•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Amuser le public, la mission du « joggleur » Michael-Lucien Bergeron

Un homme court sur une piste d'athlétisme en jonglant avec trois balles.

Michael-Lucien Bergeron ne laisse personne indifférent lorsqu'il se met à courir à un bon rythme et à jongler en même temps.

Photo : Carrie Gregory

De une à deux fois par semaine, principalement au parc Victoria de Charlottetown, la communauté prince-édouardienne peut apercevoir le « joggleur » Michael-Lucien Bergeron, un homme doté d’excellentes qualités athlétiques, d'une grande adresse et qui excelle dans une discipline pour le moins inhabituelle.

Le jogging et la jonglerie, le joggling, donc, c’est ce à quoi s’exerce Michael-Lucien Bergeron depuis 2014 après qu'une amie lui eut fait découvrir cette discipline devenue plus qu'un passe-temps. Une passion qui, au passage, lui a permis d'établir quelques records mondiaux. Le dernier a été inscrit le 10 juillet.

J’ai commencé en faisant quelques tours autour de mon quartier. J’échappais une balle aux 10 à 15 mètres. Puis, j’ai eu la piqûre! Après trois mois, j’ai participé à ma première compétition. C’est à ce moment que j’ai commencé à courir en jonglant quasiment tous les jours, se remémore l'athlète né au Québec, qui habite désormais à l'Île-du-Prince-Édouard.

Maintenant, je cours environ de 80 à 100 kilomètres par semaine, dont 15 à 20 kilomètres en jonglant, sur deux jours. À temps partiel, je fais de la jonglerie dans un parc d'attractions, explique l'homme de 33 ans.

Un homme court sur une route asphaltée en jonglant avec trois balles.

Michael-Lucien Bergeron a également élu domicile à Halifax avant d'emménager à Charlottetown en raison de son emploi dans les Forces armées canadiennes.

Photo : Facebook/The Joggler's Busker

Coureur de fond et sur piste depuis son enfance, Michael-Lucien Bergeron a jadis fait partie de l’équipe d’athlétisme de l’Université d’Ottawa pendant quatre ans. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ses chronos en jonglant sont maintenant plus rapides que ceux qu’il enregistrait sous les couleurs des Gee-Gees.

Une différence d’environ quatre minutes, soutient celui qui a récemment abattu le record Guinness de course avec jonglerie sur 10 kilomètres avec un impensable temps de 34 min 47 s, sans échapper la moindre balle, ce qui lui confère une moyenne de 3:29 par tranche de 1000 mètres.

« Je savais qu’à chaque tour j’étais en avance sur le record, donc c’était vraiment positif. Mais maintenant, après quelques nuits de sommeil, je pense que j’aurais peut-être pu courir encore un petit peu plus vite. J’avais encore du jus dans les jambes. C’est dur d’accélérer le pas quand tu cours en jonglant. Mes jambes voulaient aller plus vite, mais mes bras ne pouvaient pas. C’est ça le problème. »

— Une citation de  Michael-Lucien Bergeron

Une autre marque du livre des records Guinness lui appartient, celle du demi-marathon en jonglant avec un temps de 1:17:09.

Au terme d'un effort considérable à Toronto, bon pour un chrono moyen de 3:39 par kilomètre, il s'est installé en 46e place lors d'une course qui comptait plus de 10 000 participants en 2018. Michael-Lucien Bergeron faisait bien sûr figure d'exception à titre de joggleur.

Le prestigieux marathon de Boston se trouve aussi sur son tableau de chasse. Il n'y a cependant pas réalisé un record, ce qui n'enlève rien à son exploit de parcourir cette longue distance en jonglant. Son fait d'armes n'était pas passé inaperçu au Massachusetts.

Des sourires contagieux

De fil en aiguille, Michael-Lucien Bergeron a rapidement constaté que ses habiletés pour la course à pied et la jonglerie se combinaient à merveille, au grand bonheur des gens qu’il croise sur sa route.

Tout le monde se demande pourquoi je fais ça, comment je fais ça. Il y a beaucoup de bons commentaires, comme il y en a des mauvais aussi. Le monde veut vraiment s’approcher et discuter, c’est le fun. Les gens sont souvent très impressionnés, indique-t-il.

Il s’agit de sa manière unique de promouvoir la course à pied, de la rendre amusante et même attrayante aux yeux de tout un chacun.

« Lorsque je fais des compétitions qui sont un peu moins importantes au niveau du temps, parfois j’arrête sur le parcours et je fais un peu de jonglerie. Une balle entre les jambes, derrière le dos, et après je continue. C’est une bonne façon de donner un petit show au public pendant une compétition de course. »

— Une citation de  Michael-Lucien Bergeron

Des fois, en compétition, j'entends certaines personnes dire que je suis un show off, probablement parce que je cours plus vite qu'eux et que ça les embarrasse un peu... Mais c'est peut-être une personne sur 15 ou 20 qui n'aime pas ça, mentionne-t-il.

Un homme court sur une piste d'athlétisme en jonglant avec trois balles.

Michael-Lucien Bergeron

Photo : Carrie Gregory

La crise sanitaire a bien failli avoir raison de sa passion combinée et peu commune.

Il a continué à pratiquer la course à pied et la jonglerie, mais séparément, l'une pour se préparer adéquatement en vue d'une compétition internationale avec les Forces armées canadiennes, l'autre dans le cadre d’un emploi à temps partiel dans un parc d’attractions.

Peu avant le début de l’été, l’athlète a de nouveau réuni ses deux loisirs, après une pause de deux ans, sur un parcours de cinq kilomètres en Colombie-Britannique, où il a été couronné vainqueur.

Un résultat qui a confirmé sa bonne forme et lui a donné envie de laisser une dernière empreinte dans sa discipline. Mission accomplie.

Le bonheur du joggleur

Michael-Lucien Bergeron est un amoureux de l’amusement et du divertissement. Lorsqu’il n'accumule pas les kilomètres à la course à pied, avec ou sans ses trois balles fétiches, il se tourne fréquemment vers la jonglerie, son havre de paix.

Ça me rend heureux, sérieusement. Parfois, je suis marabout à cause d’une mauvaise journée au travail, et je vais courir en jonglant pour voir quelques visages de gens et d’enfants qui sourient, affirme-t-il.

« De nos jours, les gens sont sur leur téléphone quand ils marchent, la tête baissée à texter. Mais quand je passe en courant et en jonglant, ils se lèvent la tête, me saluent, m’envoient la main ou me disent un bon commentaire. Ça me donne le sourire! »

— Une citation de  Michael-Lucien Bergeron

L’année dernière, il a mis sur pied une entreprise nommée The Joggler's Busker avec laquelle il se met en évidence dans un parc d’attractions avec des objets en tous genres, soit des balles, des anneaux, des torches en feu et divers types de couteaux.

J'aimerais être capable de développer l’art du cirque. Au Québec, je sais qu’il y a beaucoup d’écoles et de très bons jongleurs. Mais à l’Île-du-Prince-Édouard, on doit être seulement trois personnes qui jonglent. J’aimerais développer cette culture ici, conclut-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !