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Le début d’un nouveau chapitre pour les plongeurs canadiens

Un plongeur effectue une vrille.

Le plongeur Nathan Zsombor-Murray s'est classé 13e des demi-finales du 10 m.

Photo : Getty Images / Clive Rose

Radio-Canada

Dès dimanche, les plongeurs canadiens prendront part aux Championnats du monde de la FINA à Budapest, une occasion en or de se mesurer à l’élite mondiale un an après les Jeux olympiques de Tokyo.

Comme toujours, la période post-olympique a été ponctuée de changements pour l’équipe canadienne de plongeon. Et cette fois, Plongeon Canada a perdu plusieurs de ses piliers.

Du côté des femmes, deux des meilleures plongeuses de l’histoire ont raccroché leur serviette pour de bon en Meaghan Benfeito et Jennifer Abel.

À elles seules, les Québécoises ont décroché pas moins de cinq médailles olympiques, une dizaine de médailles aux mondiaux et une centaine de podiums en Coupe du monde.

Les épreuves de plongeon seront présentées en webdiffusion par Radio-Canada Sports avec la description de Michel Chabot et de Guy D'Aoust et l’analyse de Roseline Filion.

Du côté masculin, Vincent Riendeau et Philippe Gagné se sont retirés depuis le dernier cycle olympique.

Ces départs, aussi névralgiques soient-ils pour Plongeon Canada, ouvrent la porte à une nouvelle génération de plongeurs.

Survol de la compétition en cinq questions avec l’analyste Roseline Filion :

Q. Il s’agit de la première compétition de grande envergure depuis les Jeux de Tokyo en 2021. L’équipe canadienne a profondément changé depuis l’été dernier pour faire place à de nouveaux visages aux avant-postes. Qui sont-ils?

R. C'est vraiment une refonte complète de l'équipe canadienne. C’est l'occasion pour les jeunes de se faire voir, de faire de plus en plus de compétitions.

Celle qui retient le plus mon attention, c’est Mia Vallée que je connais depuis qu’elle est toute petite. Elle est partie plonger pour l’Université de Miami et les nationaux [en mai, NDLR], c’était la première fois qu’elle revenait au Canada pour une compétition. Elle s’est démarquée. Je savais qu’elle avait le talent, mais j’ai été impressionnée par sa force de caractère, sa capacité à gérer la pression. Elle a pris beaucoup de maturité.

Chez les gars, Nathan Zsombor-Murray a une facilité à faire des plongeons avec des coefficients de difficulté vraiment élevés. Et, en plus, il est capable d'aller chercher des notes parfaites. Il l'a démontré à la Coupe du monde à Tokyo l'an passé et aux nationaux en début de saison avec un 10 sur quelques plongeons. On voit qu'il n'a pas perdu son rythme. Au contraire, la pandémie lui a permis de s'entraîner plus et d'améliorer sa technique.

Elle réalise un saut.

Mia Vallée en action à l'épreuve individuelle du 3 m.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Q. Qui seront les jeunes vétérans qui les épauleront?

R. C'est drôle à dire, mais Caeli McKay est rendue la plus vieille de l'équipe [à l’âge de 22 ans, NDLR]. Elle a toujours été la plus jeune, menée par des plus vieux, que ce soit Meaghan Benfeito, Jennifer Abel ou Pamela Ware, mais elle a maintenant ce rôle-là malgré elle. Je pense que ça va lui faire du bien de savoir que les plus jeunes la regardent, elle qui a une éthique de travail phénoménale. C'est une bonne chose pour elle.

Q. Un nouvel entraîneur s’est également joint au groupe cet automne, en remplacement d’Arturo Miranda. Qui est Hui Tong?

R. Hui Tong a entraîné au Canada il y a vraiment longtemps, c'était l'entraîneur de Blythe Hartley quand elle a été championne du monde en 2001 à Fukuoka. C’est vraiment un excellent entraîneur. Il a déménagé en Australie avec sa famille pour travailler avec l'équipe australienne, mais il a toujours gardé un œil sur les Canadiens… On avait une super belle relation. L’équipe est très heureuse d'avoir des changements au sein des entraîneurs. C'est beaucoup de changements en même temps, mais quand on voit les têtes d'affiche partir, on n’a comme pas le choix de rebrasser la soupe et de voir comment on peut continuer à être une nation dominante.

