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Ferrari en 2022 : « Le début d’un long chemin » - Laurent Mekies

Un homme à lunettes, avec un casque d'écoute sur la tête et une chemise de Ferrari, parle dans un micro.

Laurent Mekies

Photo : Getty Images / Mark Thompson

L'équipe Ferrari se bat cette saison pour le titre avec une voiture performante, la F1-75, et deux pilotes très compétitifs en Charles Leclerc et Carlos Sainz fils, récent vainqueur du Grand Prix de Grande-Bretagne.

Ferrari a gagné à Silverstone grâce à Sainz fils qui a fait preuve de caractère à la fin de la course pour aller chercher la première victoire de sa carrière en F1.

En effet, au moment de la sortie de la voiture de sécurité au 39e tour (à la suite de l'immobilisation de l'Alpine Renault d'Esteban Ocon en bord de piste), Leclerc menait le grand prix devant son coéquipier.

Ferrari a gardé Leclerc en piste et a fait entrer Sainz fils aux puits pour lui donner des pneus frais et tendres, tout comme l'a fait Red Bull avec Sergio Pérez et Mercedes-Benz avec Lewis Hamilton.

Leclerc, bloqué en piste avec des pneus durs et usés, était donc handicapé par rapport à ceux qui le suivaient. C'est pour cela que la Scuderia a demandé à Sainz fils, alors 2e, d'imposer un faux rythme avant la relance pour ralentir Hamilton et Pérez, et permettre à Leclerc de se creuser une avance suffisante pour l'emporter.

Le patron de l'équipe, Mattia Binotto, assume pleinement le sacrifice qu'il demandait à son pilote espagnol.

Sainz fils a refusé la mission, et l'échange par radio, télédiffusé, a été éclairant. J'ai les bons pneus, et je suis le mieux placé, a-t-il dit. L'Espagnol avait la conviction que la stratégie ne garantissait pas la victoire au Monégasque, et il a dit avec aplomb qu'il allait faire sa course.

Deux monoplaces de la même équipe négocient un virage à droite sur un circuit.

Carlos Sainz fils devant Charles Leclerc pendant le Grand Prix de Grande-Bretagne

Photo : Getty Images / Clive Mason

La suite, on l'a vue. Sainz fils a attaqué son coéquipier dès la relance au 43e tour et, en trois virages, il lui a ravi la première place, tandis que Hamilton et Pérez se battaient derrière pour la troisième place.

Leclerc, handicapé par ses pneus dans les 10 derniers tours, a glissé au pied du podium.

À l'arrivée, le Monégasque était très déçu de la décision de l'équipe et cachait mal son amertume, au point que son patron Mattia Binotto a cru bon le rappeler à l'ordre avant qu'il rencontre les médias.

Deux hommes en uniforme de Ferrari discutent, le plus grand semble rappeler l'autre à l'ordre.

Mattia Binotto et Charles Leclerc en discussion après le Grand Prix de Grande-Bretagne

Photo : TSN / Formula One

Si Ferrari se bat cette année pour la victoire, c'est que la voiture est performante certes, mais c'est beaucoup plus complexe que cela. Pour qu'une équipe gagne, il faut que les départements qui la composent travaillent main dans la main.

Et ça, c'est la responsabilité de Laurent Mekies, le directeur sportif de l'écurie italienne, que Radio-Canada a rencontré dans le paddock à Montréal.

Ferrari, c’est une équipe qui est très structurée, la réunion de beaucoup de départements différents, qui travaille à Maranello, et qui envoie certaines personnes sur les circuits, précise l'ingénieur français de 45 ans.

Mon rôle est de garantir le meilleur environnement de travail possible, pour que la qualité de l’interaction entre nos départements, l'interaction entre les personnes dans l’équipe de course, soit la plus élevée possible. C’est ce sur quoi nous nous concentrons avec Mattia. Pour que chaque personne puisse s’exprimer de la façon la plus performante et harmonieuse possible.

Laurent Mekies a travaillé comme ingénieur pour Arrows, Minardi et Toro Rosso, dont il a été l'ingénieur en chef en 2006. En 2014, il s'est joint à la Fédération internationale de l'automobile (FIA) comme responsable de la sécurité, puis comme adjoint au directeur de course de 2017 à 2019.

