•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Canadien : la progression constante de l’espoir Riley Kidney

Chargement de l’image

Riley Kidney a atteint le plateau des 100 points cette saison dans le circuit Courteau.

Photo : Canadien de Montréal

Chargement de l’image

Il fait bon vivre à Laval pour l’amateur de hockey ces temps-ci. L’amphithéâtre est plein, le Rocket gagne et un espoir de premier plan du Canadien retrouve de sa superbe après une traversée du désert à Montréal cette année. Dans ce contexte, en catimini, un autre projet de l’équipe vient d'arriver dans la cour des professionnels.

Il n’a pas été accueilli en fanfare. Ni tambour ni trompette. Il vient essentiellement se tremper le gros orteil dans la Ligue américaine.

Riley Kidney ne fait pas courir les foules lavalloises. Si l’on se fie à ceux qui nous en ont parlé, ce ne sera peut-être jamais le cas. Tout le monde le décrit comme un joueur cérébral, hautement intelligent, mais dont les jeux précis n’en feront pas un abonné des faits saillants des bulletins télévisés.

N’empêche qu’après une saison de 100 points en 66 matchs dans la LHJMQ avec le Titan d’Acadie-Bathurst, ce choix de deuxième tour du CH l’an dernier a réussi à faire parler de lui.

Il était temps, dira d’ailleurs Sylvain Couturier, son directeur général en terre acadienne.

Isolé en plein cœur du Nouveau-Brunswick au sein d’une organisation qui ne défraie pas la chronique, Kidney a été oublié dans toutes les discussions à propos de la relève du Tricolore. Entre une envolée énamourée à propos de Kaiden Guhle et un sifflement entendu devant les prouesses de Joshua Roy, le jeu sobre et efficace du Néo-Écossais a passé (un peu) inaperçu.

Jusqu’à récemment. Jusqu’à ce que le Canadien lui offre un premier contrat professionnel à la fin de la saison junior. Jusqu’à ce que le Rocket lui fasse signe de se joindre à l’équipe, contrat d’essai en poche, ne serait-ce que pour s’imprégner de cette ambiance électrique qui règne dans le club-école au cœur d’un parcours éliminatoire et de ce niveau relevé de compétition même s’il ne joue pas.

Le voilà parmi les black aces du Rocket, des réservistes qui s'entraînent à l'écart et ne jouent pas, mais côtoient néanmoins le groupe, les vétérans.

Couturier est d’ailleurs convaincu qu’il sera bon pour son cheminement – autant qu’il peut l’être de séjourner longuement au nord de Montréal, vaste débat – de baigner dans cet environnement.

Intelligence et constance

Avec Joshua Roy, Kidney pourrait faire partie d’un legs aussi surprenant qu’intrigant de la dernière cuvée signée Trevor Timmins à Montréal. Souvent accusé d’avoir boudé la LHJMQ, Timmins y a pigé quatre fois en 2021 avec, jusqu’à présent, de bons résultats.

Bien que ce se soit fait à l’abri de l’attention médiatique, la progression du jeune homme de 19 ans en a épaté plus d’un.

Je ne sais pas pourquoi il a glissé sous le radar, a ajouté Sylvain Couturier. C’est difficile à comprendre. Mais il a continué à faire ses affaires. Il ne s’est pas laissé déranger par ça. On parle de lui, le Canadien lui a fait signer un contrat, c’est tout à son honneur.

Au-delà de l’éloignement géographique, le style de jeu de Kidney a pu faire en sorte qu’il attire un peu moins les regards.

Ce n’est pas nécessairement quelqu’un de flashy tant que ça, a souligné son coéquipier Hendrix Lapierre.

« Il n’est pas plus vite que tout le monde, il n’a pas un laser comme lancer. Il fait tout. Il a réussi des choses cette année que personne ne pensait possibles, mais il avait confiance en lui. C’est peut-être pour ça qu’il est sous-estimé : il n’a pas un attribut plus élevé que tout le reste de son jeu. »

— Une citation de  Hendrix Lapierre à propos de Riley Kidney

Un recruteur abonde dans le même sens.

Il manque un peu de tout : vitesse, force, etc. Il compense avec son intelligence et son instinct. Ce qui avait été sous-estimé au repêchage, c’est son côté ultra compétitif. Dans les séries en 2021, il était physique, c’était surprenant. C’est un compétiteur, un gars de caractère. On l’appréciait beaucoup, et il avait gagné des places sur notre liste finale, a expliqué l’homme en question.

Lapierre le compare à Dawson Mercer, recrue des Devils du New Jersey cette saison, auteur de 42 points en 82 matchs. Pas nécessairement le plus costaud à 1,80 m (5 pi 11 po) et 78 kg (173 lb), mais extrêmement solide en protection de rondelle.

Il ne perd pratiquement jamais la rondelle. C’est impressionnant, dit Lapierre.

Une séquence de Kidney se démarque dans l’esprit du Québécois. Lapierre a été blessé pendant tout le mois de janvier et deux autres semaines au début d'avril. D’autres joueurs étaient tombés au combat. En l’absence des meneurs de l’équipe, des vétérans plus âgés, Kidney a transporté l’équipe sur ses épaules. Une équipe, qui plus est, qui nourrissait de sérieuses ambitions cette saison.

Ça m’a marqué. Il a joué tous les matchs. Il s’est dit qu’il devait en faire plus, et c’est ce qu’il a fait, s’est rappelé Lapierre.

Il a pris ça en charge. Il a été notre meilleur joueur, sans aucun doute. On a continué à gagner grâce à lui, a ajouté Couturier.

La constance, qualité si difficile à acquérir, ne l’a pas quitté de l’année. Kidney a été blanchi seulement 8 fois en 66 rencontres. En mars et en avril, quand le jeu se corse en fin de saison, le jeune centre a amassé 47 points en 29 matchs.

Une éclosion convaincante qui a charmé la nouvelle administration montréalaise complètement étrangère à sa sélection.

Tous les intervenants consultés invoquent la patience, évidemment, même si le projet est emballant.

« Le Canadien a fait tout un choix en fin de deuxième tour avec Riley. Physiquement, il doit prendre de la maturité. C’est un gars de presque six pieds quand même. Il devrait jouer à 190 ou 195 lb à long terme. Quand il va avoir pris de la maturité physique, ça va faire un joueur de hockey. Il va être une menace, peu importe où il va jouer. »

— Une citation de  Sylvain Couturier, DG du Titan d'Acadie-Bathurst

Il faut que tu sois patient, a prévenu le recruteur consulté. C’est typique le genre qui va aller chercher un bon trois ans dans la Ligue américaine. Se développer, se renforcer. Aller chercher le petit quelque chose dans le pro. Ce qui l’empêcherait d’atteindre la LNH, ce serait sa capacité à se séparer de l’adversaire, ses premières enjambées, sa force physique dans les coins. Va-t-il vraiment être un centre dans la LNH?

De bien grandes questions tout cela. Personne n’en a encore la réponse. Centre ou ailier, il semble toutefois sur la bonne voie.

En attendant, pendant son séjour lavallois, Kidney devrait en profiter pour faire un peu de repérage. Les appartements se font rares et ne sont pas donnés, comme chacun sait. Ça ne coûte rien de prendre un peu d’avance. C’est ce qu’il a fait toute la saison.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !