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Chronique

Comment peut-on prédire l’issue d’un feu d’artifice?

Deux joueurs de hockey en blanc se parlent sur la glace.

Connor McDavid et Leon Draisaitl sont en feu pour les Oilers en séries.

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Ce carré d’as était totalement imprévu et il s’avère fort intrigant.

Nous assistons aux séries éliminatoires les plus palpitantes et les plus imprévisibles depuis de nombreuses années. Les matchs sont arbitrés différemment, plusieurs gardiens sont tombés au combat, et il y a très longtemps que les vedettes offensives ne se sont pas éclatées autant durant le tournoi printanier.

Au début de la saison, à peu près personne n’aurait osé croire à une finale de l’Est opposant les Rangers de New York au Lightning de Tampa Bay ni à une finale de l’Ouest mettant aux prises les Oilers de Connor McDavid à l’Avalanche de Nathan MacKinnon.

Tout est en place pour deux séries qui présenteront des styles diamétralement opposés.


Dans l’Ouest, c’est un véritable feu d’artifice qui se prépare.

Les Oilers comptent sur McDavid et Leon Draisaitl, les deux meilleurs attaquants de la LNH. Et les deux sont au sommet de leur art. Le monstre à deux têtes des Oilers est soutenu par Zach Hyman, un ailier de puissance productif, et Evander Kane, qui produit au rythme d’un marqueur de 50 buts depuis qu’il s’est joint aux Oilers l’hiver dernier.

Il reçoit les félicitations de ses coéquipiers au banc des Oilers alors que des casquettes recouvrent la patinoire, lors d'un match disputé le 22 mai 2022 à Edmonton.

Evander Kane

Photo : usa today sports / Perry Nelson

Pour se rendre jusqu’au carré d’as, l’Avalanche du Colorado a vaincu les Predators de Nashville et les Blues de Saint Louis. Même si les attaques de leurs deux derniers adversaires n’étaient pas aussi féroces que celle des Oilers, le gardien numéro un de l’Avalanche, Darcy Kuemper, n’a pu faire mieux qu’un taux d'efficacité de ,904.

Comment pourra-t-il tenir le coup face aux Oilers?

En même temps, l’équipe albertaine est loin d’être une merveille en défense. Les Oilers présentent la moyenne de buts accordés la plus élevée (3,08) parmi les quatre formations qui sont encore en vie. Et leur gardien Mike Smith, malgré ses 40 ans bien sonnés et un taux respectable de ,924, donne souvent l’impression d’être une bombe à retardement.

L’unité de désavantage numérique des Oilers a très bien réussi depuis le début des séries. Mais les 85,4 % d’efficacité des Oilers seront face à la deuxième unité d’avantage numérique de l’histoire moderne de la LNH. L’équipe du Colorado a maintenu un époustouflant taux de succès de 34,5 % dans les deux premiers tours des séries.

Depuis que la LNH compte plus de six équipes, parmi celles qui ont franchi les deux premiers tours des séries, seuls les Islanders de New York de 1981 ont connu plus de succès que l’Avalanche avec 37,4 % d’efficacité en supériorité numérique.

Cela dit, l’unité de désavantage de l’Avalanche est chancelante. Et les Oilers ne sont pas vilains non plus en attaque massive, avec plus de 28 % d’efficacité.

Les Oilers et l’Avalanche sont par ailleurs les deux équipes qui ont marqué le plus de buts à 5 contre 5 depuis le début des éliminatoires.

Un vieil adage veut que ce soit la défense qui remporte les championnats. Mais depuis le début de ce printemps surréaliste, les Oilers, comme leurs aïeux des années 1980, ont montré qu’il est possible de semer le chaos en remplissant les filets adverses et en établissant des records.

C’est l’attaque qui dictera l’allure de cet affrontement, et le quintette offensif des Oilers (McDavid, Draisaitl, Kane, Hyman et Ryan Nugent-Hopkins) est supérieur à celui que forment MacKinnon, Cale Makar, Mikko Rantanen, Gabriel Landeskog et Nazem Kadri.

