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L’ascension de Nick Kyrgios, entre controverses et coups d’éclat

Il tient sa raquette dans la main droite.

Nick Kyrgios

Photo : Getty Images / Harry Murphy

Agence France-Presse

Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, Nick Kyrgios, qui disputera mercredi à Wimbledon contre Cristian Garin le troisième quart de finale d'un tournoi du grand chelem de sa carrière, ne s'en soucie pas trop. L’électron libre du tennis australien a fini par accepter ce qu'il est.

En 2014, il est un parfait inconnu de 19 ans lorsqu'il stupéfie le monde du tennis en battant Rafael Nadal, alors no 1 mondial, pour atteindre les quarts de finale de Wimbledon.

S'il n'a pas vraiment confirmé depuis avec ses résultats, il s'est façonné l'image d'un joueur colérique et clivant, qui collectionne les amendes. Au point d'éclipser son énorme talent et de laisser sans réponse la sempiternelle question de savoir s'il pourra enfin atteindre un jour son plein potentiel.

Nick est un joueur qui a un énorme talent et qui pourrait gagner des tournois majeurs ou se battre pour la place de no 1 au classement mondial, dit Nadal.

Ce n'est pas un mauvais gars, mais il manque de respect pour le public, pour son adversaire et pour lui-même, ajoute l'Espagnol.

Ils se serrent la main au-dessus du filet.

Nick Kyrgios et Rafael Nadal

Photo : Getty Images / Matthew Stockman

Le Grec Stefanos Tsitsipas, que Kyrgios a battu au troisième tour dans un match houleux durant lequel l'Australien a notamment réclamé la disqualification de son adversaire, va plus loin. C'est un tyran, affirme-t-il.

Même son compatriote Pat Cash ne le supporte plus. Avec lui, c'est un véritable cirque. Il a mené le tennis vers les pires bassesses pour ce qui est de l'esprit sportif, de la tricherie, de la manipulation, des violences verbales, des comportements agressifs envers les arbitres, a lancé Cash sur la BBC.

Andrew Bulley, lui, se souvient d'un tout autre Kyrgios : il était petit, joufflu et énergique lorsqu'il a commencé ses cours de tennis à 4 ans avec son frère et sa sœur aînés.

Il a toujours été meilleur que ses camarades, se souvient son premier entraîneur, mais il n'avait rien de spécial. Jusqu'à ce qu'une poussée de croissance au début de l'adolescence fasse de Kyrgios un joueur de grande taille doté d'un service explosif, aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs.

Alors que la plupart des enfants sous la conduite de Bulley s'entraînaient sagement, Nick était toujours en train d'expérimenter, ce que vous pouvez voir quand il joue. Il a toujours quatre ou cinq options prêtes à l'emploi.

Toutefois, il perdait aussi patience lors d'un exercice trop facile ou trop difficile.

En 2013, à l'âge de 18 ans, Kyrgios devient no 1 mondial chez les juniors en remportant notamment le titre aux Internationaux d’Australie, pour la plus grande joie de son père Giorgos, né en Grèce, et de sa mère Norlaila, une Malaisienne, qui insistent beaucoup sur la discipline et le travail.

Dans sa famille, il n'est pas le premier à sortir des sentiers battus : sa mère est née au sein de la famille royale de l'État malais de Selangor, mais a renoncé à son titre lorsqu'elle s'est installée en Australie.

Depuis son arrivée dans le circuit mondial, Kyrgios, passionné de basket et partisan inconditionnel des Celtics de Boston, n'a pas eu d'entraîneur. Et il ne semble toujours pas favorable à l'idée, préférant s'entourer d'amis et de sa petite amie du moment, un rôle longtemps tenu par la joueuse Ajla Tomljanovic, qualifiée elle aussi pour les quarts à l'All England Club.

Je ne pense tout simplement pas qu'un coach soit prêt pour moi et je veux lui épargner cela, car sinon ce serait un cauchemar, affirme le natif de Canberra.

Je n'aime pas écouter les conseils pour être tout à fait honnête, résume-t-il.

Il est étendu sur un terrain et porte les mains à son visage.

Nick Kyrgios

Photo : Getty Images / Jack Thomas

Depuis ses débuts à l'ATP en 2013, le 40e joueur mondial n'a remporté que six titres, le dernier en 2019 à Washington, mais a déjà payé plus de 545 000 $ CA d'amendes pour des infractions comme le manque d'effort lors d'un match, des raquettes fracassées, des crachats en direction des spectateurs et le jet d'une chaise sur le court.

Le signe d'un mal-être qui l'a poussé à avoir des pensées suicidaires, à s'être drogué et automutilé en 2019, avait-il révélé dans un message Instagram.

Je me regarde dans le miroir tous les jours, et je sais que je suis en paix avec moi-même, a-t-il plus récemment déclaré à ABC News.

Je ne me soucie pas vraiment de ne pas gagner un tournoi du grand chelem un jour [...] Je sais au fond de moi, et les gens qui m'entourent le savent, que je suis une bonne personne.

Kyrgios n'a pas fini de défrayer la chronique : il a été cité à comparaître le 2 août devant un tribunal de Canberra pour agression sur une jeune femme.

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