Un homme casqué, de profil, appuie sur un bouton sur un mur d'écrans dans un garage d'une équipe de F1.

Laurent Mekies dans le paddock de Toro Rosso en 2006

Photo : Getty Images / Peter Fox

Il s'est ensuite amené dans l'écurie Ferrari, comme chargé de la performance en course, puis à partir de janvier 2021 comme directeur sportif. Il est dans les faits le bras droit de Mattia Binotto. Et le binôme, qui souvent échange en français, fonctionne bien.

On est conscient du devoir qui vient avec le poste, affirme-t-il. Il y a des points positifs. Le prestige et l'histoire de cette équipe nous ouvrent des portes. C’est très difficile de dire non à Ferrari.

Si quelqu’un a une bonne idée pour faire aller la voiture plus vite, pour créer un environnement encore plus performant pour nos équipes, il est le bienvenu, assure-t-il. C’est un environnement qui laisse beaucoup de place à l’innovation et à la modernité.

Le défi de 2022

Ferrari travaille depuis des années à la saison en cours. Le groupe Formula One avait décidé de créer, après des années d'études essentiellement aérodynamiques, une toute nouvelle génération de monoplaces.

Deux hommes masqués, habillés du même uniforme de Ferrari, marchent. On voit des palmiers en arrière-plan.

Mattia Binotto et Laurent Mekies en 2022

Photo : Getty Images / Lars Baron

Cela a obligé les équipes à dessiner de nouvelles monoplaces à partir de rien. Ce qui a demandé du temps.

(La saison) 2022, c’est un tournant extrêmement important pour nous, reconnaît M. Mekies. On ne l’a jamais caché. Il y avait une page blanche en raison des nouveaux règlements sur laquelle Ferrari a beaucoup investi ces dernières années en acceptant de laisser de côté la performance ces deux dernières saisons.

L'investissement a payé, car depuis le début de la saison, Ferrari a remporté trois victoires et a vu ses pilotes monter sept autres fois sur le podium. Charles Leclerc compte cinq podiums, dont deux victoires. Carlos Sainz fils en a six, avec une victoire et sa 2e place au Grand Prix du Canada.

Un début de saison qui a rassuré Laurent Mekies. L'investissement paie déjà.

Nous avons dû comme équipe nous confronter à une page blanche par rapport aux autres équipes, rappelle l'ingénieur. C’est important de pouvoir démontrer que nous pouvons être de nouveau compétitifs. Et fort heureusement, nous le sommes.

« Notre objectif est de pouvoir se battre pour la victoire à toutes les courses. »

— Une citation de  Laurent Mekies, directeur sportif de l'écurie Ferrari
Un homme à lunettes, avec une veste de Ferrari, donne une entrevue à Radio-Canada.

Laurent Mekies, directeur sportif de l'écurie Ferrari, au micro de Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

Pourtant, les premières failles apparaissent déjà. Leclerc a abandonné à Barcelone et à Bakou en raison de problèmes de moteur que Ferrari construit dans ses murs. Des défaillances techniques qui ont fait surgir des doutes. Aurait-elle sacrifié la fiabilité à la performance?

Ce n’est pas du tout un point d’arrivée, c’est un point de départ, dit Laurent Mekies. On le voit, on le vit de façon pénible certains dimanches.

C’est une étape importante qu’on ait pu inventer et produire une voiture aussi compétitive que celle-ci. Et maintenant, on continue notre chemin, précise-t-il. Il faut la développer, il faut améliorer chaque petit élément. C’est un chemin qui est encore long pour être capable d’être à ce niveau-là de façon constante et de pouvoir transformer ces bonnes intentions en résultat.

Ferrari a travaillé finement et méthodiquement sur chaque élément de la F1-75 une monoplace capable de gagner.

Il faut que chacun d’entre nous réussisse à faire un petit pas en avant, puis un autre et un autre. Et c'est avec cette approche-là que nous avons travaillé, ajoute l'ingénieur français. Nous sommes aujourd’hui au point où nous sommes, mais ce n’est que le début du chemin.

Nous avons à cœur de pouvoir ouvrir un cycle de victoires et c’est ça notre prochaine étape, notre prochain objectif, a conclu Laurent Mekies avant de s'engouffrer dans le garage avec Mattia Binotto, tout à leur mission de bâtir ce nouveau cycle.

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