Un joueur de hockey patine à travers des casquettes lancées sur la glace.

Nathan MacKinnon a inscrit un tour du chapeau dans une défaite en prolongation face aux Blues de Saint Louis au deuxième tour.

Photo : Reuters / Isaiah J. Downing

Pour toutes ces raisons, les Oilers en six.


La série opposant les Rangers de New York au Lightning de Tampa Bay sera, quant à elle, bien différente.

D’abord, disons les choses comme elles sont : les Rangers n’ont pas vraiment leur place dans le carré d’as. Face aux Penguins et aux Hurricanes, les Blue Shirts étaient en retard 0-2 lors des deux premiers tours éliminatoires et ils l’ont emporté en sept matchs chaque fois, même s’ils faisaient face à des gardiens réservistes ou à des gardiens de la Ligue américaine.

Le gardien Igor Shesterkin a été le facteur qui a fait pencher la balance en faveur des Rangers les deux fois. Il a fait face à près de 50 % plus de chances de marquer de qualité que les hommes masqués des Penguins et des Hurricanes, et il a quand même réussi à se façonner un taux d’efficacité de ,928.

Un gardien en bleu, son masque relevé sur sa tête.

Igor Shesterkin connaît de bonnes séries pour les Rangers.

Photo : Getty Images / Elsa

Cet avantage des Rangers sera toutefois biffé de l’équation face au Lightning parce que Tampa Bay mise sur le meilleur gardien de la LNH en Andrei Vasilevskyi.

Même après avoir affronté deux équipes qui aspiraient sérieusement à la conquête de la Coupe Stanley, Vasilevskyi montre un taux de ,932. Et depuis le septième match de la série de premier tour contre les Leafs, il est littéralement invincible, comme en témoigne son taux de ,978.

Le Lightning vient de réussir à vaincre deux des plus redoutables attaques de la LNH. Les Panthers avaient connu la meilleure saison offensive des 27 dernières années et, à la surprise générale, ils ont plié en quatre petits matchs au second tour. Il serait donc très surprenant que les Rangers causent des maux de tête à Tampa Bay.

Autre détail intéressant : les doubles champions de la Coupe Stanley n’ont disputé que 11 matchs depuis le début des séries et viennent de profiter de huit grosses journées de repos. Les Rangers ont disputé 14 matchs en l’espace de 27 jours et on leur souhaite bonne chance.


Par contre, et il faut en tenir compte, le Lightning tire dangereusement de la langue ce printemps.

Nikita Kucherov et Victor Hedman jouent de l’excellent hockey, mais Brayden Point, le coeur offensif de l’équipe, est blessé et ne commencera pas la série. Des attaquants importants comme Anthony Cirelli, Alex Killorn et Brandon Hagel apportent une faible contribution.

Ceci expliquant cela, parmi les quatre équipes encore actives, le Lightning est celui qui a inscrit le moins de buts à 5 contre 5 (18) depuis le début du tournoi printanier. Et de loin à part cela. Si les officiels décidaient de ranger leur sifflet et de limiter le nombre de supériorités numériques, ça pourrait devenir problématique pour eux.

Au bout du compte, cette série s’annonce comme un épique duel de gardiens.

Statistiquement, Shesterkin s’est avéré le gardien le plus efficace de la LNH au cours des deux derniers calendriers. C’est toutefois dans les séries que les légendes naissent. Aussi, le portier des Rangers n’a pas encore affronté un adversaire de la trempe de Vasilevskyi, qui vient de signer l’une des meilleures performances de l’histoire face aux Panthers.

J’y vais avec Vasilevskyi, qui a littéralement permis au Lightning de ressusciter au second tour.

Le Lightning en cinq.

Un gardien sur ses genoux arrête la rondelle avec son bâton.

Le gardien du Lightning Andrei Vasilevskiy

Photo : AP / Chris O'Meara

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