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Hockey Canada perd d’importants commanditaires

Logo de la Banque Scotia illuminé dans la nuit.

La Banque Scotia est le premier commanditaire de l'organisme à suspendre sa commandite.

Photo : Radio-Canada / David Horemans

La Presse canadienne

La Banque Scotia a mis sa commandite à Hockey Canada sur la glace. D'autres partenaires ont également pris leurs distances avec la fédération nationale, soit Canadian Tire et Telus.

L'institution financière a fait savoir mardi que cette pause durera jusqu'à ce qu'elle soit convaincue que les bonnes mesures sont prises pour améliorer la culture dans le sport.

Plus tard en journée, le géant du détail Canadian Tire et la société de communications Telus ont annoncé qu'ils retiraient leur soutien en prévision du prochain Championnat du monde junior.

Ces développements surviennent après la décision du gouvernement fédéral de geler le financement public de l'organisation sportive nationale la semaine dernière dans la foulée de sa gestion d'une agression sexuelle présumée et d'un règlement à l'amiable.

Hockey Canada a discrètement réglé une poursuite le mois dernier après qu'une femme eut allégué avoir été agressée par huit membres de l'équipe nationale junior médaillée d'or en 2018 après un gala et une activité de golf il y a quatre ans, à London, en Ontario.

Aucune des allégations n'a été prouvée devant les tribunaux.

Les dirigeants de Hockey Canada ont été convoqués la semaine dernière devant le comité permanent du Patrimoine canadien.

Comme beaucoup d'entre vous, j'ai été consterné par les récentes informations d'agressions présumées impliquant de jeunes ambassadeurs du hockey canadien, a écrit le président et chef de la direction de la Banque Scotia, Brian J. Porter, dans une lettre ouverte. Nous croyons que nous avons la responsabilité, en tant qu'amateurs et commanditaires du hockey, de contribuer à un changement positif dans le sport.

Nous nous engageons à faire en sorte que le hockey soit sécuritaire, inclusif et accessible.

M. Porter a ajouté que le marketing et les événements prévus par la Banque Scotia pour le mondial junior de 2022, reporté par la pandémie en août, sont annulés. Les investissements seront redirigés vers d'autres programmes, dont un qui vise à éliminer les obstacles financiers pour les jeunes dans le sport, et le Championnat du monde féminin.

La Banque Scotia a annoncé qu'elle faisait un don à la Fondation canadienne des femmes, qui soutient les victimes de violence fondée sur le sexe. Elle s'attend également à ce que Hockey Canada coopère pleinement à la vérification demandée par le gouvernement fédéral et s'assure que le financement de l'entreprise a été utilisé comme prévu.

Hockey Canada a déclaré mardi, dans un communiqué, qu'il tient en haute estime sa relation avec la Banque Scotia, ajoutant que nous respectons et comprenons leur décision.

Hockey Canada travaille à changer la culture du hockey ainsi qu'à rendre le sport plus sécuritaire et inclusif, autant dans les arénas que dans nos communautés, peut-on lire. C'est une démarche que nous avons entamée il y a longtemps, mais nous reconnaissons qu'il faut en faire plus, et ce, plus rapidement.

Canadian Tire et Telus emboîtent le pas

La Société Canadian Tire a annoncé avoir mis fin à sa commandite du prochain mondial junior, l'un des tournois de hockey les plus suivis durant la période des Fêtes. Elle souhaite réévaluer son implication auprès de la fédération nationale.

Nous sommes profondément déçus du manque de transparence et de responsabilité de Hockey Canada concernant les allégations de viol. Canadian Tire Corp. retire immédiatement ses liens de commandites pour les prochains Championnats du monde juniors masculins et réévalue ses relations avec Hockey Canada, déclare par communiqué la vice-présidente communications de la Société Canadian Tire, Stephanie Nadalin, dont le Globe and Mail et The Athletic ont obtenu copie.

« Nous demandons à Hockey Canada de faire mieux et de respecter son engagement à changer cette culture du silence devenue systémique dans notre sport national, et d’insister pour qu'il soit plus inclusif et sécuritaire pour tous. »

— Une citation de  Stephanie Nadalin, vice-présidente communications de la Société Canadian Tire

Canadian Tire figure parmi les 14 partenaires internationaux de Hockey Canada, dont fait aussi partie la Banque Scotia.

De son côté, Telus redirigera l'argent de son parrainage de Hockey Canada et du Championnat du monde junior vers des organisations canadiennes qui soutiennent les femmes touchées par la violence sexuelle.

Nous sommes consternés par les récents rapports d'agression impliquant des membres de l'équipe du Championnat du monde junior de 2018, a écrit l'entreprise dans un communiqué.

Telus a laissé savoir qu'elle continuerait à soutenir les événements destinés aux femmes et les programmes de soutien aux jeunes dans le hockey.

Elle donne une conférence de presse.

La ministre canadienne des Sports, Pascale St-Onge

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Hockey Canada a reconnu la semaine dernière qu'il devait faire plus pour bâtir une culture plus sécuritaire après une semaine tumultueuse au cours de laquelle le président Scott Smith et le chef de la direction sortant Tom Renney ont été convoqués par des parlementaires.

Nous attendions tous des réponses aux nombreuses questions concernant la façon dont ils ont géré la situation, avait indiqué la ministre St-Onge, aux journalistes à Ottawa, mercredi dernier.

Malheureusement, nous n'avons pas reçu beaucoup de réponses.

Elle a révélé à ce moment-là que Hockey Canada ne recouvrerait son financement du gouvernement qu'une fois que ses dirigeants auraient produit un rapport incomplet du cabinet d'avocats tiers embauché pour enquêter sur l'incident de 2018 qui aurait impliqué huit joueurs juniors.

Elle a ajouté que Hockey Canada doit également devenir signataire du Bureau du commissaire à l'intégrité, une nouvelle agence gouvernementale ayant le pouvoir d'enquêter de manière indépendante sur les plaintes d'abus et d'imposer des sanctions.

La femme qui a allégué avoir été victime d'agression, maintenant âgée de 24 ans, réclamait 3,55 millions de dollars en dommages et intérêts à Hockey Canada, à la Ligue canadienne de hockey et aux joueurs anonymes.

Les détails du règlement n'ont pas été rendus publics, mais Smith a prétendu que Hockey Canada avait fourni les fonds, ajoutant qu'aucun argent du gouvernement n'avait été utilisé. Mme St-Onge a ordonné la vérification pour s'assurer que c'est bien le cas.

Le comité permanent du Patrimoine canadien doit se réunir les 26 et 27 juillet pour entendre d'autres témoins. Il a également demandé à voir une copie expurgée de l'accord de non-divulgation lié au règlement à l'amiable et une longue liste des communications de Hockey Canada.

La ministre St-Onge a révélé qu'elle n'avait appris la situation que lors d'un appel téléphonique avec Renney quelques jours avant que TSN dévoile l'affaire le mois dernier. Hockey Canada a déclaré avoir informé Sport Canada de la situation en juin 2018.

La Chambre des communes a approuvé à l'unanimité une motion du Bloc québécois visant à mener une enquête indépendante sur la façon dont Hockey Canada a traité les allégations.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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