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« S’il veut la guerre, je vais lui en faire une » - David Lemieux

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David Benavidez et David Lemieux prenant la pose avec la ceinture convoitée.

Photo : Esther Lin - Showtime

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Jean-François Chabot

GLENDALE, Arizona – La conférence de presse tenue jeudi après-midi à l’étage des loges du Gila River Arena a donné lieu à quelques belles étincelles prometteuses du feu d’artifice à venir entre David Lemieux et le favori local David Benavidez.

Les survêtements rouges associés à la Team Benavidez étaient à ce point nombreux qu’il était impossible de discerner les vrais hommes de coin des amis et des partisans de celui que l’on surnomme le Boogie Man, où si vous préférez le bonhomme Sept-Heures des 168 lb.

Benavidez (25-0, 22 K.-O.) bénéficiera d’un appui massif parmi les quelque 10 000 spectateurs attendus samedi soir à l’occasion de la finale mettant en jeu le titre de champion WBC intérimaire des super-moyens.

Mon mental est fait fort. Il y aura aussi beaucoup de partisans québécois et canadiens ici samedi soir. Il y a même des Américains qui sont avec moi. J’ai même déjà été hué en entrant dans le ring [contre Gabriel Rosado, à Brooklyn, en 2014, NDLR]. Et j’étais ressorti sous les applaudissements, s’est plu à rappeler Lemieux.

Autrement dit, celui de Lemieux (44-6, 36 K.-O.) ou de Benavidez qui l’emportera deviendra l’aspirant obligatoire à la ceinture que détient le Mexicain Saul Canelo Alvarez.

Dans la tête de Lemieux, il n’y a pas de place au doute. À 33 ans, il est venu ici pour gagner et non pas pour servir de faire-valoir à une jeune vedette montante. S’il veut la guerre, je vais lui en faire une, a-t-il répété durant le point de presse.

La riposte de Benavidez a été tout aussi tranchante. Je vous garantis que ça va se finir par un K.-O., et c’est moi qui vais le passer, a-t-il promis sous les applaudissements de son clan aux allures de petite armée.

Confiance sur toute la ligne

Lors du bref entretien qu’il a accordé à Radio-Canada Sports à l’issue de la conférence de presse, Lemieux n’a pas laissé paraître le moindre doute. Après tout, en boxe, ça peut être fatal.

J’ai eu une bonne préparation. Je suis top shape. J’ai un bon adversaire devant moi, mais j’ai confiance de ramener la ceinture au Québec.

Les guerres d’usure ne sont pas l’apanage de Lemieux qui nous a habitués à le voir foncer tête baissée dès le son de la cloche.

Au sujet de son premier face-à-face avec Benavidez, il s’est contenté de saluer le fait que son rival n’était pas du genre à allumer des feux pour rien. Il ne dit pas d’la m… Il a de la classe. Il sait ce qu’on va se faire dans le ring. Ce n’est pas Billie Joe Saunders, a lâché Lemieux en souvenir du Britannique au langage et à l’attitude teinté de fiel.

Invité à expliquer en quoi ce combat est différent des autres qu’il a livrés hors des frontières du Québec, Lemieux a souligné que Benavidez était le boxeur le plus craint de la division des 168 lb. C’est aussi une division dans laquelle il a récemment fait le saut.

Il ne craint pas non plus l’avantage indéniable que pourraient offrir à Benavidez les 10 cm de portée supplémentaire qu’il a sur lui.

Ce n’est pas la première fois. J’ai connu ça souvent. Plus ils sont gros, plus dure est la chute. Ce n’est pas juste une histoire de grandeur ou de grosseur. À la pesée, il sera à 168 lb et moi aussi. Tout va se jouer dans la manière dont on va jouer nos atouts, a insisté Lemieux.

Même son de cloche de la part de son entraîneur Marc Ramsay.

On sait qu'on a un vrai challenge. Même qu'à certains égards on est peut-être les négligés. On est venus ici en mission. On a un plan précis, et on veut l'imposer rapidement, a-t-il lancé.

Ramsay a souligné le point de vue réaliste de Lemieux en prévision de samedi soir.

