gelé les fonds que l’on envoyait vers Hockey Canada en attendant des redditions de comptes et des transformations de l’organisation. Il est essentiel que l’on voie une nouvelle approche, des comptes rendus et des conséquences pour les gens qui sont responsables de ce manque de respect profond en tant qu’institution, a-t-il conclu.

Lundi, on apprenait que la fédération détenait un fonds de réserve pour payer les responsabilités non assurées, y compris les réclamations pour abus sexuels. Cette information est incluse dans un affidavit de juillet 2021 signé par Glen McCurdie, alors vice-président des assurances et de la gestion des risques à Hockey Canada.

Mardi, Hockey Canada revenait à la charge en annonçant la tenue d'une révision en profondeur de la gestion de ce fonds.

De plus en plus de joueurs nient toute implication

Conor Timmins, membre de l'équipe junior en 2018, a nié lundi son implication dans l'agression présumée.

Personne n'allègue que j'étais présent ou impliqué et je n'ai aucune connaissance personnelle de ce qui s'est passé. J'ai pleinement coopéré à l'enquête initiale de Hockey Canada et je continuerai de coopérer à toute autre enquête au besoin, a déclaré le défenseur des Coyotes de l'Arizona dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux par son agence, Quartexx Hockey.

Victor Mete, récemment mis sous contrat par les Maple Leafs de Toronto, a publié le mois dernier une déclaration niant toute implication. L'ex-défenseur du Canadien de Montréal a précisé qu'il était à l'extérieur du pays pour des vacances en famille au moment du gala à London en 2018.

Le défenseur Cale Makar de l'Avalanche du Colorado, vainqueur du trophée Conn-Smythe, a affirmé aux journalistes à Denver avant la finale de la Coupe Stanley qu'il ne faisait pas partie du groupe de huit joueurs en question.

L'agent de l'attaquant Jonah Gadjovich des Sharks de San José a dit que son client n'était pas impliqué.

Les attaquants des Blues de Saint Louis Robert Thomas et Jordan Kyrou ont eux aussi nié toute implication.

Je suis au fait des allégations contre certains membres d'Équipe Canada junior en 2018. Je trouve important de partager ma réponse à ces allégations, a écrit Thomas sur Twitter mardi.

Je n'ai pas été impliqué, et je n'ai pas été témoin du prétendu incident. Je suis prêt à coopérer avec l'enquête de la LNH ainsi qu'avec celles qui seront appropriées et nécessaires. Je n'émettrai pas d'autres commentaires à ce sujet, a-t-il ajouté.

Sur Twitter également, Kyrou a écrit ceci :

Je veux clairement affirmer que je n'étais pas au gala ni à London au moment du prétendu incident. Je suis prêt à coopérer avec toute autre enquête si nécessaire. Vu les enquêtes en cours, je ne ferai pas d'autres commentaires publics.

L'agent de Sam Steel, centre des Ducks d'Anaheim, a dit dans un communiqué que son client n'a pas participé à une quelconque inconduite qui a été décrite dans les médias.

Taylor Raddysh, ailier des Blackhawks de Chicago, a lui aussi nié toute implication dans un message sur Twitter.

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