L'entraîneur Hui Tong donne ses directives au plongeur Thomas Ciprick, près de la piscine.

Le plongeur Thomas Ciprick et l'entraîneur Hui Tong

Photo : Plongeon Canada / Josh Schaefer

Q. Le Canada brille de tous ses feux en natation depuis le coup d’envoi des mondiaux. À quoi s’attendre du côté des plongeurs?

R. J'ai l'impression que ça va prendre un peu de temps avant de les revoir sur le podium. Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de talent, au contraire, mais c'est vraiment juste qu'il faut prendre le temps de bien voir les choses. On est dans les tests, je dirais, donc je ne m'attends pas à beaucoup de podiums. En synchro mixte, il y a peut-être une occasion. Je dirais que c'est le premier pas vers une nouvelle équipe, de faire sa marque, d'analyser ce qui se passe ailleurs dans le monde. Je pense qu'après les Championnats du monde, on va avoir une meilleure idée où le Canada se situe.

Q. Mettons de côté la sélection canadienne un moment. Quels athlètes internationaux et pays seront à surveiller de près au cours des prochains jours?

R. Je dirais l'Australie. Il y a beaucoup de très bonnes plongeuses, il y a Melissa Wu qui a été médaillée aux Jeux de Tokyo, Annabelle Smith et Maddison Keeney… Elle est l'une des meilleures du monde. L'équipe britannique a changé. Tom Daley a pris une année sabbatique, mais le champion olympique Matty Lee sera là quand même. Les Anglais vont être à surveiller. Évidemment, l'équipe chinoise est un incontournable.

Sinon, Oleksii Sereda, un jeune prodige de l’Ukraine. Il n'a pas gagné de médaille aux Jeux [il n’avait que 15 ans, NDLR], mais on voyait que ses plongeons étaient très solides. De belles entrées à l'eau, un très beau potentiel. Ça serait lui mon coup de cœur.

Les six plongeurs de la délégation canadienne à Budapest

Femmes

  • Tremplins de 1 m et de 3 m : Mia Vallée & Margo Erlam
  • Plateforme de 10 m : Caeli Mckay
  • 3 m synchronisé : Mia Vallée en équipe avec Margo Erlam

Hommes

  • Tremplins de 1 m et de 3 m : Bryden Hattie
  • Plateforme de 10 m : Rylan Wiens & Nathan Zsombor-Murray
  • 10 m synchronisé : Rylan Wiens en équipe avec Nathan Zsombor-Murray

Quelques absences notables

Pamela Ware : La vétérane de deux Jeux olympiques n’a pas été en mesure de se qualifier pour les mondiaux. Ware, qui avait terminé au pied du podium aux Jeux de Rio, a conclu les nationaux de mai dernier au 3e rang aux tremplins de 1 m et de 3 m. Seules les deux premières (Vallée et Erlam) obtenaient leur billet.

Mélissa Citrini-Beaulieu : La Québécoise a été opérée au pied gauche et sera à l’écart jusqu’au mois d’août. Médaillée d’argent aux Jeux de Tokyo en compagnie de Jennifer Abel au 3 m synchro, elle vise toujours une place dans l’équipe canadienne en vue de ceux de Paris en 2024.

Cédric Fofana : Le Québécois a également raté sa qualification pour les mondiaux. Fofana, qu’on a vu faire ses débuts olympiques au Japon à seulement 17 ans, n’a pas réussi le standard pour se qualifier.

Les épreuves de plongeon se tiendront du 26 juin au 3 juillet, avec des finales tous les jours à la Duna Arena de Budapest.

(Avec les informations de Félix St-Aubin)

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