Il ne faut pas sous-estimer ou surestimer. Il faut être réaliste, savoir ce qu'on veut faire et comment on va y parvenir. Vous connaissez le style agressif de David. On ne va pas tourner autour du pot très longtemps. Il y a quand même une qualité technique qu'il faut garder. Les deux hommes ont leur nature, et je pense que ça va donner un bon spectacle.

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David Benavidez

Photo : Esther Lin - Showtime

Soirée importante pour Benavidez… et Estephan

Au-delà des bravades habituelles, Benavidez ne cache pas que la possibilité d’ajouter une prise comme David Lemieux à son palmarès signifierait énormément pour lui.

Même s’il a déjà été champion du monde à 20 ans, l’Américain est conscient de l’effet qu’une victoire convaincante pourrait avoir sur sa réputation, avec Canelo Alvarez dans sa ligne de mire.

Ce serait vraiment bon pour ma carrière parce qu’il est un ancien champion du monde. Il a affronté les meilleurs, la crème de la crème. Ça voudrait vraiment dire beaucoup pour moi. J’ai beaucoup de respect pour lui. J’ai vu ce qu’il a accompli depuis que j’étais enfant. Il cogne fort. D’affronter quelqu’un comme lui, ça me dit que je suis sur la bonne voie, a-t-il reconnu.

En essayant de se mettre dans les souliers du promoteur et président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, on comprend vite l’effet que pourrait avoir une victoire de Lemieux pour la suite des choses.

Estephan a beaucoup investi dans Lemieux au cours de la dernière décennie. Le soutien d’Estephan est demeuré indéfectible malgré quelques sautes d’humeur résultant des ennuis de son protégé à respecter la limite de poids dans la catégorie inférieure des 160 lb.

C’est une grande opportunité. J’aime voir à quel point David a le désir de gagner, de se battre et de souffrir pour avoir la chance de livrer de grands combats, a indiqué le promoteur.

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Camille Estephan

Photo : Vincent Éthier - Eye of the Tiger Management

Estephan n’est donc pas surpris de voir Lemieux livrer une bataille de cette envergure après seulement trois combats (3-0) chez les 168 lb. Il souligne à grands traits qu’on ne peut pas balayer sous le tapis la quarantaine de duels qu’il a livrés à 160 lb et qui lui ont permis d’amasser un solide bagage d’expérience.

Il parle avec une énorme fierté du travail accompli par Marc Ramsay en tant qu'entraîneur principal et responsable du développement. Estephan souligne à quel point ses boxeurs se sont améliorés au point de se retrouver en position avantageuse sur la scène mondiale.

Il a mentionné Christian MBilli et Erik Bazinyan, tous deux 5es du monde dans leur catégorie respective, Arslanbek Makhmudov, 6e chez les lourds, et bien entendu Lemieux, no 2 avec un combat de championnat du monde à livrer.

C’est pour ne rien laisser au hasard ou entièrement entre les mains du promoteur américain PBC qu’Estephan s’est fait accompagner en Arizona par l’ancien responsable de la boxe à la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, Michel Hamelin.

Hamelin a tout vu. Il connaît beaucoup de monde et sait tirer les ficelles quand il le faut. Ainsi, il a supervisé la fourniture des gants. David Lemieux aura des produits Grant (à base de mousse) afin de mieux protéger ses mains. Il n'était pas question de laisser le plein contrôle à Professional Boxing Championship (PBC).

Aussi, Hamelin aura à l’œil les gens de la commission athlétique du coin pour s’assurer que tout soit fait dans les règles de l’art. Ça risque d’avoir une grande importance surtout si le combat se rend à la limite.

C’est aussi dans cet esprit qu’EOTTM a pris en charge toutes les questions de logistiques liées au transport de David Lemieux et de son équipe, frais et organisation étant habituellement confiés au promoteur hôte.

Parmi les mauvaises surprises de PBC, la pesée de vendredi se tiendra sur la place, à l'extérieur de l'ancien domicile des Coyotes. Sur le coup de midi (heure locale) le mercure devrait atteindre 42 degrés Celsius!!!

Confiance donc, mais aussi une bonne dose de méfiance de part et d'autre.

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