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Nadal freine Auger-Aliassime en cinq manches à Roland-Garros

Nadal félicite son adversaire qui offre un sourire malgré la défaite.

Félix Auger-Aliassime et Rafael Nadal ont offert tout un spectacle dimanche à Paris.

Photo : Reuters / DYLAN MARTINEZ

Félix Auger-Aliassime a fait vaciller le roi Nadal, mais il n’a pu le faire tomber de son trône.

Le Québécois a poussé le meilleur joueur de l’histoire sur terre battue à disputer une manche ultime, mais il a finalement rendu les armes 6-3, 3-6, 2-6, 6-3 et 3-6 au bout de 4 h 20 min de combat.

J'ai cru en mes chances jusqu'au bout. C'est le genre de match que tu rêves de gagner. J'ai tout donné, j'ai tout essayé jusqu'à la fin. J'ai pas de regrets. Mais malgré tout, c'est le genre de match auquel tu repenses après. Ça aurait été magnifique de gagner, a-t-il laissé tomber.

Auger-Aliassime a fait jeu égal avec son rival jusqu’en fin de cinquième manche quand il a été brisé. En avance 5-3, Rafael Nadal a mis fin à ce très long débat dès le jeu suivant.

Aucun joueur n’était parvenu jusqu’ici cette année à Roland-Garros à arracher une seule manche à la 5e tête de série.

Dans toute l’histoire du tournoi, seuls Novak Djokovic, en 2013, et John Isner, en 2011, ont réussi à pousser Nadal à la limite des cinq manches, sans toutefois l’emporter.

Dimanche, une fois les raquettes déposées, les deux joueurs se sont donné une chaleureuse poignée de main au filet, qui a sans doute plu à l’oncle Toni Nadal, conseiller du clan Auger-Aliassime.

Comme convenu au début de leur collaboration en 2021, la neutralité était de mise pour les duels entre la pépite canadienne et le neveu, avec qui Toni a remporté 16 titres majeurs, dont 10 des 13 à Roland-Garros. 

Il est un joueur extraordinaire, l’un des meilleurs du monde, a dit Nadal, sur le terrain, au sujet de son rival du jour. Il est très jeune, très puissant, et sa mobilité est extraordinaire. C’était un adversaire très coriace qui fait très bien plusieurs choses.

Un joueur de tennis vêtu de noir s'étire pour frapper une balle du revers lors d'un match à Roland-Garros.

Félix Auger-Aliassime sur le court Philippe-Chatrier

Photo : Getty Images / Adam Pretty

« Il s’améliore chaque année. Je lui souhaite du succès, car c’est un bon gars. C’est une grande victoire pour moi aujourd’hui. »

— Une citation de  Rafael Nadal

Si, parfois, la politesse l’emporte sur la véracité des propos dans ce type d’entrevue devant public, les propos de Nadal étaient sincères et justes.

Auger-Aliassime a bousculé son rival gaucher une bonne partie du match. En première manche, chaque fois que le Québécois semblait dans les câbles au service, il arrivait à s’en sortir. Par deux fois, il a sauvé trois balles de bris de suite.

Par moments, Nadal semblait encore avoir la tête au Stade de France, où il était la veille pour la finale de la Ligue des champions, remportée par le Real Madrid.

Il a conclu la manche initiale avec des statistiques contraires à ses habitudes : à peine 50 % de premières balles de service en jeu, et seulement 6 coups gagnants contre 15 fautes directes.

Je n’ai pas bien commencé le match avec toutes ces balles de bris ratées, a expliqué le Majorquin. Après, ça allait mieux, mais le début de la quatrième manche était difficile. Il a un gros service et c’est dur de le repousser. Je suis content d’avoir pu être plus agressif à la fin.

Voilà! Nadal n’est pas Nadal pour rien.

Dès la deuxième manche, il a graduellement repris l’ascendant contre Auger-Aliassime, qui ne ralentissait pourtant pas. Il a réussi deux bris dans la troisième manche et semblait se diriger vers la victoire.

Un joueur de tennis vêtu de noir s'étire pour frapper une balle du revers avec sa raquette jaune sur un terrain de terre battue rouge.

Félix Auger-Aliassime

Photo : Getty Images / Adam Pretty

C’était sans compter la détermination de la 9e tête de série, qui n’a jamais baissé les bras. Les deux ont multiplié les échanges spectaculaires, marqués par les amortis gagnants ou encore par les manœuvres défensives d’exception.

Auger-Aliassime n’a jamais semblé intimidé par l’Espagnol. Il n’a pas cessé de frapper de toutes ses forces en fond de terrain avec l’homme le plus titré de l’histoire en tournois du grand chelem.

Le coup droit dévastateur du Québécois a fait valser Nadal à quelques occasions. Ce dernier s’est toutefois vengé en déjouant Auger-Aliassime lors de plusieurs de ses montées au filet.

Tout au plus le Québécois semblait-il tendu à son dernier tour de service en cinquième manche. Nadal, en vieux renard, a senti qu’il était le moment d’accélérer.

Je vais peaufiner mon jeu pour être en mesure de gagner des matchs comme ça, et accomplir mon ultime objectif, a expliqué Auger-Aliassime. En cinquième manche, il a été plus agressif, et ça a fonctionné. Crédit à lui.

Avant le match, Frédéric Fontang avait dit à Radio-Canada Sports que son protégé ne pouvait pas perdre dimanche : soit il gagnait le match, soit il apprenait.

La leçon, aussi dure soit-elle à digérer aujourd’hui, servira assurément avant longtemps.

En quarts de finale, Rafael Nadal se mesurera à Novak Djokovic, l’un des deux seuls joueurs de l’histoire à l’avoir déjà battu à Roland-Garros avec le Suédois Robin Söderling.

Il s’agira d’un 59e duel entre les deux légendes vivantes et un premier depuis la victoire de Djokovic en demi-finale à Roland-Garros l’an dernier.

On a une longue histoire, lui et moi, a dit Nadal. Il a gagné le tournoi de Rome cette saison, tandis que ma préparation n’a pas été idéale. Mais ici, c’est ma place préférée. Je serai concentré et je vais tenter de jouer du mieux que je peux. Je vais me battre jusqu’à la fin.

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