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Attention aux blessures avec le déconfinement du sport!

Des ballons de soccer avant un match de Ligue des champions

Des ballons de soccer

Photo : Getty Images / AFP/Annie-Christine Poujoulat

Les activités sportives organisées ont repris leur cours habituel. Si le déconfinement a fait le bonheur de tous les sportifs, les médecins du sport, eux, sont inquiets de la recrudescence des blessures. Natalie Barcelò, physiothérapeute à l’Université McGill, s’en inquiète. Radio-Canada Sports l’a rencontrée sur le terrain de soccer où s’entraîne l’équipe féminine des Griffons de Mont-Royal/Outremont.

Ce qu’on a vu, c’est qu’en retournant sur le terrain, il y avait des blessures juste parce que le corps n’était pas prêt. On a eu des blessures surtout dues à un manque d’entraînement et après un volume trop intense d’entraînement. Toutes les équipes ont voulu rattraper le temps perdu, explique-t-elle avec de l’inquiétude dans la voix.

Avant le début de l’entraînement, quelques joueuses s’installent sur la table de la physiothérapeute. La bombe anesthésiante et les bandages sont de rigueur. C’est avec le plus grand soin que Natalie prodigue ses soins et ses conseils.

Alma Aristilde joue au soccer depuis 11 ans. L’attaquante du club des Griffons explique ce qu’elle a vécu après le déconfinement.

Moi, je suis quelqu’un qui se blesse vraiment facilement, dit-elle. J’ai eu beaucoup de blessures et cela a accentué les choses. Je me blesse parce que je n’ai rien fait. Il faut dire que le soccer, c’est toute ma vie en plus de mes études en multimédias. Quand je suis blessée, c’est mon coach qui doit me dire d’arrêter et de ne pas retourner sur le terrain. Mais pour moi, c’est impossible, je dois absolument jouer.

« Je pourrais juste m’arrêter, me calmer, mais j’ai trop envie de jouer. C’est sûr qu’après le match, une fois rentrée chez moi, j’ai mal à la cheville, mais bon. Je sais que je devrais faire plus attention. Au retour de la pandémie, il fallait gagner sa place à tout prix dans l’équipe universitaire, car il y a une bourse qui vient avec, et veut veut pas, tu oublies tes blessures et tu joues. »

— Une citation de  Alma Aristilde, attaquante des Griffons de Mont-Royal/Outremont

La gardienne de but Miranda Horn joue au soccer depuis l’âge de 6 ans. Elle en a maintenant 26. Elle a eu de la difficulté avec les entraînements qui reprenaient et les matchs qui s’accumulaient.

Je crois que tout le monde avait hâte de jouer, mais parfois, quand tu arrêtes de jouer, dans toutes les situations, recommencer, c’est un peu difficile. Durant la pandémie, on a pris de mauvaises habitudes. Moi, j’étais en télétravail et donc j’étais pas mal sédentaire. Il a fallu ensuite repartir rapidement la machine, mais les muscles, eux, ne suivaient pas. Je ne suis donc pas étonnée par toutes ces blessures, lance-t-elle.

Pendant que les joueuses s’entraînent, la gardienne substitut arrive en courant et demande à la physiothérapeute de lui bander rapidement la cheville qu’elle vient de se retourner.

J’aimerais cela avoir des chevilles neuves, rigole-t-elle pendant que Natalie lui porte assistance. Quand on lui demande si elle va retourner au jeu, elle remet sa chaussette sur son bandage terminé tellement rapidement qu’on a l’impression que le match de sa vie se joue sur le terrain.

Bien sûr que je vais y retourner, car c’est ma passion et mon équipe compte sur moi. Ce soir en rentrant, je sais que la glace m’attend, mais bon, c’est juste une cheville!, lance-t-elle.

La joueuse retourne en courant sur le terrain, mais sans avoir auparavant écouté les mises en garde de Natalie Barcelò, toujours bienveillante pour la santé de ses athlètes, mais aussi traversée par l’inquiétude.

Il y en a qui ont eu des blessures assez graves, certains ont dû en fait se faire opérer, des déchirures de tendons d’Achille, des déchirures de croisés antérieurs, énumère-t-elle. On a des récepteurs nerveux dans nos articulations, nos tendons, nos ligaments, nos muscles, c’est comme le GPS de notre corps. Et si on ne s’en sert pas, il ne comprend plus. Ce GPS dit à notre cerveau où est notre corps par rapport à l’espace.

Si on ne s’en sert pas un certain temps, on perd notre habileté. Même si certains se sont entraînés chez eux durant la pandémie, ce n’est pas comme retrouver ses réflexes face à des adversaires.

La reprise trop rapide, les matchs et les entraînements qui s’accumulent à un rythme intensif alors que le corps de tous ces athlètes était encore en dormance il n’y a pas si longtemps sont les ingrédients négatifs qui entraînent cette recrudescence inhabituelle de blessures. Natalie Barcelò explique que certains athlètes ont dû quitter définitivement leur sport après l’accumulation de blessures irrémédiables. Elle préconise aujourd’hui une très grande prudence.

« Il faut vraiment ne pas trop pousser les athlètes et leur rappeler également d’être à l’écoute de leur corps. Que s’ils doivent se reposer, il faut se reposer! Et surtout, il ne faut pas hésiter à consulter, au moins pour se faire dire quoi faire et ne pas faire et si on est sur la bonne voie. »

— Une citation de  Natalie Barcelò, physiothérapeute

Il faut noter que cette recrudescence anormale des blessures après le déconfinement touche aussi les sports professionnels. Le soccer, le tennis, le basketball ne sont que quelques exemples où l’on voit les grandes vedettes tomber au combat dès la reprise de la saison. Les camps d’entraînement n’y échappent pas.

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