•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Si vous faites 5e au Tour de France, personne ne s’en souviendra » - Bernard Hinault

Entretien avec Bernard Hinault, le quintuple vainqueur de la Grande Boucle

Bernard Hinault félicite Chris Froome (en jaune) lors du Tour de France de 2016.

Après sa carrière cycliste couronnée de cinq victoires au Tour de France, Bernard Hinault (à droite) a été responsable du protocole de la Grande Boucle pendant près de 30 ans jusqu'en 2016.

Photo : Getty Images / Michael Steele

La plus prestigieuse course cycliste du monde se met en branle le 1er juillet à Copenhague, au Danemark, pour arriver le 24 juillet sur les traditionnels Champs-Élysées à Paris.

Encore une fois, les corps des cyclistes seront mis à rude épreuve, avec le retour des pavés chers au Paris-Roubaix et des passages accidentés, sans oublier les impitoyables montagnes que sont les Alpes et les Pyrénées.

Vingt et une étapes, dont 5 arrivées en altitude comme la mythique et redoutable montée de l’Alpe d’Huez. S’il y a un coureur qui connaît tous ces dangers, c’est bien le Français Bernard Hinault, qui a remporté cinq Tours de France. Il s’est entretenu avec Radio-Canada Sports.

Comment je vois ce Tour 2022? Le parcours, ça ne veut rien dire du tout, ce sont les coureurs qui font la course. Vous leur faites un parcours dur ou plus facile, ça ne change rien, ils vont faire ce qu’ils veulent pour gagner la course. On va peut-être avoir des surprises au Danemark parce qu’il y a beaucoup de vent, et surtout il n’y a pas de montagnes, dit un peu moqueur l’ancien champion.

Après trois jours passés au Danemark, les coureurs se rendront à Calais. Au menu, trois journées d’enfer les attendent, car c’est le retour après quatre ans des secteurs pavés. Il ne faut pas les oublier ces pavés, qui ont fait l’histoire du Paris-Roubaix, comme le rappelle Bernard Hinault.

Il y aura un secteur pavé de 25 kilomètres où il faudra être prudent et faire très attention. Puis, la première montagne avec La planche des belles filles qui est quand même un petit monument bien difficile et ensuite les Alpes. Il y a bien sûr les Pyrénées. Mais selon moi, à la sortie des Alpes, on a déjà le classement final.

Quand on demande au quintuple vainqueur de la Grande Boucle qui il voit dans sa boule de cristal, la réponse ne se fait pas attendre même si la question le fait sourire.

Il faut d’abord mettre dans les favoris celui qui l’a remporté à deux reprises, Tadej Pogacar. Il s’est très bien préparé pour ce Tour de France. Je l’ai vu à la télévision au Tour de Slovénie, chez lui, et il marchait très, très bien. Il a bien préparé son coup. Ensuite, il y a aussi Primoz Roglic, son collègue du même pays, et l’équipe Ineos avec pas mal de coureurs avec qui on pourrait compter. Voilà selon moi les prétendants, après je ne vois pas qui pourrait leur faire peur.

Le Slovène Tadej Pogacar célèbre sa victoire au Tour de France avec sa formation, Team UAE Emirates.

Le Slovène Tadej Pogacar a triomphé au Tour de France l'an dernier. Il a également enlevé le maillot à pois du meilleur grimpeur et le maillot blanc du meilleur jeune sur le podium au terme de la 21e étape.

Photo : afp via getty images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Bernard Hinault est le dernier cycliste de son pays à avoir remporté le Tour de France. C’était en 1985. L’abandon récent de Julian Alaphilippe, la figure de proue du cyclisme français, n'arrange pas les choses.

Je ne crois pas que l’on verra un Français sur le podium. Et je ne vois pas l’intérêt non plus de se battre pour un top 5 ou un top 10 du Tour de France. Je pense qu’il vaut mieux aller gagner une, deux ou trois étapes en étant loin au général. Cela on s’en souviendra toujours. Car si vous faites 5e du Tour de France, personne ne s’en rappellera.

Lors d’une récente entrevue, ​la directrice générale de l’UCI, Amina Lanaya, qui a fait de la lutte contre le dopage son cheval de bataille, a déclaré que si une tête d’affiche doit tomber, elle tombera. Qu’en pense-t-il?

On a fait beaucoup de choses, mais est-ce qu’il y a encore des gens qui trichent? Je n’en sais rien du tout. On parle beaucoup du cyclisme, mais les instances internationales devraient intervenir dans tous les sports pour être sur un pied d’égalité. Est-ce qu’elle a des informations que nous n’avons pas en tant que commun des mortels? Faut voir! De toute manière, il ne faut pas faire de cadeau. Quand on voit ce qui s’est passé avec Lance Armstrong qui était le numéro un et qui avait triché... eh bien, il a payé! Aujourd’hui, il n’y a pas de raison, s’il y en a qui triche, qu’ils soient punis aussi.

Les deux cyclistes, au coeur du peloton, l'un en jaune et l'autre avec un maillot à pois, pédalent.

Greg LeMond, à gauche, et Bernard Hinault, à droite, se sont livré une bataille d'anthologie dans le Tour de France de 1986.

Photo : Associated Press / Lionel Cironneau

Bernard Hinault a prévu d’être présent sur certaines étapes, notamment celle de Calais, où il remettra des vélos à des enfants défavorisés des quartiers difficiles. Sans oublier qu’il sera à l’étape du col du Granon qui fait son retour après 36 ans d’absence.

Dans le col du Granon, je me souviens qu’avec Greg LeMond, on avait fait un super numéro.

Ce n’est pas pour rien que l’on avait surnommé cette étape l’ogre du Briançonnais. Une montée de plus de 17 km avec des pourcentages à donner froid dans le dos. Ce jour de 1986, l’Américain ravissait le maillot jaune à Hinault à l’arrivée au sommet. Un maillot qu’il conservera jusqu’aux Champs-Élysées à Paris. LeMond allait devenir le premier non-Européen Tour de France.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !