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Priscilla Gagné doit s’adapter pour atteindre son objectif à Paris

L'athlète pose pour les photographes de la presse et comme image de fond, il y a le drapeau du Canada suspendu.

Priscilla Gagné répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse à Toronto en 2016.

Photo : Canadian Paralympic Committee / Dan Galbraith

Priscilla Gagné s’est sans doute rassurée sur la suite des choses. Après une pause forcée en raison de la pandémie, la judoka canadienne revenait à la compétition à Sao Paulo, le 2 juillet, et elle a remporté le tournoi dans la catégorie des moins de 57 kilos.

L’athlète de 36 ans a gagné ses quatre combats par ippon (dont trois par immobilisation), elle qui était pourtant en terrain inconnu au Brésil.

Une athlète en judogi, avedc sa médaille autour du cou, est sur la plus haute marche, et serre la main d'un officiel.

Priscilla Gagné reçoit sa médaille d'or à Sao Paulo.

Photo : YouTube / IBSA

Gagné a dû en effet changer de catégorie. De 52 kg, elle est passée à la catégorie supérieure, les moins de 57 kg. Et ce n’est pas parce qu’elle l’avait choisi.

En effet, la catégorie des 52 kg a été écartée des Jeux de Paris en 2024 pour alléger le programme de parajudo (aux Jeux de 2028, à Los Angeles, ce sera l’inverse, la catégorie des 52 kg remplacera celle des 57 kg).

En vue du Grand Prix de Sao Paulo, l’athlète franco-ontarienne a dû s’adapter pour gagner un peu de poids.

Je suis très, très légère pour la catégorie des 57 kg, explique-t-elle. Alors même si ce sont de nouvelles judokas, elles ont le poids sur moi.

Tu as quelqu'un comme moi de 53 kg en ce moment qui combat quelqu'un qui à peu près à 60 kg, ça fait une grande différence, rappelle-t-elle, il faut vraiment se concentrer sur la technique.

Une athlète avec un chandail noir et l'emblème de Judo Canada brodé donne une entrevue dans le dojo de l'INS-Québec.

Priscilla Gagné en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

Et Gagné a dû modifier ses habitudes alimentaires.

C'était bizarre de manger un souper plein, un déjeuner plein, de prendre du café, de l’eau, précise la judoka. Avant, je ne faisais pas ça, tu mangeais très, très, très très peu, le minimum pour ne pas sentir la faim. Si je peux me rendre à 56 kg, je serai contente.

Priscilla Gagné a donc adapté son entraînement pour pouvoir disputer la victoire à Paris en 2024. D’ici là, elle espère pouvoir trouver un commanditaire, ce qui lui faciliterait la vie au quotidien.

Déjà qu’elle n’a reçu aucune prime du Canada pour sa médaille d’argent à Tokyo (Nouvelle fenêtre), contrairement aux médaillés des Jeux olympiques qui bénéficiaient du fonds d’excellence du Comité olympique canadien (15 000 dollars pour une médaille d’argent).

Si le programme paralympique du parajudo jouera l’alternance à compter des Jeux de 2024 à Paris, c’est que la fédération internationale a modifié les classes.

Avant, il y avait trois classes B1, B2 et B3, sans distinction pour le tirage au sort (un seul tableau).

Il y a maintenant les non voyants, désormais J1 (au lieu de B1), et les mal voyants désormais J2 (au lieu de B2), qui se battent désormais dans leur classe respective, ce qui allonge le programme des tournois.

De plus, la classe B3 n’existe plus. Les presque voyants ont été transférés aux Jeux olympiques.

Ils ont fait de grandes recherches, sur une période de cinq ans, ils ont tout examiné, tous les côtés, toutes les personnes, tous les niveaux de vision, explique Gagné. Et ils ont décidé que ceux qui sont en catégorie B3, même s'ils sont semi-voyants, ils sont capables de se battre avec ceux qui sont complètement voyants, que ce n'est pas un assez grand défi pour les mettre dans les paralympiques.

Une judoka est debout et fait face à son adversaire, on voit derrière elle des gradins vides et une banderole Tokyo 2020.

La judoka Priscilla Gagné aux Jeux de Tokyo

Photo : Dave Holland

D’ailleurs, celle qui l’a battue en finale des Jeux de Tokyo, l’Algérienne Cherine Abdellaoui, ne peut plus participer aux tournois de parajudo. En mars 2022, elle a été déclarée inéligible de façon permanente.

« À Sao Paulo, c’était ma première compétition, et j’ai trouvé que l'atmosphère était vraiment extraordinaire »

— Une citation de  Priscilla Gagné, judoka canadienne

On est dans notre monde, dans notre confort, fait-elle remarquer. C’est juste les athlètes avec de gros problèmes de vision, et ça fait un changement, complètement. Sans dire un mot, on se comprend les uns les autres. L’atmosphère était différente qu'avant, car avant, on avait beaucoup de personnes qui trichaient.

Gagné nomme sans hésitation les pays qui envoyaient des athlètes voyants aux compétitions de parajudo. Cette pratique est terminée, le ménage a été fait.

À Sao Paulo, il y avait seulement 21 pays inscrits. L'athlète canadienne n’a affronté que quatre adversaires qui venaient des continents américains.

À son prochain tournoi, en novembre à Bakou en Azerbaïdjan, Priscilla Gagné retrouvera les Européennes et les Asiatiques, et aura donc une meilleure idée de la profondeur de sa nouvelle catégorie.

(Les propos de Priscilla Gagné ont édités à des fins de clarté ou de concision)

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