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L’un veut une ceinture, l’autre veut renouer avec la victoire

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Mazlum Akdeniz espère mettre la main sur une première ceinture importante après sept ans chez les pros.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

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Jean-François Chabot

Parmi les huit combats au programme du 2 juin au Casino de Montréal, ceux de Mazlum Akdeniz et de Wilfried Seyi devraient particulièrement retenir l’attention des amateurs de boxe.

Le premier aura l’occasion de gravir un échelon majeur dans sa jeune carrière quand il se battra pour le titre vacant WBC continental des super-légers. Le vainqueur obtiendra un classement automatique dans le top 15 à l’échelle mondiale.

Akdeniz (16-0, K.-O.) aura à en découdre avec le vétéran mexicain Juan Antonio Rodriguez (32-8, 28 K.-O.).

À 34 ans, ce dernier a à l’instar du Montréalais que très peu boxé au cours des deux dernières années de pandémie. Il a toutefois remporté son dernier duel, en mars 2020, avant la limite.

C’est un adversaire difficile. Il a déjà battu des gars du top 10. Ce sera un de mes premiers adversaires gauchers, a souligné Akdeniz, qui est de 10 ans le cadet de son rival.

« Je pense être un boxeur intelligent. C’est un Mexicain qui est tough. Une victoire me permettrait d’aller chercher de plus gros combats, me battre au Centre Bell ou voyager s’il le faut. Je veux des combats importants qui vont m’aider à progresser. »

— Une citation de  Mazlum Akdeniz, boxeur professionnel

Akdeniz n’a eu ses premiers contacts avec la boxe qu’à 17 ans. Il raconte qu’il faisait alors deux heures de vélo par jour juste pour aller s’entraîner.

Il ne s’en fait pas trop avec l’écart d’expérience qu’il concède à Rodriguez en insistant sur le fait qu’il a livré une soixantaine de combats parmi les amateurs.

Sa progression s’avère déjà des plus intéressantes et Yvon Michel fonde de grands espoirs en lui.

« On a pris un risque. Son adversaire a déjà vaincu Mercita Gesta, qui était considéré comme un des meilleurs espoirs de la catégorie. Si nous avons repoussé l’événement du 5 mai au 2 juin, c’est que l’entraîneur de Mazlum nous avait indiqué qu’il avait besoin d’un peu plus de temps pour se préparer. »

— Une citation de  Yvon Michel, promoteur et président de GYM

Yvon Michel est d’avis qu’il pourra, à l’issue de ce combat, se faire une tête sur l’étendue réelle du talent de son protégé.

Seyi 2.0

La soirée sera aussi l’occasion de revoir à l’œuvre Wilfried Seyi, qui ne s’est pas battu au Québec depuis novembre 2019. Dans 10 jours, il a rendez-vous avec l'Argentin David Benitez (8-5, 2 K.-O.).

Rentré au Cameroun, en février 2019, pour participer aux sélections olympiques nationales, Seyi (9-0, 4 K.-O.) y est demeuré coincé en raison de la pandémie de COVID-19.

Avec sa carrière professionnelle en pause forcée, il reconnaît ne pas avoir profité d’une préparation optimale avant son départ pour Tokyo, où il a perdu son unique combat. La déception a été vive pour celui qui avait agi comme porte-drapeau de son pays, à Rio, en 2016.

« L’encadrement auquel j’ai droit ici est tellement différent. Ici, il y a tous les éléments dont j’ai besoin. La défaite à Tokyo m’a fait comprendre beaucoup de trucs. Je suis maintenant beaucoup plus concentré. »

— Une citation de  Wilfried Seyi, boxeur professionnel

Il promet aux amateurs qu’ils retrouveront en lui le même athlète avec son sens du spectacle et ses pirouettes pour célébrer chacune de ses victoires. Ils verront un Seyi 2.0 avec comme principale différence une plus grande confiance en ses moyens et en sa force de frappe, a-t-il lancé.

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Wilfried Seyi a hâte de renouer avec la victoire et le public d'ici.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Son entraîneur Stéphan Larouche estime que son poulain a découvert la principale différence entre la boxe amateur et celle qui est mise de l’avant dans les rangs professionnels.

Après les Jeux olympiques, ç’a été un peu difficile pour lui. Il est arrivé ici, découragé. Il s’attendait à une meilleure performance à ses deuxièmes Jeux. Force est d’admettre qu’il est arrivé là-bas, comme plusieurs boxeurs, avec une préparation inadéquate et une condition physique indigne des Jeux olympiques, a expliqué Larouche.

Depuis ce temps-là, on a remis les pendules à l’heure. Il s’est rendu compte que le talent décroît avec la fatigue. S’il n’est pas fatigué au bout de 5 ou 6 rounds, un boxeur ordinaire finira par avoir l’avantage, a-t-il insisté.

Seyi s’est donc installé dans le gymnase il y a près de trois mois à raison de deux séances par jour, course le matin, boxe l’après-midi à améliorer la qualité de ses coups de poing, sa concentration et son efficacité dans le ring.

Trois rounds de trois minutes pour un boxeur professionnel, c’est beaucoup plus difficile que pour un boxeur amateur, a poursuivi Larouche.

« Le boxeur amateur a une intensité qu’il a l’habitude de donner sur trois minutes. Il peut faire des erreurs, perdre l’équilibre, mais il frappe pendant trois minutes. Chez les pros, le style est un peu plus posé, plus calme, plus lent. En revenant chez les amateurs après avoir livré 8 ou 9 combats professionnels, tu dois t’ajuster. Chez les professionnels, tu as parfois besoin de deux ou trois rounds pour t’ajuster. Tu n’as pas ce temps chez les amateurs. »

— Une citation de  Stéphan Larouche, entraîneur de boxe

Larouche croit que l’on va retrouver avec plaisir le bon jab et la vitesse de Seyi.

Nous avons encore de bons ingrédients. Parfois dans la boxe, il vaut mieux une bonne défaite, c’est mieux qu’une victoire inutile. Je pense que c’est ce que Wilfred a vécu aux Jeux olympiques de Tokyo. On n’était pas en faveur de sa participation aux Jeux olympiques. Quand tu as fait une olympiade et que tu n’es pas favori pour gagner la deuxième, je ne pense que tu dois y mettre tant d’énergie, a conclu Larouche.

On verra donc le 2 juin si Wilfried Seyi a retenu la leçon.

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