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Steven Butler passe, Artem Oganesyan casse dans la douleur

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Steven Butler (à gauche) a été poussé à la limite par Brandon Brewer.

Photo : Denis Germain - Eye of the Tiger Management

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Jean-François Chabot

MONTRÉAL – Steven Butler (30-3-1, 25 K.-O.) a eu à trimer plus dur qu’il ne le croyait nécessaire pour décrocher la ceinture de la NABF des poids moyens par décision unanime, jeudi soir, au Casino.

Le Montréalais avait promis de s’imposer en cette veille de la Saint-Jean-Baptiste, mais force est d’admettre que le Néo-Brunswickois Brandon Brewer (25-2-2, 11 K.-O.) lui a donné du fil à retordre.

Dans une confrontation qui n’était pas sans rappeler le duel qui avait opposé, en octobre 2021, Oscar Rivas au Néo-Écossais Ryan Rozicki, pour le tout premier titre mondial des super-lourds-légers, Butler a vraiment jeté toutes ses réserves dans la bataille.

Rozicki a d'ailleurs assisté en personne à la prestation de son voisin des Maritimes.

Chaque fois que l’on croyait Brewer sur le point de rendre les armes, ce dernier se redressait aussi vite pour narguer Butler en l’invitant à cogner plus fort.

Et les coups pleuvaient. Et Brewer pliait sans casser. Les uppercuts de Butler touchaient la cible avec puissance. La tête de Brewer basculait violemment et retrouvait sa place en prévision de la prochaine attaque.

Même s'il n'est pas parvenu à stopper son adversaire, les juges ont clairement signifié l’ascendant de Butler en remettant des cartes de 100-90, 100-89 et 99-90.

Il était tough, mais une chance que j'étais en forme. Et crédit à mon adversaire... Je ne pensais pas qu'il tiendrait jusqu'au bout. En fait, je pense que l'arbitre a laissé passer plusieurs occasions d'arrêter le combat à partir du 6e round. Il (Brewer) ne répondait plus. On a fait des rounds qui m'ont apporté cette expérience-là, a dit Butler après le combat.

Oui, je me suis ménagé à quelques reprises, mais ça c'est l'expérience. Mais je gagnais des rounds, je roulais avec les coups et je bougeais bien mon corps. J'ai essayé bien des angles et j'ai surtout démontré zéro fatigue durant le combat. J'aurais pu faire 12 rounds ce soir, a-t-il ajouté.

Si la supériorité technique de Butler n’a jamais fait de doute durant les 10 rounds de cette guerre de tranchées, Brewer se sera sûrement fait quelques admirateurs parmi les quelque 550 spectateurs présents pour l’événement.

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Artem Oganesyan a trimé dur pour son premier titre mineur qui le classera dans le top 15 mondial.

Photo : Denis Germain - Eye of the Tiger Management

Oganesyan à l'école

Plus tôt, le Russe et Montréalais d'adoption Artem Oganesyan (13-1, 11 K.-O.) s'est incliné devant le coriace Mexicain Dante Jardon (35-8, 25 K.-O.) par décision unanime, laissant filer le titre de la NABF des super-mi-moyens.

À l'instar de son combat précédent en mars, Oganesyan a connu un faux départ et a visité le tapis dès le premier round. Il s'est lentement repris en main pour maîtriser l'affrontement. Il faut dire qu'il ne semblait pas suivre à la lettre le plan de match de son entraîneur Marc Ramsay.

Ce dernier ne s'est d'ailleurs pas gêné pour le rappeler à l'ordre sévèrement entre les rounds. Mais les remontrances n'ont pas porté leurs fruits puisqu'Oganesyan s'est souvent retrouvé en difficultés dans six des sept rounds suivants. Il s'est même mis à risque en échangeant souvent coup pour coup avec son rival.

Celui-ci, largement plus expérimenté, présentait un ratio de 73,4 % de victoires acquises avant la limite, de quoi commander le plus grand respect.

Au bout des 10 rounds d'une bataille qu'il a rendue inutilement ardue, Oganesyan a vu son adversaire obtenir la faveur des juges qui ont remis des cartes de 98-91, 95-94 et 97-92.

Oganesyan, lui, en a été quitte pour une commotion cérébrale et n'a pas pu rencontrer les journalistes à l'issue de cette dure leçon de boxe.

Ceintures et bretelles pour Bazinyan

Dans ce qui se voulait l’attraction principale de la soirée, Erik Bazinyan (28-0, 21 K.-O.) est reparti avec les ceintures de la NABA et de la NABF des super-moyens au terme d’un combat très défensif.

Peut-être trop prudent face à l’Argentin Marcelo Esteban Coceres (30-4-1, 16 K.-O.), Bazinyan n’est pas parvenu à créer les étincelles promises.

D’un bout à l’autre de ce duel, les deux boxeurs se sont souvent contentés de travailler en contre, les attaques étant bloquées par la garde et les gants adverses.

En dépit de sa fiche immaculée, Bazinyan n’est pas parvenu à soulever la foule comme l’avaient fait Butler, Ulysse, Beaudoin et Spencer avant lui.

Comme la victoire fait foi de tout, les juges (98-92, 98-92, 100-90) l’ont propulsé dans les hauteurs des classements mondiaux de la WBA et de l’IBF.

