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Roe c. Wade : le monde du sport réagit

L'attaquante américaine Megan Rapinoe surveille le jeu lors d'un match de groupe entre les États-Unis et la Thaïlande au Mondial de 2019.

Megan Rapinoe a prononcé une allocution de neuf minutes sur l'invalidation de l'arrêt Roe c. Wade.

Photo : AFP / LIONEL BONAVENTURE

Associated Press

La vedette de l’équipe américaine de soccer Megan Rapinoe a fait part de sa colère après que la Cour suprême eut annulé les protections du droit à l’avortement, vendredi. Elle déplore notamment l’effritement de droits que les femmes avaient acquis depuis une génération.

Je crois que l’objectif, c’était d’être cruel, parce que [cette décision] n’est aucunement pro-vie, a soutenu Rapinoe, au bord des larmes à quelques reprises au cours de son allocution.

D’autres personnalités sportives américaines ont uni leurs voix à celle de Rapinoe pour témoigner de leur consternation, de leur colère et de leurs inquiétudes après cette décision qui invalide l’arrêt Roe c. Wade.

Le joueur vedette des Lakers de Los Angeles LeBron James a écrit sur Twitter que c'était une décision de pouvoir et de contrôle. Il a aussi relayé quelques publications au sujet des répercussions sur les femmes noires.

Dans un communiqué commun, le commissaire de la NBA Adam Silver et la commissaire de la WNBA Cathy Engelbert ont indiqué que leurs ligues croient que les femmes devraient pouvoir prendre leurs propres décisions en ce qui a trait à leur santé et à leur avenir, et nous croyons qu’il faut protéger ces libertés.

Nous continuerons à défendre l’équité des genres et l’accès égalitaire aux soins de santé, notamment en donnant accès à des soins de santé génésique, peu importe leur milieu de vie, ont également déclaré les commissaires.

Rapinoe se trouve au Colorado, où les doubles championnes du monde en titre se préparent à affronter la Colombie samedi. Elle a également affirmé craindre que la Cour veuille ensuite s’en prendre à ses droits comme femme homosexuelle.

Nous vivons dans un pays où l'on tente constamment de miner ce qui vous revient intrinsèquement, ce dont vous avez eu le privilège de jouir toute votre vie, a-t-elle ajouté.

La décision de la Cour touchera directement les femmes qui jouent pour des équipes établies dans les États qui pourraient interdire l’avortement dans la foulée.

C’est le cas au Kentucky, domicile du Racing Louisville de la NWSL, où l’accès à l’avortement a pris fin abruptement vendredi.

Le Kentucky avait adopté une loi-gâchette en 2019 qui interdit désormais presque tous les avortements dans cet État.

Les femmes du Kentucky qui ont besoin d’un avortement seront forcées à conduire une distance moyenne de 394 kilomètres pour des soins de santé dignes de ce nom après la décision de la Cour suprême. Nous nous inquiétons donc particulièrement des répercussions qu’auront sur les membres marginalisées de nos communautés la décision d’aujourd’hui et celles qui viendront plus tard, a écrit le Racing Louisville dans un communiqué.

En Floride, une nouvelle loi qui interdira tout avortement après 15 semaines de gestation entrera en vigueur le 1er juillet. Le Pride d’Orlando, de la NWSL, a publié une déclaration commune avec son équipe sœur de la MLS, l'Orlando City SC.

L’accès sécuritaire à des soins de santé génésique et le principe d’autonomie corporelle sont des droits fondamentaux et non négociables. Nos clubs s’opposent fortement à la décision de la Cour suprême, pouvait-on y lire.

Le Texas, où sont établis le Dash de Houston (NWSL) et les Wings de Dallas (WNBA), est l’un des 13 États qui ont adopté des lois-gâchettes, comme le Kentucky. Deux autres équipes de la WNBA, le Fever de l’Indiana et le Dream d’Atlanta, sont situées dans des États qui restreignent le droit à l’avortement.

La veille de la décision, Billie Jean King soulignait l’anniversaire de la loi Title IX, qui interdit la discrimination fondée sur le genre dans les établissements d'enseignement, et ses répercussions sur les femmes et le sport.

Cette décision n’empêchera pas l’avortement. Elle empêchera l’accès sécuritaire et légal à cette intervention médicale primordiale. C’est un jour triste pour les États-Unis, a-t-elle déclaré.

Dans son autobiographie publiée en 2021, King a raconté qu’elle avait subi un avortement en 1971, en Californie, où l’intervention était légale. Elle avait également signé une pétition qui exigeait la légalisation de l’avortement dans un numéro du magazine Ms, paru en 1972, où plusieurs personnalités révélaient qu’elles avaient eu recours à l’avortement.

Des entraîneuses, des joueuses, des équipes et des syndicats ont massivement critiqué la décision de la Cour. La joueuse de tennis Coco Gauff, notamment, avait peine à y croire.

Je suis extrêmement déçue de la décision d’aujourd’hui. C’est triste de penser qu’elle n’empêchera même pas les avortements. Cela ne fera qu’accroître le nombre d’avortements illégaux et dangereux. C’est un jour très triste pour notre pays, et je ne peux pas croire qu’encore une fois, l’histoire se répète, a écrit sur Twitter la joueuse de 18 ans, finaliste à Roland-Garros ce mois-ci.

L’association des joueuses de la WNBA n’a pas mâché ses mots.

Cette décision ouvre perfidement la porte à des interdictions de l’avortement qui aggraveront les inégalités économiques, sociales et politiques. Elle pourrait accroître les taux de mortalité maternelle et démolira les droits de tous en matière de liberté de reproduction.

Carol Hutchins, l’entraîneuse de l’équipe de softball de l’Université du Michigan et détentrice du record de victoires de la NCAA, dit qu’elle a pris connaissance de la décision par les alertes envoyées à son téléphone.

Je m’attendais pleinement à ce que ça se produise parce qu’on en parle depuis un moment et que c’était évident que ça s’en venait, a indiqué Hutchins. Il n’y a pas de distinction entre les droits des femmes et les droits de la personne, et je crois que les droits de la personne en général sont en état de siège dans ce pays. Les gens ont droit à la vie, à la liberté et au bonheur, et je crains pour ces droits.

Les athlètes féminines n’étaient pas les seules à s’exprimer. Le gardien des Sounders de Seattle Stefan Frei, par exemple, a rapidement réagi à la décision sur Twitter.

Un jour, on impose un droit constitutionnel au port d’arme dissimulée, et le lendemain, on supprime la protection constitutionnelle et fondamentale des droits en matière de reproduction? Notre pays choisit d’aller dans la mauvaise direction, a écrit Frei en référence à une autre décision de la Cour suprême, qui a invalidé une loi de l'État de New York qui imposait des limites au port d’une arme de poing.

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