Bazinyan est désormais dans les ligues majeures. L'opposition y sera de plus en plus féroce.

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Mary Spencer n'a fait qu'une bouchée de Chris Namus.

Photo : Denis Germain - Eye of the Tiger Management

Soirée animée

L’Ontarienne Mary Spencer (6-0, 4 K.-O.) n’a pas donné le temps de souffler à l’Uruguayenne Chris Namus (25-8, 8 K.-O.), ancienne championne de l'IBF des super-mi-moyennes.

L’olympienne et triple championne du monde chez les amateurs a envoyé Namus au tapis à trois reprises en l’espace de 1 min 56 s, forçant la fin du combat comme le veut la règle. C'est contre cette même Namus que Marie-Eve Dicaire était devenue championne mondiale pour la première fois, le 1er décembre 2018.

À la vitesse où l’athlétique boxeuse de 1,81 m (5 pi 11 po) progresse, il ne faudrait pas s’étonner si Spencer se retrouvait en championnat du monde avant la fin de l’année.

Déjà le nom de la Britannique Hannah Rankin (12-5, 3 K.-O.), championne de la WBA, circule en coulisses.

Beaudoin aussi

D'autre part, la boxeuse super-plumes Leila Beaudoin (6-0), du Témiscouata, est demeurée invaincue au terme d'un combat de six rounds contre la Française Amel Anouar (2-3-1). Elle a remporté une décision unanime de 60-54 de la part des juges.

J'ai été en mesure d'appliquer tout ce qu'on avait pratiqué dans le gymnase. Je pense que cela m'a permis d'avancer ma technique. Je n'ai pas lancé plein de coups pour rien. Je pense que j'ai été précise dans mes attaques et que j'ai touché souvent la cible, a dit celle qui venait de livrer un troisième combat en l'espace de quatre mois.

Elle a promis de demeurer très active à la rentrée.

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Leila Beaudoin (à droite) a livré la performance dont elle avait besoin face à Amel Anouar.

Photo : Denis Germain - Eye of the Tiger Management

La relance d'Ulysse fils

Dans un combat de remise en forme, Yves Ulysse fils (21-2, 11 K.-O.) a inscrit une victoire convaincante avant la limite contre l’Argentin Reuquen Facundo Arce (14-7, 2 K.-O.).

Après avoir bien pris la mesure de son opposant, Ulysse a ouvert la machine au 3e round avec une combinaison de coups au corps et un crochet à la tête. Arce a mis un genou au sol et laissé l’arbitre compléter le compte de 10.

Ulysse livrait un premier combat depuis juillet 2021. Il a dû patienter le temps de subir une chirurgie à un coude. La pandémie a fait le reste. Cette victoire le relance sur la bonne voie.

En lever de rideau, le boxeur mi-moyen montréalais Hamza Khabbaz (4-0, 1 K.-O.) a récolté une décision unanime des juges (40-35, 40-35 et 39-36) face au Mexicain Marco Chino Villa (3-7).

Makhmudov et Mbilli à la rentrée

Le promoteur Camille Estephan place déjà ses pièces sur le damier en vue d'une rentrée pugilistique qu'il veut attrayante et spectaculaire.

Eye of the Tiger Management annonce la tenue de deux soirées, les 9 et 16 septembre, au Casino de Montréal. La première proposera une finale avec le champion de la NABA et de la NABF des poids lourds, Arslanbek Makhmudov (14-0, 14 K.-O.).

La suivante mettra en vedette Christian Mbilli (21-0, 19 K.-O.), qui défendra sa ceinture du WBC continental des Amériques des super-moyens. On a apparemment déjà trouvé un adversaire en provenance des États-Unis.

Lemieux en réflexion

Questionné sur l'avenir du super-moyen David Lemieux (43-5, 36 K.-O.), Camille Estephan a indiqué que son protégé de 33 ans était toujours en réflexion quant à son avenir en tant que boxeur professionnel.

Cinq semaines après sa dure défaite aux mains de David Benavidez (26-0, 23 K.-O.) à Glendale, en Arizona, Lemieux s'accorde du temps avant de se prononcer sur cette question aussi sensible que difficile.

S'il s'attend à une réponse sous peu, Estephan a dit à Radio-Canada Sports qu'il ne souhaitait pas mettre de pression inutile.

« Quand il prendra la décision, je veux que ce soit la bonne. Je ne veux pas qu'il se retire en ayant des regrets. »

— Une citation de  Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

Estephan a aussi indiqué que le vaste bagage de Lemieux, qui vit dans le milieu de la boxe depuis l'âge de 9 ans, jumelé à l'attachement qu'il a pour lui, pourrait faire de Lemieux un solide candidat pour un poste au sein de son entreprise.

Autres résultats :

Super-légers, 6 rounds

  • Luis Santana (6-0, 2 K.-O.), Montréal, bat Sergio Hernandez Cruz, Mexique, (8-1-1, 6 K.-O.), décision unanime 60-54, 60-54, 60-54

Super-plumes, 6 rounds

  • Avery Martin-Duval (7-0-1, 4 K.-O.), Montréal bat Luis Reyes Carmona (9-2-1, 2 K.-O.), décision unanime, 58-56, 58-56, 58-56

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